Traditions provencales, le mariage

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Mon mariage en 2003,
je me suis mariée en  vert comme le veut la tradition provençale

Comme j’ai épousé un breton, j’avais des bijoux celtes autour du cou.

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Uno raubo floucado de dentello daurado, une raubo de verdo espèro pèr moun mariage,
lou verd porta bonur

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Mais pourquoi les Provençales se marient en vert ?

Je laisse la parole à Chantal La Broudairis de Broderie Infinie, qui nous donne toutes les racines de cette tradition ancrée depuis presque la nuit des temps.

Les Provençaux ont toujours été très croyants ;  pour le christianisme le vert représente la régénération de l’âme, la charité, la sagesse, c’est la couleur de la Vierge et de L’Enfant Jésus et du Christ après sa crucifixion ; la croix et les instruments de la passion étaient représentés en vert au Moyen Age.
Les vêtements liturgiques de la messe sont verts pour certaines fêtes.
Le vert est donc manifestation de l’Amour et de la Sagesse divine dans la création, origine de la vie, donc beauté, jeunesse, vigueur, force vitale. Il s’identifie à la régénération de la nature et aussi à la régénération spirituelle avec l’espérance de l’immortalité.

Au Moyen-Age, en Provence, la robe de la mariée était de drap vert, couleur d’espérance mais aussi signe d’indépendance de la jeune fille qui n’avait pas eu de maître comme en témoigne le dicton :

« Se la verduro duro gaire
Sares la noro de moun paire
E aures li clau de pertout
Meme aquelo dóu cagadou »

(si la verdure ne dure guère, tu seras la bru de mon père, et tu auras les clefs de partout, même celle des cabinets)

Il n’était pas nécessaire de porter une robe entièrement verte ; il suffisait d’avoir une note verte dans la tenue, souvent le tablier.

La mariée était vêtue de sa plus belle robe d’indienne ou de soie, de sa plus belle coiffe, de son plus beau fichu. Le plus bel ornement de la toilette était incontestablement le jupon boutis. Ce jupon de mariage était toujours porté sous la robe, mais on retroussait un peu celle ci pour le montrer.
La nouvelle épouse recevait en présent le jour de son mariage, la quenouille en osier tressé et le battoir à linge sculpté par le fiancé ainsi que le clavier d’argent portant ciseaux et clés. La mariée recevait aussi une mesure de dentelles, des « dorures » (les bijoux) et son châle de mariage, lou tartan, le châle de cachemire. En pays d’Arles et dans la région de Marseille, la couturière remettait à la mariée « la poupée de mariée », une poupée habillée exactement comme elle ; c’était une tradition intéressante car elle a permis de connaître avec rigueur la toilette portée par la jeune fille le jour de ses noces.

Au cours de la cérémonie religieuse, au moment de s’agenouiller, si le jeune marié  (lou nòvi) arrivait à poser le genoux sur la robe de sa future femme, c’est lui qui aurait autorité dans le couple. Mais si la jeune fille n’entendait pas être dominée, elle devait plier le doigt quand le garçon lui passait la bague.
A la sortie de l’église les jeunes mariés ( li nòvi) devaient passer sous un arceau fleuri en se donnant le bras. Le mari remettait à la jeune mariée ( la nòvio) la clé de la demeure qu’elle devait accrocher au clavié fixé à sa ceinture. Une coupe de blé était également remise à la jeune mariée qui devait jeter le contenu sur les parents de son époux afin d’indiquer son intention d’apporter la prospérité dans sa nouvelle famille.
Les jeunes mariés devaient ensuite sauter une barre fleurie, ou ruban, symbole de leur passage dans une nouvelle vie.

Certaines traditions sont encore respectées aujourd’hui : on ne se marie pas au mois de mai, ni les 9, 19 et 29 car « lou nòu porto lou dòu » (le neuf amène le deuil), ni pendant le Carême et l’Avent, ni le lundi et ni le vendredi… La pluie amène le bonheur et la prospérité, le vent est porteur de querelles.

Chantal

La tradition a du bon, mais pas de charrette menée par des chevaux pour mon mariage ….

mais ma vieille anglaise enrubannée de lierre, car c’est elle qui m’avait mené devant le maire trois ans auparavant à 22000 km de ma Provence, on n’allait pas la laisser seule sous sa bâche, les chevaux me l’ont pardonné.

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