On a repris l’atelier depuis bientôt un mois, c’est bon de se retrouver avec une année sabbatique, comme si nous nous étions jamais quittées, douceur, rires et fous-rires toujours au rendez vous, des projets pleins la tête et puis ce petit quelque chose qui nous dit que nous sommes bien entre nous. Nous sommes si peu nombreuses, qu’il ne risque pas d’avoir des clans comme dans d’autres clubs, c’est insupportable les clans, mais ce qui est le plus insupportable c’est la surenchère d’achats et la boulimie de travaux, nous nous travaillons à notre rythme, nous faisons ce que nous avons envie, avec ce que nous avons en stock, surtout sans contrainte ni limite, on s’éclate et c’est bien l’essentiel. Chez nous il n’y a pas la place à la médisance, à l’ego, à la vanité et à l’orgueil mal placé, c’est ce qui fait notre force. On est comme on est, on partage tout, on s’aide, on s’entraide, finalement je crois qu’on s’aime et on soigne nos blessures à grands coups de sourires et de compassion, cette compassion qui fait défaut à tant de gens. Vivement jeudi prochain, pour que l’on créé de nos mains nos songes, nos rêves. Bonne soirée à vous, je vais avancer mon petit ouvrage.
PS / C’est sympa les photos avec un téléphone, mais il va falloir vraiment que je reprenne mon appareil photo …






























C’est tôt, c’est l’heure du premier café avant d’aller travailler, en ce moment j’ai presque 3/4 d’heure d’avance, je laisse ma fille au collège et je file sur la grande ville, ainsi je prends le temps de m’attarder au café. Il pleut, l’odeur du bitume mouillé me ramène plus de 20 ans en arrière. Rue Saint Do, Paris, le café en face mon bureau, la halte des grands messieurs de l’Assemblée Nationale, ça chuchote au comptoir dans des costumes qui valent 10 mois de mon salaire, le pli des pantalons tombent sur leurs Church en un drapé parfait de prince de Galles ou de flanelle, les cravates parfaitement ajustées, les chemises Oxford, ça sent l’eau de parfum de luxe et le tabac blond, les journaux ne sont pas la Provence, mais le Parisien, le Monde, le Figaro, Libé ou le Canard. D’être dans ce café si tôt me ramène des années en arrière, ici aussi c’est feutré, encore plus qu’à Paris, c’est doux et calme, les chaussures ne sont pas des Church à 800 euros la paire, 800 euros ici c’est un salaire mensuel ou même moins quelquefois. Quelqu’un demande à baisser le son de BFM, encore ensommeillé, il lit le journal et se navre des inondations de l’Aude. On termine un peu nos nuits sur les canapés et fauteuils club en buvant nos cafés. Le patron est gentil et souriant comme d’habitude, je croise un monsieur que j’accompagne, il me fait un grand geste pour me saluer et je suis heureuse. Je me demande pourquoi une de mes vies antérieures a refait surface ainsi, je ne sais vraiment pas pourquoi, le temps, la pénombre, l’odeur du café, la ville qui s’éveille … une heure après … un nouveau gouvernement est annoncé, ça doit piailler bien fort dans le café de l’Assemblée … 









































































Presque une année que le ciel s’est abattu sur nos têtes, presque an, et puis déjà 9 mois de travaux et aussi un appareil photo qui faisait des siennes, un ordinateur bien mal à point, un téléphone vacillant et puis la volonté et la motivation, elle aussi guère brillante. Et enfin cette semaine, ma fille, piquant mon téléphone chaque matin pour faire des photos, pendant que la conduisais au collège, s’émerveillant du lever du jour me disant « maman il faut en profiter avant le changement d’heure ». Alors je me suis dit que c’était peut être le moment de reprendre les petits riens quotidiennement, de collectionner chaque instant merveilleux qui s’offrent à moi, don de ce ciel où quelques étoiles de plus brillent, et puis peut être aussi le moment de reprendre mes aiguilles même si l’atelier n’est pas tout à fait fini, parce que c’est là que naîtront les improbables, ces improbables qui tambourinent fort pour venir au monde. Voulez vous bien que je revienne ?















