Elles m’ont reveillée ….

Classé dans : Projet 365 | 7
en même temps que les oiseaux qui se racontaient leurs rêves,

et elles m’ont dit :

Ne pense pas être tranquille parce que tes enfants sont chez leur grand mère ….

Regarde le soleil se lève, il fait beau et c’est dimanche ….
Tu veux travailler ?
Pas question ….

Elles t’attendent alors profites de cette journée ….

Alors j’ai écouté les deux sages Arlesiennes qui veillent sur le buffet de ma cuisine …. en murmurant un vieux poème irlandais …

Chaque jour…

Prends le temps de penser,
c’est la source du pouvoir.
Prends le temps de te distraire,
c’est le secret d’une perpétuelle jeunesse.
Prends le temps de lire,
c’est la fontaine de la sagesse.
Prends le temps d’aimer et d’être aimé,
c’est un privilège divin.
Prends le temps d’être aimable,
c’est le secret du bonheur.
Prends le temps de rire,
c’est la musique de l’âme.
Prends le temps de travailler,
c’est le prix du succès.
Prends le temps de te reposer,
sans quoi tu ne pourras jouir d’aucun privilège.

Coffee from Abu Dhabi

Classé dans : Photos d'urgence, Projet 365 | 4
Quand les matins de week end, sont un peu dans la solitude de part et d’autres des océans …. parce que les filles ont voulu passer le premier jour des vacances chez leur grand mère, que Monsieur ZaZa trouve que le Chamal n’est pas au top pour se promener dans la ville …

Monsieur ZaZa m’envoie donc un café pour je puisse le partager avec lui et avec mes chats …

Alors un café from Abu Dhabi ?

Celui là me fait énormément plaisir, les chats ont l’air d’être en forme, et les avocats ont drôlement poussé.

Cabinet de curiosité, je garde

une vieille chrysalide poussiéreuse mais précieuse comme un talisman,

un manuel ancien de recettes chimiques pour savoir concocter le rouge d’Andrinople

des petits flacons à potions magiques dans un coffre de nacre incrustée qui n’ont de magique que leurs étoiles dorées …

un microscope myope comme une taupe âgée ….

Il faudrait que j’arrête de garder ces petits riens inutiles …,

En attendant le grand ménage,

c’est samedi, voulez vous un café dans mon cabinet de curiosité,

et je vous souhaite aujourd’hui, d’avoir le temps de courir après les cigales égarées …

Dernier jour d’école

Classé dans : photo d'urgence, Projet 365 | 1
Et je profite de ces derniers petits moments de liberté pour flâner sur le chemin du retour dans les rues du Village.

Les vignes folles ….
Les jardins de rues

Les chats dans le décor ….

Les jardins suspendus

et l’apothéose … ;-)

Avant bien bien longtemps, il n’y aura plus de « Sur le Chemin de l’Ecole », c’était même la dernière fois pour l’Ecole de Saint Martin.

Mais c’est une autre histoire et une autre vie …

Je totémise, tu totémises, nous totémisons

Classé dans : Projet 365 | 3
Elle m’a appris à faire des totems, Elle nous a appris à faire des totems, et c’était un journée magnifique, nous les avons vu naître sous nos mains, nous avons du faire connaissance nos totems et nous même, quelquefois peu enclins à se livrer, ils ont fini par bien vouloir nous donner un peu de leur personnalité … en nous prenant un peu de la nôtre ;-)

Merci à Elle, de tout coeur, merci Denise.

Une question de bon matin sur FB sur l’utilité d’un totem me laisse aller à la réflexion suivante

Usage multiple et varié, décoration selon la taille, et rafraîchisseur de bouteilles pour les plus prosaïques, je préfère de loin comme Denise, créatrice des Totems et animatrice de ce cours magnifique, me l’a inculqué, leurs donner un âme, et leurs insuffler le don de protéger, le mien est en train de naître sous mes doigts et sa personnalité sera celle je pense qu’il aura choisi lui même.

et …. les jeudis de la bac, toujours créatifs

et toujours …… aussi nourrissants

Matières et Couleurs

Classé dans : Projet 365 | 3
Quand on n’a pas d’idée, et qu’on de la matière à ….

On fait des photos ….

et on fait mumuse avec Picasa

La nuit portant conseil, on attend gentiment que l’inspiration vienne …

en regardant le beau Morgan et ses modes opératoires
(peut être il vaudrait mieux que je regarde Miss Marple)

Et ca va « viendre « …. Ca devrait venir ……….. CA DOIT venir ;-)))))

Non mais, j’ai tellement d’idées en fait que je ne sais pas laquelle choisir …. Alors c’est décidé je vais choisir.

Se rêveiller dans le coton …

Classé dans : Projet 365 | 5
Découvrir de sa fenêtre un paysage encore dans les rêves de la nuit …

Discerner au loin, ce lieu sacré que l’on nomme « Le Devin », pourquoi porte-t-il ce nom ? Est il capable de savoir …

C’est l’incertitude qui nous charme. Tout devient merveilleux dans la brume.
Oscar Wilde

Merveilleux, cotonneux, silencieux, on n’entend que le chant des oiseaux … au coeur du Devin, prendre son café et prendre le temps d’écouter …

Vous avais je déjà dit que j’étais Marseillaise ?

Classé dans : Nostalgie | 1

On a beau s’exiler aux Zémirats, on a beau courir les grèves et le monde, quand on est né aux Portes de l’Orient, on est programmé génétiquement pour ressentir l’histoire au fond de ses entrailles, on ne devient pas marseillais, on l’est, c’est un état d’esprit, un fait établi et toutes les « plus belle la vie » du monde n’y changeront rien. « Marseillais un jour, Marseillais toujours ».

Je me suis toujours sentie chez moi, dans le kitch et les roulottes, bercée depuis mon enfance par les Saintes Maries de la mer et le boumian de la crêche…. Je me sens à chaque fois un peu gadjo un peu gitane, je me sens juive et orthodoxe, vaudoise et catholique à la fois et musulmane dans mes gestes, mes passions et mes larmes. C’est la force du bassin méditerranéen, être baignée non par la mer, mais par une histoire et une cuisine orientale, slave et celte quelquefois. On peut aussi bien danser le Flamenco avec des robes à pois rouge, que de se vêtir d’une austère robe noire corse. Tumultes de civilisations,tumultes de cultures, port de commerce depuis l’antiquité, pour moi être née à Marseille, c’est être citoyenne du monde, avoir l’âme vagabonde, en retrouvant dans ma mémoire génétique, les marchands de tapis, les santons napolitains, les Ex Voto à la Bonne Mère et à Sainte Sara, l’odeur des épices, et les ors de kaftans, les pêcheurs sur le vieux port, les cris des vendeurs du marché de la Plaine. C’est magique quelques parts comme un rêve et c’est ce que j’aimerais qu’il transparaisse au travers de mes ouvrages, au travers de mes écrits.

Marseille, ville née d’un amour, l’amour d’une fille pour un beau marin. Marseille, la ville sirène, lorsque l’on part, lorsque l’on arrive, la première chose que l’on voit, c’est Elle, la Bonne Mère, parée d’ors dans la lumière d’un ciel éclatant, et moi la mécréante, c’est Gyptis que je vois attendant son marin, et Elle m’a rappelé à chaque fois que je suis partie, comme une vieille maîtresse que l’on n’aime plus, mais qu’on ne peut se résoudre à quitter. Elle ensorcèle, Elle exaspère, Elle est coléreuse, c’est Marseille.
Quelquefois ma mère, ne retrouve plus sa ville, quand elle « descend » à Marseille, elle revient avec le bourdon, elle a le bourdon, un insecte si gros que c’est presque un cafard. Quand tu passes par La Rose et Frais Vallon, le Merlan, y a de quoi se prendre la bouffaride, la grosse bouffaride, c’est défiguré par les constructions et la misère en prime qui t’assaillent et te rendent malade devant ton impuissance. Moi ça ne me choque pas vraiment, j’ai toujours connu comme ça, ça date des années 60 70, mais pour ma mère, ce n’était que campagnes et propriétés de « gens riches » à l’époque, des vergers et des potagers, où le centre ville allait se ravitailler. Marseille était un village où tout le monde se connaissait, elle est née à Marseille, de parents nés à Marseille, ce sont ses grands parents qui étaient italiens. Son Marseille à elle c’est celui de Pagnol et de Raimu, de César, Fanny et Marius, celui là nous on ne l’a pas connu, et nous ne le connaîtrons jamais. C’est celui de ma grand-mère paternelle, devant Paris Pneus, rue Rabatau, en train de taper la causette avec tous les voisins, ce sont les papés du quartier descendant leur chaises dans la rue et refaisant le monde, les soirs d’été, c’est Mamé me ramenant du Rouet au Stade Vélodrome à pied, c’est la promenade estivale du soir de l’Obélisque à David (le premier homme nu que toutes fillettes marseillaises découvrent). C’était la ballade au Vallon des Auffes, en partant du Prophète jusqu’au Catalans. C’était le cabanon aux Goudes qui s’appelait les Amis, et la barcasse qui elle portait le nom de l’Amitié, avec laquelle mon père, « grand navigateur » partait pêcher la bouillabaisse cuite à l’eau de mer, c’était la pizza de chez Paul, et les consignes de la Limonade Phoenix qui nous permettaient d’acheter de la biberine ou du coco. Ce sont les calambos et les gobis que je pêchais seule à la Maronaise (c’est aujourd’hui le coin de la jet set marseillaise), la plongée sous marine avec mes parents, qui attachaient un lien à ma bouée et plongeaient chacun leur tour, pour ramener poulpes et soupe de roche, le trident fait avec un bâton et une fourchette, c’est l’institution Prado Paradis Roucas, Cluny Sion et Jeanne d’Arc où nous apprenions à parler pointu en latin et en grec avec les Mademoiselles Guichard et où nous ressemblions à une envolée d’oiseaux bleu marine, quand nous courions dans la campagne Pastré pendant les retraites, les cours de karaté au centre social, le patronage avec les « pestacles » de fin d’année, les courses de vélo sur le Prado, et les fiers voiliers insubmersibles du Parc Chanot qui me semblait si grand si grand, les poupées chinoises et polonaises de la Foire, inévitable évènement. La Foire aux santons et les santons à peindre avec mon grand père, chaque année un peu plus, et chaque année un peu mieux peints. Marseille c’est le commissaire N’Guyen cavalant sur les toits des immeubles après un voyou, un flingue à la main, et que nous regardions bouche bée en sortant de l’école. C’était son Marseille ………et un peu le mien. Mais ce n’est pas celui des Marseillais d’aujourd’hui, et ces souvenirs là, même si certains se les approprient pour se rendre intéressants, comme si des souvenirs ça pouvaient rendre intéressants, ils sont à moi.
r

Ce texte est un hommage à mon arrière grand mère Joséphine dit Bepenelle, poissonnière du syndicat des poissonnières à Marseille, avec son panier, sa balance romaine, son jupon de piqué, ses bas violets, elle officiait aux Halles Delacroix, forte en caractère, le péjoratif de « hurler comme un poissonnière » est devenu pour moi une qualité celle d’avoir su s’imposer dans le monde macho et difficile du début du siècle dernier. Femme infatigable et tenace, elle a travaillé jusqu’à son dernier souffle pour subvenir aux besoins de sa famille. Je lui rend hommage comme à toutes les marseillaises qui méritent de l’être.

Ecrit sur un forum en 2009