{"id":6812,"date":"2015-06-04T12:56:10","date_gmt":"2015-06-04T08:56:10","guid":{"rendered":"http:\/\/labastidane.fr\/journal\/?p=6812"},"modified":"2015-06-04T13:18:34","modified_gmt":"2015-06-04T09:18:34","slug":"mon-pere-jean-pierre-arzalier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/?p=6812","title":{"rendered":"Mon p\u00e8re, Jean Pierre Arzalier"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter  wp-image-1472\" src=\"http:\/\/labastidane.fr\/journal\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/etoile_172.gif\" alt=\"etoile_172\" width=\"108\" height=\"139\" srcset=\"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/etoile_172.gif 466w, https:\/\/labastidane.fr\/journal\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/etoile_172-155x200.gif 155w\" sizes=\"(max-width: 108px) 100vw, 108px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><iframe src=\"https:\/\/player.vimeo.com\/video\/129756913?color=ffffff&amp;byline=0&amp;portrait=0\" width=\"800\" height=\"450\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter  wp-image-1471\" src=\"http:\/\/labastidane.fr\/journal\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/etoile_170.gif\" alt=\"etoile_170\" width=\"84\" height=\"78\" srcset=\"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/etoile_170.gif 479w, https:\/\/labastidane.fr\/journal\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/etoile_170-200x184.gif 200w\" sizes=\"(max-width: 84px) 100vw, 84px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce jour tant redout\u00e9 est arriv\u00e9, le jour de ta mort, j\u2019avais esp\u00e9r\u00e9 comme tous les enfants, que cette salope t\u2019aurait un peu oubli\u00e9. Mais elle est venue, et t\u2019as prise dans ton sommeil, toi qui ne dormais plus la nuit, car tu sentais que c\u2019est dans ton lit que tu t\u2019en irais. Depuis c\u2019est le silence. Tu es parti en silence, un comble.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toi qui \u00e9tais si bruyant, toi dont la carcasse emplissait toute la pi\u00e8ce quand tu entrais quelque part. Toi si tonitruant, toi qui a toujours \u00e9t\u00e9 incontr\u00f4lable.\u00a0 Tu ne criais pas papa, jamais, tout le monde le savait, tu avais simplement la voix forte, et c\u2019est ainsi que nous avons v\u00e9cu aupr\u00e8s de toi, dans tes grognements, tes rires, tes fous rires, tes d\u00e9lires, tes r\u00eaves, tes col\u00e8res, tes indignations sur le monde, ce monde dont tu \u00e9tais si moqueur. Tous ces mots qui n\u2019appartenaient qu\u2019\u00e0 toi, ceux que tu inventais au fil des jours, c\u2019est ce qui nous faisaient rire. Tout s\u2019est arr\u00eat\u00e9 dans cet \u00e9norme silence. Je d\u00e9teste ce silence, je n\u2019arrive pas \u00e0 m\u2019y habituer. Et je d\u00e9teste parler de toi au pass\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Papa, tu es l\u00e0, juste l\u00e0 dans cette boite horrible,\u00a0 je n\u2019ai pas envie de faire le pan\u00e9gyrique de cet homme que tu \u00e9tais, (tu as vu je t\u2019en coince une l\u00e0 pour les mots fl\u00e9ch\u00e9s)\u00a0 je n\u2019ai pas envie de faire des hommages qui te feraient rire tu me disais toujours en te marrant, quand nous nous retrouvions pour un enterrement en te promenant dans le cimeti\u00e8re\u00a0 \u00ab\u00a0sur les tombes, tu as vu, on n\u2019\u00e9crit jamais \u00ab\u00a0c\u2019\u00e9tait un encul\u00e9\u00a0\u00bb, il y a toujours \u00ab\u00a0\u00e0 notre cher regrett\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors papa je te le dis aujourd\u2019hui, tu \u00e9tais un chieur de premi\u00e8re. Mais de ces vrais chieurs qui arrivent \u00e0 changer le monde, gr\u00e2ce \u00e0 toi, je n\u2019ai jamais eu peur de personne ni de rien. Pour toi la r\u00e9ussite \u00e9tait normale, les \u00e9checs aussi d\u2019ailleurs, quoiqu\u2019on puisse entreprendre, une porte quelque part s\u2019ouvrait.\u00a0 Rien pour toi n\u2019\u00e9tait d\u00e9finitif dans la vie, que la seule chose importante c\u2019\u00e9tait ta famille. Que c\u2019\u00e9tait vraiment la seule chose pour laquelle \u00e7a valait la peine de se battre. Tu nous a appris \u00e0 avoir une famille. Ce sens de la famille, que tu avais \u00e9largi \u00e0 ton travail \u00e0 tes copains, ils devenaient tes fr\u00e8res. Tu \u00e9tais fier de nous, mais tu ne voulais que personne ne le sache, surtout pas nous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette famille que tu couvais comme un chef de tribu, une famille dont tu \u00e9tais le patriarche, un clan dont tu avais \u00e9dict\u00e9 les r\u00e8gles et que tu aimais nous voir transgresser, \u00ab\u00a0faites ce que je vous dis, ne faites pas ce que je fais\u00a0\u00bb. Tu as fais de nous, de moi, des rebelles, des \u00eatres libres de toutes entraves, des hommes qui se tiennent debout.\u00a0 Tu \u00e9tais bon et juste, tu d\u00e9testais les racistes, les faux culs, les thurif\u00e9raires (je te l\u2019ai dit Pa, que j\u2019allais t\u2019\u00e9pater pour les mots fl\u00e9ch\u00e9s), les int\u00e9gristes et extr\u00e9mistes de tous bords. Les conventions \u00e0 respecter c\u2019\u00e9taient les tiennes pas celles construites par la soci\u00e9t\u00e9. Cette famille qui s\u2019agrandissait chaque fois un peu plus, par des enfants, des beaux enfants et des petits enfants.\u00a0 Nous, que tu as eu avec maman, mes fr\u00e8res et soeurs de sang, celles dont tu es devenu le p\u00e8re et qui sont aujourd\u2019hui mes soeurs de coeurs, et la horde de petits enfants que nous t\u2019avons tous offerts. Les amis, tes copains, les voisins, chacun avait sa place dans ta tribu, dans ta maison au portail toujours grand ouvert d\u00e8s l\u2019aube.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tu agrandissais alors ta maison, travaillant sans rel\u00e2che seul pierre par pierre. Tu devenais en vieillissant, le papy de tous les enfants qui le souhaitaient. Il y a bien plus d\u2019enfants qui t\u2019appellent aujourd\u2019hui papy que le nombre r\u00e9el de tes petits enfants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ta vie n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 un fleuve tranquille, de cette guerre d\u2019Alg\u00e9rie dont tu ne parlais jamais, tu disais qu\u2019il n\u2019y avait pas de quoi en \u00eatre fier, et que toute guerre \u00e9tait une saloperie,\u00a0 tu avais gard\u00e9 un regard objectif, r\u00e9aliste et bien souvent cynique sur la politique, et \u00e7a te faisait marrer de voir maman s\u2019enflammer pour tel ou tel candidat, et tu t\u2019ing\u00e9niais \u00e0 la contrarier en te mettant\u00a0 syst\u00e9matiquement dans l\u2019opposition, et \u00e7a me fait encore rire, de voir ton regard p\u00e9tillant, ton sourire en coin, regardant les autres s\u2019\u00e9nerver, me disant \u00abregarde ta m\u00e8re, comme elle va d\u00e9marrer\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De tes quarante ans \u00e0 la R\u00e9gie Renault, tu avais gard\u00e9 le go\u00fbt de la perfection, celle que tu demandais \u00e0 tes ouvriers et que tu nous demandais en retour. Tu avais gard\u00e9 cet esprit d\u2019\u00e9quipe, qui est encore le n\u00f4tre aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tu adorais que les gens te critiquent sur la fa\u00e7on d\u2019\u00e9lever tes enfants, tu nous disais, \u00ab\u00a0les r\u00e9sultats c\u2019est plus tard que je les aurais\u00a0\u00bb \u00a0Papa tu avais raison, tu peux t\u2019en aller tranquille, tu as fait de nous des adultes responsables et libres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et puis tous les animaux, les chats, les chiens, les chevaux que nous t\u2019imposions, Marie\u00a0 qui avait voulu un cheval, et finalement tu es devenu meneur pour elle. Tu acceptais tout de nous, en r\u00e2lant tout ce que tu pouvais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tu \u00e9tais si moqueur, de ce regard lucide que tu avais sur les autres, sur la soci\u00e9t\u00e9, que tu en devenais quelque part d\u00e9rangeant, pour toi les apparences n\u2019avaient aucune importance, la place dans la soci\u00e9t\u00e9 encore moins, ce que tu faisais n\u2019\u00e9tait jamais par rapport aux autres mais pour toi ou les tiens, ou parce qu\u2019il fallait que tu m\u00e8nes \u00e0 bien une mission, un travail, un objectif. \u00ab Les autres on s\u2019en cague\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors Papa, je pourrais \u00e9crire durant des heures pour te retenir encore un peu avec nous. Mais il faut que nous te laissions partir, j\u2019ai beau filer des coups de pieds dans ton cercueil pour que tu te l\u00e8ves, tu ne te l\u00e8veras pas, et je vois ton regard clair en coin, me dire, laisse moi dormir. Un de tes fameux proverbe du Luberon, ceux que tu inventais en toute circonstance, disait \u00ab\u00a0quand le p\u00e8re est fatigu\u00e9, il va se coucher\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tu nous a tant aim\u00e9 Papa, toi pour qui les mots d\u2019amour ne servaient \u00e0 rien, seuls les actes comptaient, tu nous as tant aim\u00e9 que ton amour ne peut que perdurer dans l\u2019\u00e9ternit\u00e9, tu as aujourd\u2019hui le droit de te reposer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors, Papa je vais b\u00e2cher la piscine, surveiller qu\u2019elle est bien ferm\u00e9e pour qu\u2019aucun enfant n\u2019y aille sans surveillance et promis chaque soir j\u2019irai fermer le portail et surtout je n\u2019embarquerais pas la cl\u00e9 avec moi, sois tranquille. Nous continuerons les soir\u00e9es sans fin, \u00e0 refaire le monde, \u00e0 inventer des usines improbables et des arr\u00eats de bus d\u00e9lirants, parce que par dessus tout, tu nous avais appris \u00e0 r\u00eaver.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors Papa, o\u00f9 que tu sois aujourd\u2019hui, et quoique tu ai \u00e0 faire. \u00ab\u00a0Fais le Papa, et fait le bien\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quoi qu\u2019est ce tu dis ? Que tu t\u2019en bats les couilles de tout \u00e7a \u2026 non, tu grognes de satisfaction, de ta petite plaisanterie, de nous avoir tous r\u00e9unis. Rosy, regarde ils sont tous l\u00e0 les petits.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais s\u2019il te plait Papa, en te pr\u00e9sentant \u00e0 Saint Pierre, ne lui dis pas en lui serrant la main \u00ab\u00a0Jean Pierre Arzalier, champion de baby foot\u00a0\u00bb, s\u2019il te plait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Repose en paix, Papa.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"  wp-image-1472 alignleft\" src=\"http:\/\/labastidane.fr\/journal\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/etoile_172.gif\" alt=\"etoile_172\" width=\"101\" height=\"130\" srcset=\"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/etoile_172.gif 466w, https:\/\/labastidane.fr\/journal\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/etoile_172-155x200.gif 155w\" sizes=\"(max-width: 101px) 100vw, 101px\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1472 alignleft\" src=\"http:\/\/labastidane.fr\/journal\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/etoile_172.gif\" alt=\"etoile_172\" width=\"101\" height=\"130\" srcset=\"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/etoile_172.gif 466w, https:\/\/labastidane.fr\/journal\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/etoile_172-155x200.gif 155w\" sizes=\"(max-width: 101px) 100vw, 101px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter  wp-image-6813\" src=\"http:\/\/labastidane.fr\/journal\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/DSC_0055-1024x678.jpg\" alt=\"DSC_0055\" width=\"624\" height=\"413\" srcset=\"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/DSC_0055-1024x678.jpg 1024w, https:\/\/labastidane.fr\/journal\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/DSC_0055-200x133.jpg 200w, https:\/\/labastidane.fr\/journal\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/DSC_0055-850x563.jpg 850w, https:\/\/labastidane.fr\/journal\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/DSC_0055.jpg 1600w\" sizes=\"(max-width: 624px) 100vw, 624px\" \/><\/p>\n<div id=\"fb-root\"><\/div>\r\n<script>(function(d, s, id) {\r\n  var js, fjs = d.getElementsByTagName(s)[0];\r\n  if (d.getElementById(id)) return;\r\n  js = d.createElement(s); js.id = id;\r\n  js.src = \"\/\/connect.facebook.net\/fr_FR\/all.js#xfbml=1\";\r\n  fjs.parentNode.insertBefore(js, fjs);\r\n}(document, \"script\", \"facebook-jssdk\"));<\/script>\r\n<fb:like href=\"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/?p=6812\" font=\"arial\" action=\"like\" layout=\"standard\" send=\"1\" width=\"\"  colorscheme=\"light\" show_faces=\"0\"  style=\"background:#FFFFFF;padding-top:0px;\r\npadding-right:0px;\r\npadding-bottom:0px;\r\npadding-left:0px;\r\nmargin-top:0px;\r\nmargin-right:0px;\r\nmargin-bottom:0px;\r\nmargin-left:0px;\r\n\"><\/fb:like><div id=\"fb-root\"><\/div>\r\n<script>(function(d, s, id) {\r\n  var js, fjs = d.getElementsByTagName(s)[0];\r\n  if (d.getElementById(id)) return;\r\n  js = d.createElement(s); js.id = id;\r\n  js.src = \"\/\/connect.facebook.net\/en_GB\/all.js#xfbml=1\";\r\n  fjs.parentNode.insertBefore(js, fjs);\r\n}(document, \"script\", \"facebook-jssdk\"));<\/script>\r\n <fb:follow href=\"https:\/\/www.facebook.com\/bastidane\/?fref=ts\" layout=\"standard\" colorscheme=\"light\" show_faces=\"0\" font=\"arial\" width=\"\" border_color=\"#FFFFFF\" style=\"background:#FFFFFF;padding-top:0px;\r\npadding-right:0px;\r\npadding-bottom:0px;\r\npadding-left:0px;\r\nmargin-top:0px;\r\nmargin-right:0px;\r\nmargin-bottom:0px;\r\nmargin-left:0px;\r\n\"><\/fb:follow>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce jour tant redout\u00e9 est arriv\u00e9, le jour de ta mort, j\u2019avais esp\u00e9r\u00e9 comme tous les enfants, que cette salope t\u2019aurait un peu oubli\u00e9. Mais elle est venue, et t\u2019as prise dans ton sommeil, toi qui ne dormais plus la nuit, car tu sentais que c\u2019est dans ton lit que tu t\u2019en irais. Depuis c\u2019est le silence. Tu es parti en silence, un comble. Toi qui \u00e9tais si bruyant, toi dont la carcasse emplissait toute la pi\u00e8ce quand tu entrais quelque part. Toi si tonitruant, toi qui a toujours \u00e9t\u00e9 incontr\u00f4lable.\u00a0 Tu ne criais pas papa, jamais, tout le monde le savait, tu avais simplement la voix forte, et c\u2019est ainsi que nous avons v\u00e9cu aupr\u00e8s de toi, dans tes grognements, tes rires, tes fous rires, tes d\u00e9lires, tes r\u00eaves, tes col\u00e8res, tes indignations sur le monde, ce monde dont tu \u00e9tais si moqueur. Tous ces mots qui n\u2019appartenaient qu\u2019\u00e0 toi, ceux que tu inventais au fil des jours, c\u2019est ce qui nous faisaient rire. Tout s\u2019est arr\u00eat\u00e9 dans cet \u00e9norme silence. Je d\u00e9teste ce silence, je n\u2019arrive pas \u00e0 m\u2019y habituer. Et je d\u00e9teste parler de toi au pass\u00e9. Papa, tu es l\u00e0, juste l\u00e0 dans cette boite horrible,\u00a0 je n\u2019ai pas envie de faire le pan\u00e9gyrique de cet homme que tu \u00e9tais, (tu as vu je t\u2019en coince une l\u00e0 pour les mots fl\u00e9ch\u00e9s)\u00a0 je n\u2019ai pas envie de faire des hommages qui te feraient rire tu me disais toujours en te marrant, quand nous nous retrouvions pour un enterrement en te promenant dans le cimeti\u00e8re\u00a0 \u00ab\u00a0sur les tombes, tu as vu, on n\u2019\u00e9crit jamais \u00ab\u00a0c\u2019\u00e9tait un encul\u00e9\u00a0\u00bb, il y a toujours \u00ab\u00a0\u00e0 notre cher regrett\u00e9\u00a0\u00bb. Alors papa je te le dis aujourd\u2019hui, tu \u00e9tais un chieur de premi\u00e8re. Mais de ces vrais chieurs qui arrivent \u00e0 changer le monde, gr\u00e2ce \u00e0 toi, je n\u2019ai jamais eu peur de personne ni de rien. Pour toi la r\u00e9ussite \u00e9tait normale, les \u00e9checs aussi d\u2019ailleurs, quoiqu\u2019on puisse entreprendre, une porte quelque part s\u2019ouvrait.\u00a0 Rien pour toi n\u2019\u00e9tait d\u00e9finitif dans la vie, que la seule chose importante c\u2019\u00e9tait ta famille. Que c\u2019\u00e9tait vraiment la seule chose pour laquelle \u00e7a valait la peine de se battre. Tu nous a appris \u00e0 avoir une famille. Ce sens de la famille, que tu avais \u00e9largi \u00e0 ton travail \u00e0 tes copains, ils devenaient tes fr\u00e8res. Tu \u00e9tais fier de nous, mais tu ne voulais que personne ne le sache, surtout pas nous. Cette famille que tu couvais comme un chef de tribu, une famille dont tu \u00e9tais le patriarche, un clan dont tu avais \u00e9dict\u00e9 les r\u00e8gles et que tu aimais nous voir transgresser, \u00ab\u00a0faites ce que je vous dis, ne faites pas ce que je fais\u00a0\u00bb. Tu as fais de nous, de moi, des rebelles, des \u00eatres libres de toutes entraves, des hommes qui se tiennent debout.\u00a0 Tu \u00e9tais bon et juste, tu d\u00e9testais les racistes, les faux culs, les thurif\u00e9raires (je te l\u2019ai dit Pa, que j\u2019allais t\u2019\u00e9pater pour les mots fl\u00e9ch\u00e9s), les int\u00e9gristes et extr\u00e9mistes de tous bords. Les conventions \u00e0 respecter c\u2019\u00e9taient les tiennes pas celles construites par la soci\u00e9t\u00e9. Cette famille qui s\u2019agrandissait chaque fois un peu plus, par des enfants, des beaux enfants et des petits enfants.\u00a0 Nous, que tu as eu avec maman, mes fr\u00e8res et soeurs de sang, celles dont tu es devenu le p\u00e8re et qui sont aujourd\u2019hui mes soeurs de coeurs, et la horde de petits enfants que nous t\u2019avons tous offerts. Les amis, tes copains, les voisins, chacun avait sa place dans ta tribu, dans ta maison au portail toujours grand ouvert d\u00e8s l\u2019aube. Tu agrandissais alors ta maison, travaillant sans rel\u00e2che seul pierre par pierre. Tu devenais en vieillissant, le papy de tous les enfants qui le souhaitaient. Il y a bien plus d\u2019enfants qui t\u2019appellent aujourd\u2019hui papy que le nombre r\u00e9el de tes petits enfants. Ta vie n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 un fleuve tranquille, de cette guerre d\u2019Alg\u00e9rie dont tu ne parlais jamais, tu disais qu\u2019il n\u2019y avait pas de quoi en \u00eatre fier, et que toute guerre \u00e9tait une saloperie,\u00a0 tu avais gard\u00e9 un regard objectif, r\u00e9aliste et bien souvent cynique sur la politique, et \u00e7a te faisait marrer de voir maman s\u2019enflammer pour tel ou tel candidat, et tu t\u2019ing\u00e9niais \u00e0 la contrarier en te mettant\u00a0 syst\u00e9matiquement dans l\u2019opposition, et \u00e7a me fait encore rire, de voir ton regard p\u00e9tillant, ton sourire en coin, regardant les autres s\u2019\u00e9nerver, me disant \u00abregarde ta m\u00e8re, comme elle va d\u00e9marrer\u00a0\u00bb. De tes quarante ans \u00e0 la R\u00e9gie Renault, tu avais gard\u00e9 le go\u00fbt de la perfection, celle que tu demandais \u00e0 tes ouvriers et que tu nous demandais en retour. Tu avais gard\u00e9 cet esprit d\u2019\u00e9quipe, qui est encore le n\u00f4tre aujourd\u2019hui. Tu adorais que les gens te critiquent sur la fa\u00e7on d\u2019\u00e9lever tes enfants, tu nous disais, \u00ab\u00a0les r\u00e9sultats c\u2019est plus tard que je les aurais\u00a0\u00bb \u00a0Papa tu avais raison, tu peux t\u2019en aller tranquille, tu as fait de nous des adultes responsables et libres. Et puis tous les animaux, les chats, les chiens, les chevaux que nous t\u2019imposions, Marie\u00a0 qui avait voulu un cheval, et finalement tu es devenu meneur pour elle. Tu acceptais tout de nous, en r\u00e2lant tout ce que tu pouvais. Tu \u00e9tais si moqueur, de ce regard lucide que tu avais sur les autres, sur la soci\u00e9t\u00e9, que tu en devenais quelque part d\u00e9rangeant, pour toi les apparences n\u2019avaient aucune importance, la place dans la soci\u00e9t\u00e9 encore moins, ce que tu faisais n\u2019\u00e9tait jamais par rapport aux autres mais pour toi ou les tiens, ou parce qu\u2019il fallait que tu m\u00e8nes \u00e0 bien une mission, un travail, un objectif. \u00ab Les autres on s\u2019en cague\u00a0\u00bb. Alors Papa, je pourrais \u00e9crire durant des heures pour te retenir encore un peu avec nous. Mais il faut que nous te laissions partir, j\u2019ai beau filer des coups de pieds dans ton cercueil pour que tu te l\u00e8ves, tu ne te l\u00e8veras pas, et je vois ton regard clair en coin, me dire, laisse moi dormir. Un de tes fameux proverbe du Luberon, ceux que tu inventais en toute circonstance, disait \u00ab\u00a0quand le p\u00e8re est fatigu\u00e9, il va se coucher\u00a0\u00bb. Tu nous a tant aim\u00e9 Papa, toi pour qui les mots d\u2019amour ne servaient \u00e0 rien, seuls les actes comptaient, tu nous as tant aim\u00e9 que ton amour ne peut que perdurer dans l\u2019\u00e9ternit\u00e9, tu as aujourd\u2019hui le droit de te reposer. Alors, Papa je vais b\u00e2cher la piscine, surveiller qu\u2019elle est bien ferm\u00e9e pour qu\u2019aucun enfant n\u2019y aille sans surveillance et promis chaque soir j\u2019irai fermer le portail et surtout je n\u2019embarquerais pas la cl\u00e9 avec moi, sois tranquille. Nous continuerons les soir\u00e9es sans fin, \u00e0 refaire le monde, \u00e0 inventer des usines improbables et des arr\u00eats de bus d\u00e9lirants, parce que par dessus tout, tu nous avais appris \u00e0 r\u00eaver. Alors Papa, o\u00f9 que tu sois aujourd\u2019hui, et quoique tu ai \u00e0 faire. \u00ab\u00a0Fais le Papa, et fait le bien\u00a0\u00bb Quoi qu\u2019est ce tu dis ? Que tu t\u2019en bats les couilles de tout \u00e7a \u2026 non, tu grognes de satisfaction, de ta petite plaisanterie, de nous avoir tous r\u00e9unis. Rosy, regarde ils sont tous l\u00e0 les petits. Mais s\u2019il te plait Papa, en te pr\u00e9sentant \u00e0 Saint Pierre, ne lui dis pas en lui serrant la main \u00ab\u00a0Jean Pierre Arzalier, champion de baby foot\u00a0\u00bb, s\u2019il te plait. Repose en paix, Papa.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1472,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[98],"tags":[],"class_list":["post-6812","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-inspiration"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v20.0 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Mon p\u00e8re, Jean Pierre Arzalier - La Bastidane<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"http:\/\/labastidane.fr\/journal\/?p=6812\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Mon p\u00e8re, Jean Pierre Arzalier - La Bastidane\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Ce jour tant redout\u00e9 est arriv\u00e9, le jour de ta mort, j\u2019avais esp\u00e9r\u00e9 comme tous les enfants, que cette salope t\u2019aurait un peu oubli\u00e9. Mais elle est venue, et t\u2019as prise dans ton sommeil, toi qui ne dormais plus la nuit, car tu sentais que c\u2019est dans ton lit que tu t\u2019en irais. Depuis c\u2019est le silence. Tu es parti en silence, un comble. Toi qui \u00e9tais si bruyant, toi dont la carcasse emplissait toute la pi\u00e8ce quand tu entrais quelque part. Toi si tonitruant, toi qui a toujours \u00e9t\u00e9 incontr\u00f4lable.\u00a0 Tu ne criais pas papa, jamais, tout le monde le savait, tu avais simplement la voix forte, et c\u2019est ainsi que nous avons v\u00e9cu aupr\u00e8s de toi, dans tes grognements, tes rires, tes fous rires, tes d\u00e9lires, tes r\u00eaves, tes col\u00e8res, tes indignations sur le monde, ce monde dont tu \u00e9tais si moqueur. Tous ces mots qui n\u2019appartenaient qu\u2019\u00e0 toi, ceux que tu inventais au fil des jours, c\u2019est ce qui nous faisaient rire. Tout s\u2019est arr\u00eat\u00e9 dans cet \u00e9norme silence. Je d\u00e9teste ce silence, je n\u2019arrive pas \u00e0 m\u2019y habituer. Et je d\u00e9teste parler de toi au pass\u00e9. Papa, tu es l\u00e0, juste l\u00e0 dans cette boite horrible,\u00a0 je n\u2019ai pas envie de faire le pan\u00e9gyrique de cet homme que tu \u00e9tais, (tu as vu je t\u2019en coince une l\u00e0 pour les mots fl\u00e9ch\u00e9s)\u00a0 je n\u2019ai pas envie de faire des hommages qui te feraient rire tu me disais toujours en te marrant, quand nous nous retrouvions pour un enterrement en te promenant dans le cimeti\u00e8re\u00a0 \u00ab\u00a0sur les tombes, tu as vu, on n\u2019\u00e9crit jamais \u00ab\u00a0c\u2019\u00e9tait un encul\u00e9\u00a0\u00bb, il y a toujours \u00ab\u00a0\u00e0 notre cher regrett\u00e9\u00a0\u00bb. Alors papa je te le dis aujourd\u2019hui, tu \u00e9tais un chieur de premi\u00e8re. Mais de ces vrais chieurs qui arrivent \u00e0 changer le monde, gr\u00e2ce \u00e0 toi, je n\u2019ai jamais eu peur de personne ni de rien. Pour toi la r\u00e9ussite \u00e9tait normale, les \u00e9checs aussi d\u2019ailleurs, quoiqu\u2019on puisse entreprendre, une porte quelque part s\u2019ouvrait.\u00a0 Rien pour toi n\u2019\u00e9tait d\u00e9finitif dans la vie, que la seule chose importante c\u2019\u00e9tait ta famille. Que c\u2019\u00e9tait vraiment la seule chose pour laquelle \u00e7a valait la peine de se battre. Tu nous a appris \u00e0 avoir une famille. Ce sens de la famille, que tu avais \u00e9largi \u00e0 ton travail \u00e0 tes copains, ils devenaient tes fr\u00e8res. Tu \u00e9tais fier de nous, mais tu ne voulais que personne ne le sache, surtout pas nous. Cette famille que tu couvais comme un chef de tribu, une famille dont tu \u00e9tais le patriarche, un clan dont tu avais \u00e9dict\u00e9 les r\u00e8gles et que tu aimais nous voir transgresser, \u00ab\u00a0faites ce que je vous dis, ne faites pas ce que je fais\u00a0\u00bb. Tu as fais de nous, de moi, des rebelles, des \u00eatres libres de toutes entraves, des hommes qui se tiennent debout.\u00a0 Tu \u00e9tais bon et juste, tu d\u00e9testais les racistes, les faux culs, les thurif\u00e9raires (je te l\u2019ai dit Pa, que j\u2019allais t\u2019\u00e9pater pour les mots fl\u00e9ch\u00e9s), les int\u00e9gristes et extr\u00e9mistes de tous bords. Les conventions \u00e0 respecter c\u2019\u00e9taient les tiennes pas celles construites par la soci\u00e9t\u00e9. Cette famille qui s\u2019agrandissait chaque fois un peu plus, par des enfants, des beaux enfants et des petits enfants.\u00a0 Nous, que tu as eu avec maman, mes fr\u00e8res et soeurs de sang, celles dont tu es devenu le p\u00e8re et qui sont aujourd\u2019hui mes soeurs de coeurs, et la horde de petits enfants que nous t\u2019avons tous offerts. Les amis, tes copains, les voisins, chacun avait sa place dans ta tribu, dans ta maison au portail toujours grand ouvert d\u00e8s l\u2019aube. Tu agrandissais alors ta maison, travaillant sans rel\u00e2che seul pierre par pierre. Tu devenais en vieillissant, le papy de tous les enfants qui le souhaitaient. Il y a bien plus d\u2019enfants qui t\u2019appellent aujourd\u2019hui papy que le nombre r\u00e9el de tes petits enfants. Ta vie n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 un fleuve tranquille, de cette guerre d\u2019Alg\u00e9rie dont tu ne parlais jamais, tu disais qu\u2019il n\u2019y avait pas de quoi en \u00eatre fier, et que toute guerre \u00e9tait une saloperie,\u00a0 tu avais gard\u00e9 un regard objectif, r\u00e9aliste et bien souvent cynique sur la politique, et \u00e7a te faisait marrer de voir maman s\u2019enflammer pour tel ou tel candidat, et tu t\u2019ing\u00e9niais \u00e0 la contrarier en te mettant\u00a0 syst\u00e9matiquement dans l\u2019opposition, et \u00e7a me fait encore rire, de voir ton regard p\u00e9tillant, ton sourire en coin, regardant les autres s\u2019\u00e9nerver, me disant \u00abregarde ta m\u00e8re, comme elle va d\u00e9marrer\u00a0\u00bb. De tes quarante ans \u00e0 la R\u00e9gie Renault, tu avais gard\u00e9 le go\u00fbt de la perfection, celle que tu demandais \u00e0 tes ouvriers et que tu nous demandais en retour. Tu avais gard\u00e9 cet esprit d\u2019\u00e9quipe, qui est encore le n\u00f4tre aujourd\u2019hui. Tu adorais que les gens te critiquent sur la fa\u00e7on d\u2019\u00e9lever tes enfants, tu nous disais, \u00ab\u00a0les r\u00e9sultats c\u2019est plus tard que je les aurais\u00a0\u00bb \u00a0Papa tu avais raison, tu peux t\u2019en aller tranquille, tu as fait de nous des adultes responsables et libres. Et puis tous les animaux, les chats, les chiens, les chevaux que nous t\u2019imposions, Marie\u00a0 qui avait voulu un cheval, et finalement tu es devenu meneur pour elle. Tu acceptais tout de nous, en r\u00e2lant tout ce que tu pouvais. Tu \u00e9tais si moqueur, de ce regard lucide que tu avais sur les autres, sur la soci\u00e9t\u00e9, que tu en devenais quelque part d\u00e9rangeant, pour toi les apparences n\u2019avaient aucune importance, la place dans la soci\u00e9t\u00e9 encore moins, ce que tu faisais n\u2019\u00e9tait jamais par rapport aux autres mais pour toi ou les tiens, ou parce qu\u2019il fallait que tu m\u00e8nes \u00e0 bien une mission, un travail, un objectif. \u00ab Les autres on s\u2019en cague\u00a0\u00bb. Alors Papa, je pourrais \u00e9crire durant des heures pour te retenir encore un peu avec nous. Mais il faut que nous te laissions partir, j\u2019ai beau filer des coups de pieds dans ton cercueil pour que tu te l\u00e8ves, tu ne te l\u00e8veras pas, et je vois ton regard clair en coin, me dire, laisse moi dormir. Un de tes fameux proverbe du Luberon, ceux que tu inventais en toute circonstance, disait \u00ab\u00a0quand le p\u00e8re est fatigu\u00e9, il va se coucher\u00a0\u00bb. Tu nous a tant aim\u00e9 Papa, toi pour qui les mots d\u2019amour ne servaient \u00e0 rien, seuls les actes comptaient, tu nous as tant aim\u00e9 que ton amour ne peut que perdurer dans l\u2019\u00e9ternit\u00e9, tu as aujourd\u2019hui le droit de te reposer. Alors, Papa je vais b\u00e2cher la piscine, surveiller qu\u2019elle est bien ferm\u00e9e pour qu\u2019aucun enfant n\u2019y aille sans surveillance et promis chaque soir j\u2019irai fermer le portail et surtout je n\u2019embarquerais pas la cl\u00e9 avec moi, sois tranquille. Nous continuerons les soir\u00e9es sans fin, \u00e0 refaire le monde, \u00e0 inventer des usines improbables et des arr\u00eats de bus d\u00e9lirants, parce que par dessus tout, tu nous avais appris \u00e0 r\u00eaver. Alors Papa, o\u00f9 que tu sois aujourd\u2019hui, et quoique tu ai \u00e0 faire. \u00ab\u00a0Fais le Papa, et fait le bien\u00a0\u00bb Quoi qu\u2019est ce tu dis ? Que tu t\u2019en bats les couilles de tout \u00e7a \u2026 non, tu grognes de satisfaction, de ta petite plaisanterie, de nous avoir tous r\u00e9unis. Rosy, regarde ils sont tous l\u00e0 les petits. Mais s\u2019il te plait Papa, en te pr\u00e9sentant \u00e0 Saint Pierre, ne lui dis pas en lui serrant la main \u00ab\u00a0Jean Pierre Arzalier, champion de baby foot\u00a0\u00bb, s\u2019il te plait. Repose en paix, Papa.\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"http:\/\/labastidane.fr\/journal\/?p=6812\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"La Bastidane\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2015-06-04T08:56:10+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2015-06-04T09:18:34+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"http:\/\/labastidane.fr\/journal\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/etoile_172.gif\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"466\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"600\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/gif\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"La Bastidane\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"La Bastidane\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"7 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"http:\/\/labastidane.fr\/journal\/?p=6812\",\"url\":\"http:\/\/labastidane.fr\/journal\/?p=6812\",\"name\":\"Mon p\u00e8re, Jean Pierre Arzalier - La Bastidane\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/#website\"},\"datePublished\":\"2015-06-04T08:56:10+00:00\",\"dateModified\":\"2015-06-04T09:18:34+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/#\/schema\/person\/af75d95a9045c134ad8810c99727f4cd\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"http:\/\/labastidane.fr\/journal\/?p=6812#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"http:\/\/labastidane.fr\/journal\/?p=6812\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"http:\/\/labastidane.fr\/journal\/?p=6812#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\/\/labastidane.fr\/journal\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Mon p\u00e8re, Jean Pierre Arzalier\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/#website\",\"url\":\"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/\",\"name\":\"La Bastidane\",\"description\":\"Cr\u00e9ations Improbables en Luberon\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":\"required name=search_term_string\"}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/#\/schema\/person\/af75d95a9045c134ad8810c99727f4cd\",\"name\":\"La Bastidane\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/#\/schema\/person\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/53e4719b91c0ffc5bae88b7937a395ed0d9dd04cfb0a5b501ad69c2c044f7eeb?s=96&d=blank&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/53e4719b91c0ffc5bae88b7937a395ed0d9dd04cfb0a5b501ad69c2c044f7eeb?s=96&d=blank&r=g\",\"caption\":\"La Bastidane\"},\"sameAs\":[\"http:\/\/labastidane.fr\/journal\/\"],\"url\":\"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/?author=1\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Mon p\u00e8re, Jean Pierre Arzalier - La Bastidane","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"http:\/\/labastidane.fr\/journal\/?p=6812","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Mon p\u00e8re, Jean Pierre Arzalier - La Bastidane","og_description":"Ce jour tant redout\u00e9 est arriv\u00e9, le jour de ta mort, j\u2019avais esp\u00e9r\u00e9 comme tous les enfants, que cette salope t\u2019aurait un peu oubli\u00e9. Mais elle est venue, et t\u2019as prise dans ton sommeil, toi qui ne dormais plus la nuit, car tu sentais que c\u2019est dans ton lit que tu t\u2019en irais. Depuis c\u2019est le silence. Tu es parti en silence, un comble. Toi qui \u00e9tais si bruyant, toi dont la carcasse emplissait toute la pi\u00e8ce quand tu entrais quelque part. Toi si tonitruant, toi qui a toujours \u00e9t\u00e9 incontr\u00f4lable.\u00a0 Tu ne criais pas papa, jamais, tout le monde le savait, tu avais simplement la voix forte, et c\u2019est ainsi que nous avons v\u00e9cu aupr\u00e8s de toi, dans tes grognements, tes rires, tes fous rires, tes d\u00e9lires, tes r\u00eaves, tes col\u00e8res, tes indignations sur le monde, ce monde dont tu \u00e9tais si moqueur. Tous ces mots qui n\u2019appartenaient qu\u2019\u00e0 toi, ceux que tu inventais au fil des jours, c\u2019est ce qui nous faisaient rire. Tout s\u2019est arr\u00eat\u00e9 dans cet \u00e9norme silence. Je d\u00e9teste ce silence, je n\u2019arrive pas \u00e0 m\u2019y habituer. Et je d\u00e9teste parler de toi au pass\u00e9. Papa, tu es l\u00e0, juste l\u00e0 dans cette boite horrible,\u00a0 je n\u2019ai pas envie de faire le pan\u00e9gyrique de cet homme que tu \u00e9tais, (tu as vu je t\u2019en coince une l\u00e0 pour les mots fl\u00e9ch\u00e9s)\u00a0 je n\u2019ai pas envie de faire des hommages qui te feraient rire tu me disais toujours en te marrant, quand nous nous retrouvions pour un enterrement en te promenant dans le cimeti\u00e8re\u00a0 \u00ab\u00a0sur les tombes, tu as vu, on n\u2019\u00e9crit jamais \u00ab\u00a0c\u2019\u00e9tait un encul\u00e9\u00a0\u00bb, il y a toujours \u00ab\u00a0\u00e0 notre cher regrett\u00e9\u00a0\u00bb. Alors papa je te le dis aujourd\u2019hui, tu \u00e9tais un chieur de premi\u00e8re. Mais de ces vrais chieurs qui arrivent \u00e0 changer le monde, gr\u00e2ce \u00e0 toi, je n\u2019ai jamais eu peur de personne ni de rien. Pour toi la r\u00e9ussite \u00e9tait normale, les \u00e9checs aussi d\u2019ailleurs, quoiqu\u2019on puisse entreprendre, une porte quelque part s\u2019ouvrait.\u00a0 Rien pour toi n\u2019\u00e9tait d\u00e9finitif dans la vie, que la seule chose importante c\u2019\u00e9tait ta famille. Que c\u2019\u00e9tait vraiment la seule chose pour laquelle \u00e7a valait la peine de se battre. Tu nous a appris \u00e0 avoir une famille. Ce sens de la famille, que tu avais \u00e9largi \u00e0 ton travail \u00e0 tes copains, ils devenaient tes fr\u00e8res. Tu \u00e9tais fier de nous, mais tu ne voulais que personne ne le sache, surtout pas nous. Cette famille que tu couvais comme un chef de tribu, une famille dont tu \u00e9tais le patriarche, un clan dont tu avais \u00e9dict\u00e9 les r\u00e8gles et que tu aimais nous voir transgresser, \u00ab\u00a0faites ce que je vous dis, ne faites pas ce que je fais\u00a0\u00bb. Tu as fais de nous, de moi, des rebelles, des \u00eatres libres de toutes entraves, des hommes qui se tiennent debout.\u00a0 Tu \u00e9tais bon et juste, tu d\u00e9testais les racistes, les faux culs, les thurif\u00e9raires (je te l\u2019ai dit Pa, que j\u2019allais t\u2019\u00e9pater pour les mots fl\u00e9ch\u00e9s), les int\u00e9gristes et extr\u00e9mistes de tous bords. Les conventions \u00e0 respecter c\u2019\u00e9taient les tiennes pas celles construites par la soci\u00e9t\u00e9. Cette famille qui s\u2019agrandissait chaque fois un peu plus, par des enfants, des beaux enfants et des petits enfants.\u00a0 Nous, que tu as eu avec maman, mes fr\u00e8res et soeurs de sang, celles dont tu es devenu le p\u00e8re et qui sont aujourd\u2019hui mes soeurs de coeurs, et la horde de petits enfants que nous t\u2019avons tous offerts. Les amis, tes copains, les voisins, chacun avait sa place dans ta tribu, dans ta maison au portail toujours grand ouvert d\u00e8s l\u2019aube. Tu agrandissais alors ta maison, travaillant sans rel\u00e2che seul pierre par pierre. Tu devenais en vieillissant, le papy de tous les enfants qui le souhaitaient. Il y a bien plus d\u2019enfants qui t\u2019appellent aujourd\u2019hui papy que le nombre r\u00e9el de tes petits enfants. Ta vie n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 un fleuve tranquille, de cette guerre d\u2019Alg\u00e9rie dont tu ne parlais jamais, tu disais qu\u2019il n\u2019y avait pas de quoi en \u00eatre fier, et que toute guerre \u00e9tait une saloperie,\u00a0 tu avais gard\u00e9 un regard objectif, r\u00e9aliste et bien souvent cynique sur la politique, et \u00e7a te faisait marrer de voir maman s\u2019enflammer pour tel ou tel candidat, et tu t\u2019ing\u00e9niais \u00e0 la contrarier en te mettant\u00a0 syst\u00e9matiquement dans l\u2019opposition, et \u00e7a me fait encore rire, de voir ton regard p\u00e9tillant, ton sourire en coin, regardant les autres s\u2019\u00e9nerver, me disant \u00abregarde ta m\u00e8re, comme elle va d\u00e9marrer\u00a0\u00bb. De tes quarante ans \u00e0 la R\u00e9gie Renault, tu avais gard\u00e9 le go\u00fbt de la perfection, celle que tu demandais \u00e0 tes ouvriers et que tu nous demandais en retour. Tu avais gard\u00e9 cet esprit d\u2019\u00e9quipe, qui est encore le n\u00f4tre aujourd\u2019hui. Tu adorais que les gens te critiquent sur la fa\u00e7on d\u2019\u00e9lever tes enfants, tu nous disais, \u00ab\u00a0les r\u00e9sultats c\u2019est plus tard que je les aurais\u00a0\u00bb \u00a0Papa tu avais raison, tu peux t\u2019en aller tranquille, tu as fait de nous des adultes responsables et libres. Et puis tous les animaux, les chats, les chiens, les chevaux que nous t\u2019imposions, Marie\u00a0 qui avait voulu un cheval, et finalement tu es devenu meneur pour elle. Tu acceptais tout de nous, en r\u00e2lant tout ce que tu pouvais. Tu \u00e9tais si moqueur, de ce regard lucide que tu avais sur les autres, sur la soci\u00e9t\u00e9, que tu en devenais quelque part d\u00e9rangeant, pour toi les apparences n\u2019avaient aucune importance, la place dans la soci\u00e9t\u00e9 encore moins, ce que tu faisais n\u2019\u00e9tait jamais par rapport aux autres mais pour toi ou les tiens, ou parce qu\u2019il fallait que tu m\u00e8nes \u00e0 bien une mission, un travail, un objectif. \u00ab Les autres on s\u2019en cague\u00a0\u00bb. Alors Papa, je pourrais \u00e9crire durant des heures pour te retenir encore un peu avec nous. Mais il faut que nous te laissions partir, j\u2019ai beau filer des coups de pieds dans ton cercueil pour que tu te l\u00e8ves, tu ne te l\u00e8veras pas, et je vois ton regard clair en coin, me dire, laisse moi dormir. Un de tes fameux proverbe du Luberon, ceux que tu inventais en toute circonstance, disait \u00ab\u00a0quand le p\u00e8re est fatigu\u00e9, il va se coucher\u00a0\u00bb. Tu nous a tant aim\u00e9 Papa, toi pour qui les mots d\u2019amour ne servaient \u00e0 rien, seuls les actes comptaient, tu nous as tant aim\u00e9 que ton amour ne peut que perdurer dans l\u2019\u00e9ternit\u00e9, tu as aujourd\u2019hui le droit de te reposer. Alors, Papa je vais b\u00e2cher la piscine, surveiller qu\u2019elle est bien ferm\u00e9e pour qu\u2019aucun enfant n\u2019y aille sans surveillance et promis chaque soir j\u2019irai fermer le portail et surtout je n\u2019embarquerais pas la cl\u00e9 avec moi, sois tranquille. Nous continuerons les soir\u00e9es sans fin, \u00e0 refaire le monde, \u00e0 inventer des usines improbables et des arr\u00eats de bus d\u00e9lirants, parce que par dessus tout, tu nous avais appris \u00e0 r\u00eaver. Alors Papa, o\u00f9 que tu sois aujourd\u2019hui, et quoique tu ai \u00e0 faire. \u00ab\u00a0Fais le Papa, et fait le bien\u00a0\u00bb Quoi qu\u2019est ce tu dis ? Que tu t\u2019en bats les couilles de tout \u00e7a \u2026 non, tu grognes de satisfaction, de ta petite plaisanterie, de nous avoir tous r\u00e9unis. Rosy, regarde ils sont tous l\u00e0 les petits. Mais s\u2019il te plait Papa, en te pr\u00e9sentant \u00e0 Saint Pierre, ne lui dis pas en lui serrant la main \u00ab\u00a0Jean Pierre Arzalier, champion de baby foot\u00a0\u00bb, s\u2019il te plait. Repose en paix, Papa.","og_url":"http:\/\/labastidane.fr\/journal\/?p=6812","og_site_name":"La Bastidane","article_published_time":"2015-06-04T08:56:10+00:00","article_modified_time":"2015-06-04T09:18:34+00:00","og_image":[{"width":"466","height":"600","url":"http:\/\/labastidane.fr\/journal\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/etoile_172.gif","type":"image\/gif"}],"author":"La Bastidane","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"La Bastidane","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"7 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"http:\/\/labastidane.fr\/journal\/?p=6812","url":"http:\/\/labastidane.fr\/journal\/?p=6812","name":"Mon p\u00e8re, Jean Pierre Arzalier - La Bastidane","isPartOf":{"@id":"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/#website"},"datePublished":"2015-06-04T08:56:10+00:00","dateModified":"2015-06-04T09:18:34+00:00","author":{"@id":"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/#\/schema\/person\/af75d95a9045c134ad8810c99727f4cd"},"breadcrumb":{"@id":"http:\/\/labastidane.fr\/journal\/?p=6812#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["http:\/\/labastidane.fr\/journal\/?p=6812"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"http:\/\/labastidane.fr\/journal\/?p=6812#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/labastidane.fr\/journal"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Mon p\u00e8re, Jean Pierre Arzalier"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/#website","url":"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/","name":"La Bastidane","description":"Cr\u00e9ations Improbables en Luberon","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/?s={search_term_string}"},"query-input":"required name=search_term_string"}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/#\/schema\/person\/af75d95a9045c134ad8810c99727f4cd","name":"La Bastidane","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/#\/schema\/person\/image\/","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/53e4719b91c0ffc5bae88b7937a395ed0d9dd04cfb0a5b501ad69c2c044f7eeb?s=96&d=blank&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/53e4719b91c0ffc5bae88b7937a395ed0d9dd04cfb0a5b501ad69c2c044f7eeb?s=96&d=blank&r=g","caption":"La Bastidane"},"sameAs":["http:\/\/labastidane.fr\/journal\/"],"url":"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/?author=1"}]}},"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/etoile_172.gif","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6812","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6812"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6812\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6820,"href":"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6812\/revisions\/6820"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1472"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6812"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6812"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/labastidane.fr\/journal\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6812"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}