La Sainte Barbe

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« Quand lou Blad vèn bèn, tout vèn bèn »
 En Provence, on sème  le 4 décembre, le blé de la Sainte Barbe , lou blad de Santo Barbo, ou des lentilles, ou des pois chiches même, dans des soucoupes, c’est une tradition millénaire et calendale, qui remonte à l’époque de l’antiquité grecque et romaine. (Mon professeur de provençal au Lyçée racontait même que c’était un rite égyptien datant des pharaons). Elle représente les prémices de la moisson sous forme de blé en herbe. La légende dit que si la germination se fait bien et si le blé est bien vert, la prochaine moisson sera abondante, et que la prospérité sera sur les vôtres et sur votre maison.
Ce rite quasi païen représente la fécondité de notre terre, ou tout à l’air de sommeiller en ce moment, mais où tout en souterrain vit et se prépare à l’éclosion du printemps. Symbole fort d’une renaissance, ancré dans nos mémoires depuis la nuit des temps. Nos ancêtres avaient si peur que la terre ne se rèveille pas après l’hiver, ils l’honorait de cette manière. Peut être devrions nous nous aussi avoir peur.
Les provençaux ne peuvent s’empêcher de faire ce geste, chaque 4 décembre, un peu comme si semer ces quelques grains de blé perpétuait à jamais l’esprit et la mémoire de nos anciens.
Il vous faudra trois sietoun (petites assiettes) comme la trinité, pour planter votre blé et vos lentilles, un petit peu de coton humidifié chaque jour, et un endroit chaud. Un joli ruban rouge sera  de rigueur pour tenir vos blés, lorsqu’ils seront bien hauts.
Lors du gros souper, on disposera les trois coupelles sur la table, table recouverte de trois nappes blanches, qui représenteront la Trinité,
et c’est le départ de la longue attente et des joyeux préparatifs,  20 jours avant l’arrivée du Niston. On l’attends de pied ferme, le petit.
Et puis Sainte Barbe c’est également la patronne, des mineurs, des artilleurs et des pompiers, c’est la grande fête ce jour là, je me souviens de cérémonies et de repas mémorables, lorsque j’étais en poste chez les marins pompiers, l’aumônier bénissant d’eau bénite les camions rouge. Je vois les laïcards forcenés grincer des dents, une tradition est une tradition, que l’on soit croyant ou pas, et les métiers sont si dangereux que tout est bon à prendre pour les protéger, que l’on soit mécréant ou pas.
Alors Sainte Barbe, protège nos pompiers,  en Provence, entre les inondations et les feux de forêts, nous ne pouvons vivre sans eux.

 

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