Qui est cette Mathilde ? Personne ne le sait, des tapisseries aux petits points, surveillées par les nymphes d’un imposant buffet Henri II, des soupières italiennes kitchissimes et princières à souhait, des couvre chefs qui gardent encore la superbe d’officiers d’un vieille guerre, chaque objet raconte son histoire à qui veut bien l’écouter, à qui sait l’écouter. Sauvés du rebut, ils sont là et attendent un nouveau propriétaire, quelqu’un qui peut être les aimera, leur donnera une autre vie. Les anciens sont décédés ou bien s’en sont lassés. De cette solitude imposée ressort une grande dignité, une majesté même, blessés de cet abandon, ils en gardent une fierté palpable, ne laissant transparaitre leur peine, je voudrais tous les sauver, comme on essaye de soigner les chagrins d’amour de ceux qui nous entourent.
Finalement, objets de brocante, de vide grenier, des Emmaüs ou même des poubelles, vous n’êtes pas mieux lotis que les humains, dans ce monde de surconsommation où l’histoire des petits gens n’a plus de place et les souvenirs non plus. La machine à coudre murmure, j’ai connu deux grandes guerres, j’ai cousu des vêtements à des générations d’enfants, que vont il faire de moi ?
La chaise au dragon soupire de tristesse, pendant que les verres dépareillés recherchent leurs congénères, un berger appelle ses moutons. Je suis là à les entendre, je ne peux vous prendre tous.
J’y vais trop souvent, j’en reviens les bras chargés dans un vain espoir d’être une gardienne du passé, une sentinelle des temps anciens.




























































































Tu regardes si les plantes vont bien, surtout la Vanille que tu chouchoutes depuis des mois, un bébé vient d’arriver il est en éprouvette, ramenée cette fois ci encore par Isabelle de la Réunion, et que tu remercies toujours et à chaque fois, tu espères qu’elles grandiront et envahiront l’atelier. 



Tu allumes un feu, pour te réchauffer. La chaleur douce envahit la pièce. Tu prépares ton cocon.




Et puis les pendules que tu amasses sans savoir pourquoi, aucune ne fonctionne et tu es toujours en retard. Les clochettes de table en verre encore que tu accumules.


Tu t’inspires du monde, et des pays que tu as vu ou que tu rêves de voir. Tu t’inspires des plantes qui t’entourent. 


Des objets chers à ton coeur, le rasoir de ton arrière grand père, un boite de Gavottes de Dinan d’un autre temps, à tenir bien au sec, un Pierrot, une colombe et un coffret à senteurs.
Et puis l’enfance qui t’est si chère.
Boites à couture, machines à coudre, fers à repasser, moulin à café, avion, voiture autant de jouets de petites filles et de petits garçons que tu chines inconsciemment, compulsivement.




tu souris à la vue de la boite d’allumettes, bien peu savent d’où elle vient.
Tu secoues la neige sur Pompéi, tu rigoles en regardant les réveils qui resteront des réveils jusqu’à la fin de leur vie, ils sont là depuis 15 ans pour certains, et non tu ne les détruiras pas pour faire quelque chose, ils ont droit à une retraite heureuse après des années à se réveiller trop tôt.
Et enfin tu commences à travailler …..








































