Fantine, Cosette et Gavroche …

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En ce week end électoral …

« Lorsqu’il s’agit de sonder une plaie, un gouffre ou une société, depuis quand est-ce un tort de descendre trop avant, d’aller au fond ? Nous avions toujours pensé que c’était quelquefois un acte de courage, et tout au moins une action simple et utile, digne de l’attention sympathique que mérite le devoir accepté et accompli. Ne pas tout explorer, ne pas tout étudier, s’arrêter en chemin, pourquoi ? » Victor Hugo

 

Ivoire et Indigo

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Sur mon marché, je suis aux anges, les couleurs que j’affectionne le beige et bleu, les couleurs poudrées vont bon train,  je me trouve très tendance ces temps ci, et puis il y a les indigos d’Henriette que j’aime tant, ce bleu profond et majesteux dont elle couvre ses paniers.  J’ai vagabondé le temps que la faim m’assaille, pour ma pause déjeuner, j’ai repéré les poules et les bébés canards pour le futur poulailler. J’ai regardé les verveines en fleurs, et je me suis doucement glissé dans des rêves aux couleurs Laura Ashley. Je n’ai rien acheté .. juste le plaisir de voler des photos. Et une jeune fille a bien voulu poser pour nous, pour Henriette et moi pour un tuto de pause de turban à la mode africaine. C’est beau le vendredi le jour de marché et malgré ce monde tourmenté, ce monde fou et cauchemardesque, j’ai réussi à trouver un peu de paix.

 

 

 

Tuto pour la pause des turbans d’Henriette.

On pose le turban, le morceau en tissu sur la tête.

On pince de chaque côté

On fait un 8 en croisant le turban.

Et on passe le cercle ainsi formé au dessus de la tête

Et on arrange tout ça pour être très belle, et voilà …..

 

 

 

Pour toi ma soeur

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Bien peu de gens le savent, mais les petits riens sont rédigés d’abord pour toi … ce matin, je me suis levée, la boule à z, une de mes fantaisies capillaires d’hier, je pense qu’inconsciemment c’est un peu par solidarité avec toi, qui essaye depuis plus de 6 ans à lancer la mode bonze au sein de la Bretagne profonde, tu es le seul médecin, à pouvoir dire à tes patients, mais non voyons, regardez comment on peut être sexy le crane rasé.

(Il me reste du tissu orange si tu veux, et un bol tibétain, du temps de la période bouddhiste de ta mère … Ooom )

J’ai regardé le ciel, il fait beau. Je me demande quel temps pourrave tu dois avoir dans ton lit d’hôpital rennais. Ma dyscalculie refaisant surface, je ne suis pas arrivée à compter les années. La reine mère,  a fait un couscous pour ce jour particulier, tu sais ou tu ne te souviens pas que le couscous est une histoire de famille, nous ne sommes ni rapatriés, ni d’origine arabe, mais le couscous c’est sacré, à cause des vacances peut être dans l’hôtel restaurant de notre grand tante qui faisait le couscous le meilleur du monde, d’ailleurs je ne sais pas si tu t’en souviens, c’était pour mes 7 ans, je me souviens du gâteau. C’est en te courant après qu’un jour comme Obelix, je suis tombée dans la marmite, non pas de potion magique , non pas la marga, juste dans la graine … dans ces gigantesques marmites plus grandes que nous.

Pourquoi te dis je tout ça ? Oui parce que je voulais partager le jardin et cette journée avec toi. Les lilas sont toujours en fleurs, et l’arbre de Judée se pare de mauve, j’y placerai mon masque maori, on te prépare un poulailler dans la cabane, comme ça tu auras des oeufs frais chaque jour. Il parait que tu arrives bientôt.  Ton bout de chez toi se dessine dans le bleu du Mistral et l’olivier tangue devant. Le cyprès est toujours immense, on a découvert la piscine, il y a du boulot, quelques rainettes ont niché dedans durant l’hiver. Une des dernières lubies de ta mère, un fontaine genre petit Trianon, et puis un bourdon qui m’a fait rire se bourrant la gueule dans le marronnier. Au fait, les fleurs d’acacia sont presque ouvertes, juste à temps pour te faire des beignets.

J’ai servi deux verres de mojito j’en avais envie, il y en a un pour toi.. donc on t’attend tout simplement.

Et sus à la salope, on l’aura, non mais, on ne va pas s’embêter avec les petites mauvaises odeurs.

T’embrasse.

La Frangine, la vieille ….

PS / les kleenex sont à ta droite dans le tiroir de la table de nuit.

 

 

 

Je suis un pur produit des années 70

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Il faut le dire, j’ai eu la chance de naître avec un 6 dans ma date de naissance, et j’ai donc vu les années 70 et leurs délires de liberté prendre la place à l’austérité de « pleasant ville » et c’est un bonheur de retrouver, les kitcheries enfantines de mon enfance, et Pâques en est le plus joli exemple.

J’ai préparé les déco de la table avec mes kitcheries préférées.

Et je n’ai pas tout à fait 8 ans, et je cours dans le jardin à la recherche des oeufs, les cloches sont revenues de Rome, et c’est magique. Les dessins qui peuplent ma vie sont ceux des albums roses d’Hachette, ou des aventures de Zouzou, Kiki et Toutou, en anglais Zouzou s’appelait Zaza … terrible de découvrir ça 40 ans après ;-), Saturnin était mon idole … c’était hier. L’âge d’or de la littérature enfantine, j’aime la fraicheur, les illustrations, la douceur des histoires de ces années là, peut être parce que c’est tout simplement mon enfance.

Joyeuses Pâques à tous

et puis j’allais oublier, ma fascination pour les kilts vient peut être de Peter Rabbit qui sait …

 

Shooting improvisé …ou la Madone qui rigole.

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Hier soir elle s’était tressée les cheveux, ce matin, elle ressemblait à une madone raphaélique ou à un pirate des Caraïbes, on ne sait plus très bien. J’étais en train de repasser une chemise ancienne et le délire a démarré.  Elle a pris son petit déjeuner dans le jardin, en ronchonnant que je la laisse se reveiller, et  plus de fou-rires que de bonnes photos, mais c’est bon de s’amuser, demain j’essaye de coincer sa soeur, mais c’est une autre histoire ….

 

De White Vision à Le Maquisard

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Non il n’est pas tombé du nid, mais le personnel prévu pour le nettoiement des fenêtres a été obligée de déplacer le nid.  Il était derrière le volet. Je l’ai gardé le temps du déménagement, la mère surveillant de loin sa progéniture. Elle est revenue, le maternant. Sauf l’autre qui râle que sa fenêtre est pleine de fiente de pigeons.

Moi je les remercie les pigeons, héros des guerres mondiales, « White Vision » et « Le Maquisard », des noms de pigeons restés dans l’histoire,  transporteurs de documents qui ont sauvé des vies. Alors j’espère que ce soir, elle attendra que la mère soit là pour fermer les volets … sinon mon bébé pigeon sera frigorifié demain matin. J’en suis assez inquiète.

Inch Allah ….. je regarde les oiseaux, les mammifères et en survolant mon fil d’actualité je me dis que les animaux sont bien plus humains que les hommes.

PS / tiens je vais me regarder Pigeon Vaillant.

 

Vous avais-je dit que mon grand père était jardinier ?

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Toi lecteur, tu dois te dire, elle nous gonfle avec les fleurs de son jardin, de sa campagne, on a les même chez nous. Que nenni mon ami, ce lilas là est spécial, ce lilas là c’est … mon enfance, parce que ce lilas c’est mon grand père qui l’a planté. Tu vois tu ne peux pas dire la même chose, et je vois mon papé partir à son potager, de sa silhouette si pesante. Il porte des pantalons en bleu de chauffe, bleu de chine, délavés par le temps, je sais que sous le tissu, un énorme cicatrice   se propage le long de sa jambe, un accident de moto, il me raconte, les vis, les écrous et les plaques de fer, il porte de grosses chaussures de sécurité, il a un belle chemise écossaise dans des tons de gris et bleu, son tricot de peau blanc, il porte un grand tablier d’indigo, où il glisse ses graines et ses sécateurs, il a un grand panier d’osier au bout du bras, et sur ses cheveux mousseux et blancs, un grand chapeau de paille, il arrive de chez lui sur son solex … et me raconte des blagues qui me font sourire presque 40 après, des blagues pour enfants « le comble du jardinier, c’est de se mettre tout nu devant ses tomates pour les faire rougir », les blagues de l’almanach Vermot et j’aime ça, je tuteure les tournesols parce qu’un de mes cousins tout petit et balbutiant a voulu faire un bouquet à sa mère, alors on redresse leur tête à expliquant à bébé Michel, que les tournesols ont mal quand on les coupe, deux morceaux de cannes et un bout de tissu plus tard, le tournesol est soigné avec une attelle digne des plus grands chirurgiens urgentistes. Je cueille des haricots et la rangée me semble faire des kilomètres en retournant sur les lieux, je m’aperçois qu’elle n’était pas plus grande de quelques pas,  je regarde émerveillée les fleurs de courgettes si fragiles, qui deviendront des courgettes géantes. Et Pépé Jean, me raconte des histoires de fleurs, de plantes et de graines et de l’importance de la lune sur le jardin, un Rustica posé sur son fauteuil de camping, là où il s’assoit  et le feuillette quand le petit chemin qu’il a biné le long des rangées de plantations, se remplit d’eau, l’arrosage c’est le mardi, le mardi et ce droit inaliénable qu’on nous a aliéné, pour toujours nous faire payer plus, et j’ai gardé la plaque de fer qui permettait de détourner le ruisseau. On n’entend plus le ruisseau murmurer le long de la route, il est emprisonné dans de grands tuyaux. Et puis j’écoute à nouveau Papé ronchonner après les chats qui prennent le jardin pour leur litière préférée, je le vois regarder les fleurs violettes des artichauts, il les laisse monter parce que c’est beau.  Et mon grand père repart sur son solex, son panier attaché par quelque sandows pardon des standauves comme il dit, débordant de légumes et d’un bouquet de lilas qu’il a ramassé pour ma grand mère.

Voilà, vous voyez bien que mon lilas, n’est pas commun du tout, c’est mon lilas celui de mon jardin. Pas tout le monde n’a eu la chance d’avoir un grand père jardinier, plombier et brodeur, on ne nait pas tous égaux devant les souvenirs d’enfance, et c’est peut être pour cela que l’on devient une « Kratrice Rurale ».

Belle journée à vous.