Il n’est pas encore 7h00

Classé dans : 365 petits riens | 3

Je me perds dans le bleu d’un ciel balbutiant, un bleu étrange, presque Klein, un bleu qui change de seconde en seconde, le soleil commence à éclairer doucement la campagne, le car scolaire n’est pas en retard et je regarde Belle Etoile se dresser au pied du Luberon, qui lui aussi se réveille dans le chant incessant des oiseaux. Prendre une autre route pour accompagner la deuxième, et prendre enfin une troisième route pour partir travailler.

Les volets sont encore clos, clos de ceux qui ne sont pas encore réveillés, clos de ceux qui sont déjà parti travailler dans les embouteillages de la grande métropole de la monstropole, clos de ceux qui ne viennent que pour les vacances.

Je respire et regarde la nature reprendre ses droits, et me dit que nous sommes bien peu de choses devant l’herbe folle qui envahie mon bout de terre.

Bonne journée à vous.

« C’est elle qui dans l’hiver du monde, préparera le fruit » Albert Camus

Classé dans : 365 petits riens | 2

 

 

C’est du fruit de l’amandier, qu’elles naissent les cornes de gazelle. J’imagine les mains de femmes orientales ou méditerranéennes qui les confectionnent. De Marseille, à Abu Dhabi, elles sont ancrées dans ma mémoire comme la Madeleine de Monsieur Proust. Celles que ma tante confectionnait pour les fêtes, celles que la maman de mon amie d’enfance cuisinait et celles que je choisissais scrupuleusement dans un souk de 5ème district.

Elles font rêver les cornes de gazelles, de Tataouine à Alger, de Rabat à Al Ain … et moi je les mange en fermant les yeux,  je voyage immobile dans mon salon et je pense aux douceurs de l’Orient et à ce texte de Camus sur les amandiers.

« Notre tâche d’homme est de trouver les quelques formules qui apaiseront l’angoisse infinie des âmes libres. Nous avons à recoudre ce qui est déchiré, à rendre la justice imaginable dans un monde si évidemment injuste, le bonheur significatif pour des peuples empoisonnés par le malheur du siècle. Naturel­lement, c’est une tâche surhumaine. Mais on appelle surhumaines les tâches que les hommes mettent longtemps à accomplir, voilà tout.
Sachons donc ce que nous voulons, restons fermes sur l’esprit, même si la force prend pour nous séduire le visage d’une idée ou du confort. La première chose est de ne pas désespérer […] Quand j’habitais Alger, je patientais toujours dans l’hiver parce que je savais qu’en une nuit, une seule nuit froide et pure de février, les amandiers de la vallée des Consuls se couvri­raient de fleurs blanches. Je m’émerveillais de voir ensuite cette neige fragile résister à toutes les pluies et au vent de la mer. Chaque année, pourtant, elle persistait, juste ce qu’il fallait pour préparer le fruit.
Ce n’est pas là un symbole. Nous ne gagne­rons pas notre bonheur avec des symboles. Il y faut plus de sérieux. Je veux dire seulement que parfois, quand le poids de la vie devient trop lourd dans cette Europe encore toute pleine de son malheur, je me retourne vers ces pays écla­tants où tant de forces sont encore intactes. Je les connais trop pour ne pas savoir qu’ils sont la terre d’élection où la contemplation et le cou­rage peuvent s’équilibrer. La méditation de leur exemple m’enseigne alors que si l’on veut sau­ver l’esprit, il faut ignorer ses vertus gémissantes et exalter sa force et ses prestiges. Ce monde est empoisonné de malheurs et semble s’y com­plaire. Il est tout entier livré à ce mal que Nietzsche appelait l’esprit de lourdeur. N’y prê­tons pas la main. Il est vain de pleurer sur l’es­prit, il suffit de travailler pour lui.
Mais où sont les vertus conquérantes de l’es­prit ?
Nietzsche les a énumérées comme les ennemis mortels de l’esprit de lour­deur. Pour lui, ce sont la force de caractère, le goût, le «monde », le bonheur classique, la dure fierté, la froide frugalité du sage. Ces vertus, plus que jamais, sont nécessaires et chacun peut choi­sir celle qui lui convient.

Devant l’énormité de la partie engagée, qu’on n’oublie pas en tout cas la force de caractère. Je ne parle pas de celle qui s’accompagne sur les estrades électorales de froncements de sourcils et de menaces. Mais de celle qui résiste à tous les vents de la mer par la vertu de la blancheur et de la sève.
C’est elle qui, dans l’hiver du monde, préparera le fruit. »

Albert Camus  – « L’été » (1940)

 

Tendances Créatives à Marseille

Classé dans : 365 petits riens | 3

 

 

Marseille sera toujours Marseille, installer le soir de l’OM Monaco, c’est du délire … mais entendre les gradins trembler pendant que nous sommes dans notre stand, ben c’est magique … 2h30 pour faire 60 km, Marseille ne faillit pas à son trophée ;-).

Finalement le matin, même combat … mais le bonheur de voir la mer et la bonne mère, n’a pas de prix …

 

 

et puis le palais de l’Europe… le Parc Chanot de mon enfance …. celui de la Foire de Marseille, où je rêvais chaque fois que je découvrais un nouveau pays.

 

 

 

 

 

 

Et mon stand enfin installé … et ensuite plus le temps de ne rien faire, recevoir les gens, préparer les ateliers, et faire des rencontres inoubliables …

Retrouver son amie d’enfance, celle de ses 13 ans, celle avec qui ont a fait les années collège et se sauter dans les bras comme si le temps écoulé, les quarante années passées n’avaient pas existé et reprendre le fil de nos vies juste au moment où nous nous étions quittées, et trouver tant de similitudes dans nos vies que ça ne peut être des coïncidences.

 

 

Les petits fées ont envahi le parc Chanot, merci à Sylvie du 13 et Isabelle C pour leurs photos, tellement prise dans le feu de l’action, oublier d’en faire …

 

 

 

 

 

 

 

 

Merci à tout ceux qui ont acheté la Princesse des petits riens, l’accueil est toujours formidable, et vous m’avez conforté dans l’idée de faire la suite,  comme aux premiers jours l’émerveillement était au rendez vous, merci à ceux qui m’ont écouté patiemment, expliquer l’esprit et l’utilité d’Aiguilles en Luberon, merci à ceux qui viendront, merci à tous.

Merci à Samira, d’évènement oriental, qui le dernier jour m’a abreuvé de son fabuleux thé à la menthe et de cornes de gazelle pour soigner mon corps qui me lâchait, merci à elle de m’avoir dit « Continue comme tu le fais à chaque instant à t’ouvrir comme un soleil sur le monde » ça m’a beaucoup touchée. Merci à la dame, qui m’a noyée de compliment, me disant que j’étais une star sur internet. Merci à toutes celles qui m’ont demandé de leur donner des cours, et merci surtout à toutes celles qui veulent me faire venir dans leur associations pour sortir les personnes âgées de leur solitude et pour donner un peu de mon temps dans les collèges et lycées réputés « pas si faciles » … je serai au rendez vous si vous me contactez

Merci à Diverti, au bohneur des Dames, à France Patchwork, à Tricoté Sud, à Anny Boutique et à tous ceux qui ont pris des flyers et des affiches, inconnus, amis, et famille,  pour les distribuer dans leur villes, de Gap à Nice, merci à vous tous.

Je vous invite pour une petite ballade rapide .. sur les stands, mais vraiment rapide, le temps m’a manqué.

Et merci encore aux organisatrices du Salon de m’avoir invitée.

 

Rose et gris

Classé dans : 365 petits riens | 2

 

C’est dans les giboulées que la couleur tout doucement reprend ses droits, pas tout à fait le printemps, mais plus vraiment l’hiver, les amandiers ont fleuri dans la ville ….

80 balais

Classé dans : 365 petits riens | 0

 

Parce que c’est si bon de se réunir, merci à vous d’avoir permis cela.

Les dames du temps jadis sont passées par la Tour d’Aigues

Classé dans : 365 petits riens | 10

 

Ce château qui m’est interdit, je le regarde et je le rêve, de Catherine de Medicis à la Reine Jeanne, de Chrétienne d’Aguerre qui fit des jardins où je suis sûre il fût bon broder assise sous les orangers, ou à la fenêtre aux larges et immenses carreaux lumineux,  c’est le passé, un passé de femmes illustres qui s’offre à moi, leurs ombres envahissent la cour, leurs robes moyenâgeuses, renaissance ou 18ème frôlant dans un bruissement léger et imperceptible le sol de la terrasse qui domine la vallée, je les entends rire doucement, les époques s’entrechoquant dans un étrange méli-mélo et j’imagine un grand canal, un labyrinthe, une orangerie, une ménagerie.. tels qu’ils ont existé par le passé, tels qu’ils sont dans mon imaginaire.

Et dans le contrejour d’un soleil couchant un peu fantasmagorique, les vestiges se dessinent comme un vieux croquis épinglé à nos mémoires comme dans un vieux cahier poussiérieux, j’aime mon château parce qu’il m’appartient un peu, et je le rêve dans mes nuits blanches, illuminé de tous feux, attendant l’amour d’une vie.

La légende raconte que c’est pour une femme qu’il fût construit, une femme qui ne daigna jamais s’y rendre et un nuit toutes les chandelles s’éteignirent.

 

 

Maudit devoir ce putain de sens du devoir …

Classé dans : 365 petits riens | 6

 

Hier après midi, j’avais prévu des tonnes de choses, mais c’était sans compter sur ce maudit sens du devoir, une collègue de travail malade, l’autre en congé et c’est un emploi du temps qui se chamboule. Rien de grave, même pas mal, je rattraperai mes heures, et je suis sûre que j’aurais glandouillé une bonne partie de l’après midi.

Mais ce matin en regardant le jour se lever, en écoutant les oiseaux chanter, j’ai pensé à mon père, deux jours d’arrêt maladie en 40 ans, j’ai pensé à mon père et sa maudite éducation, est ce vraiment un bon exemple pour des enfants, de voir leurs parents travailler jusqu’à  l’article de la mort, et c’est ainsi qu’avec un caillou dans le rein, je suis à poste, et j’en connais qui sont derrière leur bureau, juste après une chimio, ou qui vont travailler deux vertèbres mortes, reculant sans cesse, le moment de l’opération pour raisons professionnelles. Les cendres de mon père sont dans un pot. Et je gueule  après lui, devant sa putain d’éducation qui a fait de nous, des « marche ou crève », qui a fait de nous des gens qui meurent debout, qui ne s’écoutent pas et qui vont de l’avant, sans jamais se faire polluer par le mauvais esprit ambiant, sans rien attendre en retour, même pas la moindre reconnaissance, parce que c’est naturel.

Et quand votre toubib vous demande en fin de consultation, pas d’arrêt de travail je suppose comme d’habitude …. si vous vous sentez gêné c’est que vous avez eu le même père que le mien.

Je souris en pensant que si j’arrêtais au moindre rhume ou au moindre mal de dos, je travaillerais peut être 50 jours par an. Et puis c’est cool d’avoir cet esprit là, au moins nous nous savons ce qu’est un véritable  burn out ;-)

Allez je vous laisse, le ciel était magnifique ce matin, à donner envie à n’importe qui de s’atteler à la tâche … bonne journée à vous. Le Devoir m’appelle.

PS / et ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, ma collègue est vraiment malade.

 

Collection de Cabanons

Classé dans : 365 petits riens | 4

Entre la Tour d’Aigues et Pertuis, il existe perdu dans les vignes, un petit chemin, un petit chemin qui traverse les vignes, ondule dans les champs, parsemé de cabanons. Ce chemin est mon parcours initiatique quotidien, il me prépare à affronter la réalité le matin, il me nettoie de la misère et des horreurs du monde le soir … Il est mon oxygène et mon moment de méditation. Il n’est qu’un chemin au milieu des vignes, mais il est mon chemin.  J’y scrute les premières pousses du printemps, l’hiver il se pare de brume et de gelée, quelquefois de neige pure, au printemps, les amandiers me font une haie d’honneur, les coquelicots parsèment de rouge les talus, l’automne qui s’animent de vendangeurs.  Le soir au couchant, les faucons rappellent leur ouailles en cri stridents perchés sur les toits des cabanons. Les corbeaux et les pies dans leurs habits de soirée sautillent en des valses oubliés d’une partition improbables que seuls ils entendent. J’y regarde les hommes de la terre travailler à chaque saison, il me raconte l’histoire, celle  de la grande exode des Huguenots, ce chemin est l’histoire de ma région. Le matin la Sainte Victoire m’accompagne jusqu’à mon travail, le soir c’est le Luberon, mon Luberon qui m’accueille en son giron, comme une mère accueille le retour d’un enfant. Et puis il y a les cabanons, ces mêmes cabanons, qui depuis que je suis enfant, me font rêver, des maisonnettes de contes de fées. Ces mêmes cabanons qui dans mon imaginaire reste l’histoire de ma famille, le cabanon de mon arrière grand père. Je ne sais même pas où il se trouve ni où il est, mais j’ai le souvenir de ces histoires de famille, qui racontent les piques niques rituels pour la Pentecôte, le déjeuner au cabanon, lui n’était pas dans les Huguenots, mais à Fonsange vers Sauve, pays lui aussi parpaillot dans l’histoire, cabanon où mon père jouait avec ses cousins aux guerres de religions (une partie de la famille protestante, l’autre catholique) en des luttes sans fin et fratricides.

 Je vous abandonne, mon chemin m’appelle, c’est le matin que je le préfère.

 

 

 

1 2 3 4 5 6 7 114