
Avant, je dis bien avant, le Hameau de Belle Etoile, était enchassé au coeur des terres, posé comme une pierre précieuse, protégé par le Luberon, c’était notre chemin pour rentrer chez nous, c’était notre chemin pour partir travailler, pour aller au lycée, à l’école ou à l’épicerie.
C’était notre chemin. De mes souvenirs les plus anciens, je me souviens d’une discussion avec Jean Claude Rey, érudit et conteur du Luberon, il m’avait expliqué, que Belle Etoile était en fait un lieu très particulier, un brin ésotérique, qu’il suffisait de tracer une ligne sur une carte de tous les symboles de l’étoile en Provence, pour en comprendre le sens, j’ai oublié … parce que quand on est jeune on oublie, il avait parlé de l’ordre des chevaliers de l’Etoile de 1351, du massif de l’Etoile, de la chaîne de l’Etoile, de l’Etoile de Moustiers, du défilé et du char de la Belle Etoile à Pertuis, et bien d’autres lieux encore qui se sont perdus dans ma mémoire.
Cette protection millénaire est ainsi faite qu’une légende raconte que c’est le lieu qui choisit ses habitants, que le hameau fait partir ceux qui ne lui conviennent pas, car ils ne méritent pas sa protection, que le géant assoupi qu’est le Luberon est là pour nous je l’aime bien cette légende. Et l’urbanisation forcenée utile ou inutile qui va déposer un trottoir de 800 mètres et 60 places de parking en face de Langesse et de ce lieu sacré qu’est le cimetière, ainsi qu’un beau cyprès synthétique de 15 m de haut, j’avoue, je m’en fous, c’est ridicule, moche, totalement absurde, et anti-écologique, on se souviendra de certains et certaines comme « des madones des parkings » mais je m’en fous, je m’en fous car quoi qu’il arrive au travers de l’espace temps, les cerisiers continueront de fleurir, les charrettes et les chevaux de circuler sur le chemin, Mademoiselle Roman ramassera toujours son petit bois et tous les anciens qui nous regardent se diront en souriant que la nouvelle génération sont tous des imbéciles, de gros imbéciles parce que c’est vilain, ça coûte un argent fou et ce n’est pas bon pour la terre et que nous nous endettons.
Bonne journée à toi lecteur, au fait hier je n’ai pas fait de petits riens, non à cause de la grève, ou plûtot oui … j’ai fait chauffeur.




























Tout doucement, la Provence panse ses plaies, et pleure ses disparus, un peu hébétée par le silence soudain, on a repris nos véhicules et notre train train d’un lundi matin. C’est impressionnant de se dire que hier c’était la fin du monde, et aujourd’hui, tout est calme est paisible, le brouillard s’est levé, nous enveloppant d’un ouate grisâtre. La terre a bu l’excédent d’eau, il y avait 15 cm d’eau dans les champs et là plus rien, je marche précautionneusement dans le sol spongieux, les végétaux ont fait leur travail d’éponge. Les animaux heureux de mettre le nez dehors, les tourterelles sont venues grignoter, et les petits oiseaux également, il est tombé hier autant de pluie qu’en deux mois, et je suis fascinée par la nature, une toile d’araignée a tenue bon et se pare de perles d’eau, nous sommes bien peu de choses devant les éléments. Je suis désolée pour les photos un peu floues, je n’avais que mon téléphone.

























































































