Le 24ème jour d’après – Problème de territoire

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Je te prie de m’excuser, les photos ne sont pas tip top, je n’avais que mon téléphone, je n’avais pas prévu ce moment là pour les petits riens. J’ai fait l’inspection des fruitiers récemment plantés, j’aurai des feuilles de poirier et de pommier, les cerisiers me semblent bien long à démarrer et m’inquiètent. J’ai appris avec effarement que les jardineries avaient été prises d’assaut pour les plants de potager, mais bon à moins d’avoir une serre, c’est trop tôt pour planter, ça va geler. Et ouf j’ai retrouvé Léopold le nain de jardin enseveli sous les herbes folles. Il faut que je désherbe.

Hier je suis allée au ravitaillement, je crois que la France entière fait des gâteaux, ce qui n’est pas pour me déplaire, pas un paquet de farine, d’oeufs ou de levure dans mon magasin, dévalisé. Je n’ai pas eu le courage d’aller dans un autre magasin où une queue de 200 mètres en plein soleil, attendait le droit d’entrer,  c’est totalement surréaliste, effrayant même. J’en trouve dans mon épicerie à moi, mais c’est quand même hallucinant ce besoin de faire du stocks, même pour 15 jours, il n’y a pas besoin de 12 kg de farine (à moins que tu ne fasse chaque jour, du pain, des gâteaux, des sablés, des pizzas (plus de pâte à pizza non  plus), des gnocchis et des pâtes fraiches.

Il me reste des graines pour les oiseaux. Et c’est important, parce que mes tourterelles sont à nouveau dans le jardin, malgré les chats qui s’y promènent. Mais il y a un autre problème, les poules ont décidé que l’endroit où je mettais des graines, c’était chez elle. Donc problème territorial. Les tourterelles attendent sagement que ces gentes gallinacés aient terminé leur repas.

C’est Mousse ce matin qui m’a accompagnée, en sautant après tous les insectes volants qu’il voyait. J’aime le voir mon caïd des poubelles de Lourmarin, il n’a pas grandi, dans sa tête il est toujours un chaton,  il casse les pieds à tout le monde et il adore ça (chut et moi aussi).

Je continue à vivre dans un espace temps qui m’est propre, que j’ai choisi, peut être que finalement j’avais raison de me confiner à mon territoire bien avant l’heure. Je file confectionner des masques, j’ai eu des commandes. Prenez soin de vous, surtout.

Belle journée à tous.

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Le 23ème jour d’après – Je ne veux pas m’habituer.

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J’ai parcouru le jardin, comme tous les matins, toujours un chat à mes basques, les meubles en fer forgé sont ensevelis sous l’herbe, la bombe de peinture que j’avais utilisée l’année dernière n’est pas au top, il va falloir que j’aille chercher un bon vieux pot de peinture et les repeindre en noir, les banks pointent le bout de leur nez,  rose, blanc, jaune, ça va être une féérie et j’aime ça, ces rosiers sont pour moi le symbole de la Chine ancestrale.

 

J’ai eu également une belle émotion, j’ai enfin réussi à voir fleurir un arum chez moi. Ces fleurs m’ont toujours paru si irréelles, comme si elles n’appartenaient pas à notre monde mais à un siècle aujourd’hui disparu, que c’est un réel bonheur d’en voir une dans mon jardin, j’ai l’impression d’avoir planté les bulbes depuis des décennies.

 

Et puis j’ai enfin cousu des masques, je n’y arrivais pas, je ne pouvais pas en coudre, comme un refus inconscient, un blocage de ce qui se passe. Je ne veux pas m’habituer à cette période si bouleversante, je ne peux pas. Mais il fallait que j’en fasse, pour des amies, pour leur sécurité, alors j’ai pris des tissus un peu précieux, avec du beige et du doré, des tissus un peu ludiques et j’ai cousu, et d’autres en vichy pour les tout-petits.  En cousant, j’ai affronté les démons, cette peur irraisonnée de la maladie, cette terreur d’une guerre bactériologique qui m’a toujours suivie depuis toujours et qui n’a aucune raison d’être.

Et puis je suis trop fière, presque à me la péter un peu,  mon petit citronnier a fait des citrons, DEUX  citrons, un qui murit tranquillement et l’autre qui attends d’être associé au gingembre que Julie l’épicière de mon village a réussi à trouver au MIN.

Une boisson énergisante et réconfortante est en cours de « concoctage » par ma mother.

 

Je suis désolée de compter les jours, mais si je ne le fais pas, je perds mes repères

 

Belle journée à vous, prenez soin de vous.

 

PS : pour les masques j’ai pris ce tuto là 

 

 




 

Le 22ème jour d’après – Les semis

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Les petits pas de pierre ont retrouvé leur place, l’herbe a été plantée. Les semis sont sous verre et germent en silence, pour le jour où les plants feront leur petit voyage de l’autre côté du jardin.

Les chats s’amusent dans le jardin, et grattent la terre fraichement retournée, quel bonheur de s’y rouler dedans. Minahouët se prend pour une statue et pose pour l’éternité, il ne me lâche pas d’une semelle. Les cerisiers s’en donnent à coeur joie. Une araignée a tissé sa toile. On est loin, très loin de la tourmente du monde.  Cette ambiance « petite maison dans la prairie » je l’ai toujours voulue, peut être avais je raison, peut être que les valeurs changent, peut être que …. Il faut que je trouve des lampes solaires  pour le nouveau lustre de jardin pour éclairer les soirs d’été.

Prenez soin de vous, déjà 3 semaines, tenez bon, ne sortez pas, c’est la seule façon de vaincre cette merde et surtout de protéger des vies.

Le 20ème jour d’après – Oublier le temps d’un week end.

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Cuisiner le temps d’un week-end, croire que rien n’a changé, faire comme Si, afin d’évacuer le stress,  faire des pommes de terre à la suédoise, des artichauts à la provençale, les steaks au barbecue, et vivre au milieu des animaux, regarder les poules s’installer pour faire la sieste, suivi par celui qui travaille comme un dingue toute la semaine pour nous, suivre au rythme d’une des tortues, le temps qui passe et puis s’installer pour le café du petit déjeuner avec les palets bretons cuisinés par ma fille et sa grand mère, parce que c’est tout simplement ça un petit bonheur. Trainer dans sa « magnifîiiiiiique » tenue de confinement, et patienter calmement sans heurts ni tension, parce qu’il y a bien pire que chez moi. J’essaye de m’imposer des rituels juste pour imaginer que l’après existe. Heureusement que ma famille est là.

Prenez soin de vous.


Le 19ème jour d’après – Ils s’en vont pour ne plus revenir.

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Ce matin en ouvrant ma boite aux lettres j’ai découvert avec une immense tristesse, le commentaire de Louise Gauthier, la fille d’Alain Gauthier, illustrateur de renom, sur cet article que j’avais publié en 2014 et que je republie aujourd’hui. Il nous a quitté hier de cette saloperie de virus.

Je n’ai pas de mots et une immense tristesse, chaque jour est une hécatombe dans notre monde où tout va mal, tout va de travers.

J’ai découvert les illustrations d’Alain Gauthier alors que je travaillais dans un école et que l’on m’avait demandé de « virer » les livres un peu trop anciens, je n’ai jamais jeté un livre de ma vie, alors j’ai gardé Zizou Coquelicot, conquise par les illustrations  et j’ai fait des recherches car ces dessins me parlaient, me racontaient des histoires, m’invitaient à des voyages.  Je les ai pâlement recopiés car ils me transportaient et me transportent encore dans un monde irréel, dans le refuge de mes songes.
Je voudrais, moi l’inconnue, la toute petite blogueuse assurer de mon soutien tout ceux qui perdent un proche. Et je vous en prie, faites perdurer l’oeuvre de ce grand illustrateur pour nos enfants, car il est l’un de ses hommes qui avait le pouvoir de créer des rêves au bout de son crayon, et nous avons tant besoin de créer.
Les coquelicots sont fragiles, mais ils sont éternels, chez nous dans le Luberon, ils peuvent coloniser une terre entière pour en faire un mer rouge et fragile. Les artistes sont ainsi, fragiles, mais flamboyants.

Ceci n’est pas un petit rien.

 

 

 

 

 

 

 

« J’ai découvert au fond de la bibliothèque un livre d’enfant de 1974 … j’ai adoré les illustrations au point de gribouiller sur mon cahier … parce que Zizou ça m’interpellait quelque part … seuls mes très proches savent pourquoi …

DSC_0233 DSC_0236 Zizou Artichaut Coquelicot Oiseau … poésie immense dans les dessins, Je suis bien trop terre terre pour les textes ou j’ai perdu un peu de mon âme d’enfant …

DSC_0249 DSC_0257 DSC_0258 DSC_0259 DSC_0261 DSC_0280l’illustrateur est immensément connu, c’est Alain Gauthier, son monde fantaisiste, onirique, faussement naïf m’a transporté durant quelques instants dans le tendre monde de l’enfance… durant mon travail de mauvais copiste.

A découvrir ….  ICI pour en savoir un peu plus sur Alain Gauthier et un petit peu du livre …

Belle journée à vous »

 

Le 18ème jour d’après – Le petit bois

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Je me suis autorisée à sortir pour allez photographier le petit rien du jour, j’ai mis 45 minutes et 900 m (aller et retour) . On avait le droit enfant d’aller jouer dans le petit bois, mais seulement dans le petit bois, je suis donc retournée dans le petit bois. Le verger de cerisiers qui se trouvait à côté est devenue une jungle, le pavé mystérieux est toujours mystérieux , et le petit bois est toujours un petit bois, j’y installais ma cuisine avec des grosses pierres, des brindilles, je faisais semblant d’y faire un feu, je cuisinais les noisettes ou les champignons selon les saisons. Les noisetiers ont envahi le sous bois, les pins et les chènes également, j’ai vu la première noisette qui se formait.

Je ramassais des joncs et je faisais des paniers,  panier que m’avait appris à faire Pépé Fouques. C’était hier tout ça. Je crois qu’il y a toujours des fées dans le petit bois, même si les cerisiers sont devenus sauvage. Et puis nouvelle d’une grande  importance, des abeilles  habitent juste à côté.

Plus grande j’ai eu le droit d’aller dans le grand bois sur la colline. Mais bien plus tard, il fallait faire 500 mètres de plus, et je n’entendais plus ma mère m’appeler pour le déjeuner, mais j’avais une montre.

Bon week end à vous, il vaut mieux être seul que mal confiné, de ces souvenirs d’enfance sauvage, il me reste une facilité déconcertante à être confinée.

Prenez soin de vous, faites attention à vous, restez chez vous.

PS / Les Iris ont colonisé le chemin, hâte de les voir en fleurs.

 

 

Le 17ème jour d’après – Les abeilles n’en n’ont rien à faire.

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Oui les abeilles n’en ont rien à faire, des états d’âmes des humains, c’est le dernier de leur souci, elles passent d’une fleur jaune à l’autre sans se poser de question, elles n’écoutent pas les humains qui s’égosillent derrière leur écran, elle s’en foutent royalement, tu peux crier, tu peux hurler, tu peux vociférer à crier au complot, elles s’en foutent, je dirais même mieux c’est que ça les éclate que tu t’énerves, parce qu’elles savent au fond d’elle même que personne n’y est pour rien. Elles, elles savent ce que le mot solidarité veut dire, elles savent se serrer les coudes, elles savent que leur reine est là pour les guider. Mais pas toi, l’humain, tu t’insurges, tu as raison de t’insurger, mais à quoi ça te sert. Je me pose la question à chaque fois que je te vois crier,  si on te dit de ne pas sortir, ce n’est pas pour t’emmerder c’est pour te protéger, si tu dois faire une attestation pour sortir, c’est que tu es incapable de ne pas désobéir, tu ressembles à un enfant effronté qui ne voit pas le danger.  Pourquoi faut il que tu tergiverses, pourquoi faut il que tu descendes en flèche un gouvernement qui fait tout ce qui est en son pouvoir,  de toute son énergie pour te sauver, pour soutenir les entreprises, pour que tes enfants soient scolarisés malgré tout. Tu peux me dire quel est ton problème ? Tu hurles au sacrilège parce qu’un entrepôt frigorifique est réquisitionné pour entreposer nos morts, tu veux les mettre où les morts dans ton jardin, les morgues sont pleines, de villes en villes les corps sont transportés, car il n’y a pas assez de place, tu veux l’odeur des corps en décomposition dans les rues, car on ne peut les enterrer très vite.   Tu cries parce que les anglais construisent un hôpital mais pas nous, mais nous on a des hôpitaux et des cliniques, les anglais non, réfléchis 5 minutes. Tu es incapable de peser le pour et le contre, tu n’es pas capable d’analyser la situation et tu te promulgues gestionnaire de crise sans avoir tous les éléments, j’avoue que je deviens une abeille quand je te lis, je vaque à mes occupations en attendant que ton bon sens te revienne. Quand à toi journaliste, c’est bon on n’est pas neuneus au point que tu sois obligé de nous répéter 25 fois ce qu’un ministre a déclaré, on est confiné mais pas du cerveau, enfin pas tous.

Bonne soirée à vous, prenez soin de vous et exemple sur les abeilles.