Le troquet

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C’est tôt, c’est l’heure du premier café avant d’aller travailler, en ce moment j’ai presque 3/4 d’heure d’avance, je laisse ma fille au collège et je file sur la grande ville, ainsi je prends le temps de m’attarder au café. Il pleut, l’odeur du bitume mouillé me ramène plus de 20 ans en arrière. Rue Saint Do, Paris, le café en face mon bureau, la halte des grands messieurs de l’Assemblée Nationale, ça chuchote au comptoir dans des costumes qui valent 10 mois de mon salaire, le pli des pantalons tombent sur leurs Church en un drapé parfait de Prince de Galles ou de Flanelle, les cravates parfaitement ajustées,  les chemises Oxford, ça sent l’eau de parfum de luxe et le tabac blond,  les journaux ne sont pas la Provence, mais le Parisien,  le Monde, le Figaro, Libé ou le Canard. D’être dans ce café si tôt me ramène des années en arrière, ici aussi c’est feutré, encore plus qu’à Paris, c’est doux et calme, le chaussures ne sont pas des Church à 800 euros la paire, 800 euros ici c’est un salaire mensuel ou même moins quelquefois. Quelqu’un demande à baisser le son de BFM, encore ensommeillé, il lit le journal et se navre des inondations de l’Aude. On termine un peu nos nuits sur les canapés et fauteuils club en buvant nos cafés. Le patron est gentil et souriant comme d’habitude, je croise un monsieur que j’accompagne, il me fait un grand geste  pour me saluer et je suis heureuse. Je me demande pourquoi une de mes vies antérieures a refait surface ainsi, je ne sais  vraiment pas pourquoi, le temps, la pénombre, l’odeur du café, la ville qui s’éveille  … une heure après … un nouveau gouvernement est annoncé, ça doit piailler bien fort dans le café de l’Assemblée …

Le Château des Aigles

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Au détour d’un rond point, on tombe sur cette étrange construction, qui n’est ni vieille, ni jeune, juste un délire du propriétaire qui parait-il construit envers et contre tous, des extensions quand il en a envie. Après y être passée trois fois devant, je m’y suis arrêtée, je ne pouvais m’en empêcher. J’ai demandé aux passants : De quand date cette maison ? On m’a répondu : Ce n’est pas si vieux. Qui l’a construit ? Le mari de la propriétaire … j’ai même en cherchant sur internet trouvé des appartements à louer. Je suis tombée en amour pour cette maison totalement atypique, improbable en cet endroit, et certainement intemporelle, imaginée par un Facteur Cheval de notre temps. Pour moi c’est de l’art, même si certain on tendance à mépriser les Aigles qui toisent les passants. Comment pourrait-on ne pas être ému, par cette construction hors norme qui doit faire se hérisser d’angoisse n’importe quel architecte conseil. J’y vois, le travail d’une vie effectué par un bâtisseur hors du commun, un rêveur, un maçon un peu fou,  un homme libre, un homme qui plantait des orangers.

Il y a des gens qui au milieu de la tourmente poursuivent leurs rêves.

 

Vent d’Est

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Marin un jour, marin pour toujours, il suffit de peu pour que mon âme redevienne bleue, ou grise ou verte selon les humeurs des flots. J’ai glané sur la plage des trésors infimes,  mon esprit s’envole, mes rêves s’entrechoquent, je rêve d’histoires d’amours, de capitaine aux longs cours, de départs, de retours, d’îles lointaines ou si proches, du goût du sel sur mes lèvres, je rêve en marchant dans la tempête, une téméraire se baigne, des enfants courent ou se balancent en regardant l’horizon, j’évite les vagues et respire les embruns, j’y suis heureuse. Dans mes jeux imaginaires,  je tresse des colliers de posidonie, je crée des parures de coquillages pour des reines aux pieds nus, je tricote des pelotes d’algues,  j’invente le destin funeste des bois flottés, usés et taraudés par les  remous. Fait il froid ? Je ne sais pas, le vent d’Est souffle en un tourbillon incessant, le début d’un cyclone ou la queue d’une tornade, on ne sait plus très bien, d’énormes esquifs mouillent au large, il ne prendront pas la mer, pour l’Orient, pour là bas où le pétrole coule à flot, pour le pays des mille songes. Mille étoiles brillent dans le sable, perles de quartz et de micas, oraison funèbre pour les poissons et coquilles mourants,  J’entre dans le café qui domine la grève, le maître des vents nous y accueille, il souffle doucement sur ces doigts, on s’y restaure, on s’y réchauffe, mais je m’enfuis laissant à table les frileux, je retourne à la grève, irrépréhensible besoin d’y courir, je suis la coureuse des grèves, je suis libre, je suis la glaneuse de rivages, je cultive les algues, je prends soin des poissons, j’affronte la houle, car  je suis avant d’être un marin, jardinière de la mer. Amiral, la mer me manque, mais vous le saviez déjà.

Et puis ce bruit des vagues qui couvrent tous les bruits sans que nous en soyons conscients, il éteint tous les sons, comme il peut effacer tous chagrins d’une vie.

L’entendez vous.

 

J’aime la musique des vagues,  la partition du vent, qui jouant dans les filins des bateaux compose une symphonie irréelle, j’aime le chant des mats.

 

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Vent d’Est

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Rouge comme le soleil couchant

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A Sainte Marie les Mines, j’ai eu envie de rouge, en visitant l’exposition de Rhinetex, envie de rouge et blanc, comme avant. Pas si facile à travailler, quand on passe sa vie dans le beige et le nacré, mais bon, je ne désespère pas qu’un jour, je ferai un magnifique patch classique, rouge et blanc, même si j’ai une tonne de blocs en Redwork à monter, et vous quels sont vos blocs traditionnels préférés ?

 

Rouge
Comme un soleil couchant
De Méditerranée,
Rouge
Comme le vin de Bordeaux
Dans ma tête étoilée,
Rouge
Comme le sang de Rimbaud
Coulant sur un cahier,
Rouge
Comme la mer qui recouvre
Le désert de Judée.

 

C’est la rentrée aussi pour l’atelier

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Un tout mini stand pour représenter l’atelier de Saint Martin de la Brasque, quelques heures à échanger avec les gens, dimanche prochain j’y retourne.

Reprise de l’atelier le jeudi 20 septembre 2018 à 14h00, vous y serez ?

 

Bonne rentrée à tous les élèves et  tous les professeurs, surtout à ceux de ma famille.

Une ville à la campagne

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Regarder en allant déjeuner, les magasins, et s’attarder sur le jardin de la crèche …  la campagne dans la ville, s’attarder parce que c’est joli, tout simplement, les tomates qui enlacent les grilles, et les tournesols qui essayent de s’évader.

Jusqu’au 2 septembre 2018, exposition « mémoire provençale » à Grambois

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C’est dans l’ancienne forge de Monsieur Chanus, ce lieu exceptionnel empreint de tant d’histoire, que se réunit l’atelier d’art gramboisien.  Sa fille Nicole Borras qui accueille les membres de l’atelier, a eu la merveilleuse idée de présenter sa collection personnelle et familiale de vêtements anciens, un vrai ravissement,  on apprend qu’un jupon transmis de génération en génération a servi pour quelques mariages, on écoute amusé l’histoire de la naissance de jumeaux, pour lesquels il a fallut dupliquer la traditionnelle robe de baptême,  on chemine dans la vie,  des noces, à la lune de miel, on s’attarde pour une soirée au théatre et à l’opéra, on s’extasie devant le trousseau des nistons emmaillotés, on apprends qu’un jupon piqué fut transformé durant la 2ème guerre mondiale en robe de chambre, la conservation du patrimoine n’ayant aucun poids contre le froid et la pénurie, on découvre les imprimés des jupons de travail, et les indiennes des châles de cachemire.

C’est dans ce jardin extraordinaire que l’on touche doucement les points de piqure d’un jupon ou les broderies fines d’une brassière ou d’une robe d’enfant.

 

je vous laisse découvrir cette exposition, mot dont les lettres de fer découpées se jouent de la lumière pour s’étirer sur une ombrelle d’une belle dame d’antan,  clin d’oeil certain de l’ancien maître des lieux, le maître de la Forge. Dans la mi ombre, les couleurs explosent pour se retrouver, étonnées et heureuse sur la palette des artistes peintres … demain j’y retournais peut être et vous ?

 

C’est à Grambois et c’est jusqu’au 2 septembre tous les après midi, vous y rencontrerez les adhérentes s’adonner à leurs passions, peintures, aquarelles, dentelles à l’ombre du grand tilleul. Vous y découvrirez de douces faïences et de stupéfiantes sculptures, dans le calme apaisant de la Forge.

 

En savoir un peu plus ICI

 

Lundi joli

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Ce n’est plus vraiment les vacances, mais c’est encore l’été, ils s’en vont tous les uns après les autres, laissant nos routes, nos villages, nos lacs libérés, le bleu et la lumière se jouent de notre regard… dans le jardin toujours asséché, les hibiscus des marais essayent de survivre, les limaçons font des pyramides, et les rosiers s’imaginent encore au printemps, je regarde la vue de ma cabane, je commence à bien aimer, surtout lorsque ma machine à coudre se prend pour une jardinière.. Et le chantier qui petit petit prend forme, mon mari construit mon domaine.