Billets récents
Jouer sous l’arc en ciel, jeux et comptines
Je jouais
Je jouais à grimper à l’arc-en-ciel
comme à l’échelle
sur le jaune
j’ai cueilli des boutons d’or
sur l’orange
j’ai des clémentines
sur le rouge
des framboises et des cerises
plus haut j’ai respiré la violette
dans le bleu
j’ai coupé une fenêtre de ciel
pour voir l’indigo
et je suis tombé par la fenêtre
sur l’herbe verte.
Luce Guilbaud.
Un dimanche sur le marché de St Mart
Les touristes se précipitent …
les puces des couturières nous accueillent ….
On y croise des People, mais chez nous la pudeur est de mise, j’ai une photo, mais vous ne la verrez pas ….photo d’un amie et du people,
qu’il a gentiment accepté de faire. Pourquoi me direz vous ?
Ben tout simplement parce que quand les gens viennent chez nous, ils ont droit au respect, à la considération et surtout à la paix, comme nous tous. Ca se passe comme ça dans le Luberon.
Je ne sais pas vous, mais j’évite les infos en ce moment, juste pour garder mon libre arbitre.
Bonne semaine.
Après l’orage
6h00
Le ciel prend un couleur étrange, entre le noir et le bleu, la lune a de la peine à se coucher, et se drape d’un étrange voile de brume ….
d’un côté la Sainte Victoire émerge de l’obscurité …
la pluie sera bienvenue …
le Luberon lui aussi prend un air automnal
et je vagabonde sur ma route, à la recherche d’un petit rien, qui me donnera l’espoir d’un monde moins menaçant.
les roses trémières se sont éteintes, ça sent déjà la fin de l’été … Je vais nettoyer ma maison comme si je voulais me débarrasser de toutes les horreurs humaines, de la plus infime bassesse des hommes jusqu’à la pire.
L’escargot qui voulait visiter le monde
Il fait lourd, très lourd de cette chaleur moite des jours d’orage, on attend la pluie comme une bénédiction,
les agriculteurs s’activent dans les champs pour éviter un désastre, le tonnerre gronde au loin.
On attend dans la pénombre des maisons, je n’ai pas envie d’éclairer la lumière à 8h00 du matin.
Les escargots se promène le long du mini bassin … celui ci rêve d’aventure.
Couronné d’une fleur de chicorée, il explore ….

Au risque de se noyer, le monde est vaste pour un escargot …
les limaçons sont moins téméraires, ils attendent le moment opportun.
Ils attendent la pluie, comme moi, comme la terre ….
Peut être vais je créer aujourd’hui, je ne sais pas, je lis les témoignages de l’attentat du 14 juillet qui passent dans mon reader, j’ai lu le combat d’un dame qui pour sauver son enfant, s’est précipitée sous le camion avec elle en protégeant sa fille avec son doudou dans Nice Matin, et chaque fois que je lis un témoignage, ce témoignage … un énorme colère me vient, un doudou contre le terrorisme, un doudou en rempart de la folie des hommes. Je suis en colère contre ceux qui continuent à faire comme si rien n’était. Ceux qui s’insurgent pour leur petite personne, ceux qui jouent les outragés. Ca me choque et je le dis.
Pas vraiment envie d’aller ailleurs ….
Quand je vais au cinéma, ou quand j’ai rendez vous chez le médecin, je m’y rends.
Je suis casanière, je sais, je me suis créé un monde bien à moi, peut être pour avoir trop bougé avant, ou parce que j’ai vu l’humanité telle qu’elle était dans son atroce vérité.
Dans le méandre des égos, où j’ai failli me perdre quelquefois, j’ai retrouvé mon chemin, et il me mène ici.
Chez moi ça ressemble aux vacances toute l’année …. quand je viens y traîner mes guêtres parce que j’ai quelque chose à y faire, je ne me lasse pas d’y repérer les petits coins qui me font rêver …
un chat s’endort au creux d’une porte, des légumes vous appellent à les arroser, une terrasse vous invite à la méditation, un fontaine y sèche les chagrins futiles, on y plonge nos mains pour en retirer la poussière de la vie.
On est loin du monde réel quand on est ici, toute semble s’être figé sous le chant des cigales et le soleil de midi. On est loin de la compétition et de la performance, on s’en moque un peu d’ailleurs quand ce n’est pas totalement.
Des touristes déjeunent sous les platanes près du bassin, on les regarde, on les écoute, ils semblent si loin de nos préoccupations quotidiennes, deux cultures qui cohabitent sans vraiment se comprendre.
Et je savoure chaque seconde, chaque instant de liberté parce que quoiqu’il arrive je sais que c’est ici, que je retrouve les valeurs qui m’ont été inculquées, des valeurs que je ne pourrais jamais renier.
« Le comble de l’honnêteté consiste à dire la vérité, même quand on sait ce qu’il nous en coûtera » à dit Dave Wiembaum et c’est si bien ainsi, savoir le prix que ça m’a coûté, car c’est sous cette lumière
que me sont revenus à la mémoire, ces mots qui ont bercé mon enfance, tant de fois martelés par le rire de mon père.
Mon ambition s’arrête où commence mon idéal.
Les habitudes
On raconte que si on plonge une grenouille dans une casserole d’eau bouillante, elle saute, s’échappe et survit ….
en revanche si on la plonge dans une casserole d’eau froide
et que l’on pose la casserole sur le feu,
la grenouille tout doucement s’adaptera à la chaleur,
ne cherchant pas à fuir et finira cuite sans bouger …. et on peut ainsi faire cuire de nombreuses grenouilles.
A méditer ….. si nous ne sommes pas déjà al dente ….
cuisson al dente : Expression italienne utilisée pour désigner le degré de cuisson des pâtes ou des légumes verts, qui restent croquants sous la dent
Les grenouilles ont grandi dans le Papyrus…..
Dérisoire et pourtant ….
Il s’incruste pour devenir un chat d’atelier …. me montrant le chemin du travail … brodeuse n’est pas mon métier, il est juste ma bulle de rêve, et je n’ai pas envie de rêver.
Je ne suis ni commerçante, ni une vendeuse de rêve, je les partage avec vous, seulement quand j’en ai envie.
Puis il s’échappe au jardin pour une petite ballade ….
J’ai crée un jet d’eau dans mon mini bassin, les grenouilles grossissent et ont doublé de volume, elles ne sortent que le soir … j’ai lu ce matin dans la presse,
que le droit à l’eau potable allait devenir un droit de l’homme, il était temps peut être …. 15 ans pour un droit fondamental.
L’herbe est brulée par la chaleur, la lumière est incroyable, comme si le soleil avait changé …. comme s’il voulait nous écraser.
Et le bruit de l’eau s’immisce dans ma tête …. le bruit de la vie ….
Les rosiers peinent de plus en plus à fleurir, asséchés de lumière.
Le ciel a la couleur de la Provence, il n’ose même pas le deuil …. il ne sait plus quoi faire.
les objets rouillées et récupérés attendent mon coup de peinture ….
Le félin court dans la savane … la terre est presque calcinée.
Et, je pense à cette enfant sous sa couverture morte de la folie des hommes, son doudou à la main, et je me dis que le jour où cette photo a fait le tour du monde, le jour où hébété de douleur personne n’a pu en détourner les yeux,
Cette photo qui dérange, cette photo si douloureuse, comment le photographe a-t-il fait la photo ? Elle me fera toujours moins mal que l’indifférence et la stupidité des marchands du temple qui continue leur commerce au coeur d’un deuil national.
Je crois avoir la réponse, au travers de l’objectif, nos sentiments disparaissent, on déshumanise l’instant et c’est notre oeil qui prend la place, cet oeil qui veut témoigner, qui veut montrer …. et qui veut surtout que personne n’oublie.
Je n’oublie jamais rien.





































































































































