Deux semaines de petits riens

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Je sais, je n’ai pas été bien fidèle pour les petits riens, le temps me manque, le temps et la motivation. Le monde tourmenté dans lequel nous vivons ne me donne pas envie de voir la beauté des choses, le couvre feu sur Marseille où je travaille la semaine dernière et sur le Vaucluse où je vis depuis cette nuit, qui présage de bien plus encore, Monsieur Samuel Paty, vendredi dernier, je n’arrive pas à absorber l’horreur de la chose. Et puis mon nouveau travail, qui me prend bien plus d’énergie physique que je ne l’avais pensé, on n’a plus vingt ans ma brave dame, mais c’est pour la bonne cause et je ne suis pas si ramollie du cerveau que ça ;-)

Sinon les animaux se portent à merveille, les canes grandissent et s’embellissent, les poules sont égales à elles même, les chevaux paissent tranquilllement,  une petite nouvelle a fait son entrée dans la tribu, un bébé border collie, impossible à prendre correctement en photo tellement, elle est vive. Les autres l’ont acceptée, à part certains chats qui triplent de volume dès qu’ils la croisent, ils s’habitueront et c’est l’essentiel. Le jardin a fière allure en automne, les fleurs jouent les prolongations. Aujourd’hui le temps est gris, un peu triste, les poules du voisin se sont échappées. Les couleurs de la saison prennent le dessus.

J’ai trouvé une superbe enfilade de style Louis XV rocaille, début 1900 ou fin 1800, elle est tellement longue qu’elle va devenir un plan de travail pour ma future cuisine. Peinte ou pas, recouverte de marbre ou de zinc, je ne sais encore, mais c’est si bon d’avoir des projets. Pour l’instant elle me sert à supporter les plantes vertes que j’ai rentré pour l’hiver.

Que vous raconter de plus ? Qu’il y aura un petit rien demain c’est sûr et que je réfléchis à un nouvel ouvrage à broder, peut être vous montrerai-je plus tard l’avancée de mes réflexions.

Je vous souhaite à tous une bien belle fin de dimanche, et j’espère être plus prolixe dorénavant dans mes publications.


Retour des puces des couturières

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C’est tellement rare en ces temps troublés, qu’il fallait noter qu’Irène de la Bastide des Jourdans a réussi à organiser des puces des couturières.

Alors je suis allée la voir masque sur le nez et mains hydro-alcoolisées, un petit bonheur, après avoir rêvé quelques heures sur l’ancienne mercerie marseillaise.

Irène m’a offert de minuscules baies de perles et brodées, je sais que quelques poupées anciennes seront heureuses de les accrocher à leurs chapeaux. On a plaisanté, j’ai promis de ne rien acheter, elle m’a confirmé que je pourrais remplir la salle à moi toute seule. Donc j’ai résisté.

 Parmi les visiteuses, une réfractaire au masque qui s’est faite gentiment rappeler à l’ordre, on dirait que les gens ne se rendent pas compte.

Ca fait du bien de voir des gens que l’on n’a pas vu depuis le mois de mars.

 

Il y avait dans le temps, à Marseille : La mercerie de Bois Luzy

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Il y a dans des quartiers calmes de Marseille, des maisons qui dorment, jusqu’au jour où un promoteur les achètera pour faire des immeubles. Celle ci fait partie de mes préférés, dès que je me gare auprès d’elle, je n’ai qu’une envie, celle de la photographier.

Hier soir c’était le cas. Et au travers de mon téléphone ou de mon appareil photo, elle ressuscite comme par magie,  j’imagine les dames aller et venir entre la mercerie et l’épicerie, je les imagine s’attarder dans le jardin, je regarde la magnifique terrasse qui sommeille dans le couchant, assaillie par la végétation. Je vois le petit portail qui n’existe plus. Et je rêve. Les crocus d’automne percent doucement dans le jardin desespéré et mes rêves vagabondent.


Elle était jaune dans les années 50.

Les petits riens me manquent, pas vous ?

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Ca me manque, mon jardin, me manque, la première chose que je fais quand j’arrive, je file dans le jardin. Les fleurs persistent à fleurir dans le soleil couchant. C’est l’heure où les grands fauves vont boire, les juments attendent pour rentrer, elles sont des tas de boue, la pluie de la semaine ne les a pas épargnées et elles adorent se rouler dans la boue. Les canes ont grandi et grossi, elles rentrent seules c’est trop amusant de les voir faire, les poules continuent leurs occupations jusqu’au couchant. J’ai un plumeau sur mon herbe de la pampa, je suis trop fière. Et puis les légumes s’étiolent, les tomates ne rougissent plus, et les potimarrons seront bien peu cette année, on n’en aura pas plus que ces trois minuscules. En revanche les artichauts prennent leur aise, enfin. Je ne sais pas quand nous ramasserons les olives. Mon candélabre monégasque se la pète sur la table basse. J’aime le soir au couchant.

Etrange week end

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Etrange week end, que ce week end d’octobre, j’ai repris le travail, j’ai fait un retour vers le futur pour me retrouver dans un élément où j’ai toujours baigné, c’est étrange et rassurant à la fois. Déjà en week end, l’avantage de commencer un jeudi, les animaux m’ont manqué, mon jardin m’a manqué tout au long de mes deux journées, heureuse de les retrouver. Le temps était maussade mais pas au point d’imaginer le cauchemar subi par les habitants de la vallée de Tinée et celles de la Vésubie, je me disais souvent que j’aimerai y vivre juste pour dormir dans les montagnes, dans le Mercantour,  auprès des loups, une de mes lubies.

La tempête a tout emporté, les vivants et les morts, imaginer juste ces deux personnes âgées appeler à l’aide dans leur maison, juste avant qu’elles ne disparaissent sous les eaux est insupportable. Imaginer les cimetières n’être plus qu’un tas de boue, non pour les morts mais pour les problèmes sanitaires que ça engendre.  Penser également à certains touristes (entendu lors d’un reportage) qui disent que la Provence n’est qu’inondation, et qui dédaigneusement assurent ne pouvoir y vivre, alors qu’ils en crèvent d’envie,  j’ai envie de leur répondre, surtout ne vous gênez pas, restez bien à Paris, il y a un rivière qui y coule au milieu, et  personne n’est à l’abri, vraiment personne.

J’ai mal à ma Provence, j’ai mal à mon être tout entier.

A la maison, tout est calme, comme si rien n’était, Gersende et Adélaïde continue à pondre et à vivre leur vie de poules libres. Elles accourent à leur nom. Hortense la cane a repris du poil de la bête (des plumes du volatile)  nous avons eu six beaux oeufs cette semaine, le temps va être à la pâtisserie. Petite Eugénie grandit à vue d’oeil. Les chats cherchent des petits coins de soleil.

L’épicière nous prépare chaque vendredi un panier de légume, les champignons ont fini farcis et c’est très bon. J’ai trouvé un joli coffret, il s’est installé dans l’atelier. J’essayerai de tenir la cadence de deux ou trois petits riens par semaine, ne m’en voulez pas trop.

Peu à peu le jardin revêt ses atours d’automne. Les chats commencent à rentrer le soir. Les chiens s’installent devant la cheminée. On  a commencé à rentrer les plantes vertes. Demain sera un autre jour, la nature et les hommes vont panser leurs plaies.

 




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Couleurs des marchés de Provence

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Du bonheur ce matin, dans le soleil réapparu, juste après mon rendez vous hebdomadaire chez le dentiste (je sais mon dentiste m’aime, et on ne se quitte plus, le chantier risque de durer encore quelques mois ;-). Les couleurs de l’automne ont envahi la place du château et j’adore ça. Comment résister, il n’y a que du bon et du beau.  On flâne d’un étal à l’autre, masque sur le nez, distanciation sans heurt. S’enivrer des odeurs des épices, des huiles et du miel. Croiser le curé de notre paroisse, papoter avec lui, croiser un des adjoints au maire, papoter avec lui, croiser sa copine et des personnes que l’on connait depuis toujours papoter avec elles. Acheter des fleurs pour le cimetière, c’est l’anniversaire de ma soeur, lui porter des bouquets, elle qui ne manquait jamais une occasion de m’en offrir.  S’arrêter devant le cimetière et voir son cousin en visite, être si heureuse de le voir, depuis si longtemps, des mois, des années, échanger sur nos vies, rires de tout et de rien, sourire de  ces petits bonheurs qui font que nous sommes bien de la même famille. Et sourire encore, Hortense a fait son premier oeuf, trop fière d’elle, elle va mieux, elle va beaucoup mieux. Et puis Eugénie, jamais sans ma copine.


J’ai raté mes photos

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Il fait un temps affreux, pas de lumière, et j’ai raté mes photos, mais j’avais envie de garder en mémoire, l’envol des canards et les pirouettes des hirondelles surprises par le froid. Les photos sont flous, je n’avais pas le bon objectif, mais je suis heureuse de les avoir vu. Le ciel a l’air de se dégager.

L’étang est calme plus personne, quelques promeneurs. Le Luberon est chapeauté de nuages. J’avais besoin de m’y arrêter ce matin. Juste pour garder en moi, ces doux moments de liberté.

Bon début de semaine à tous.

Dimanche trop froid

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Le Mistral souffle, souffle, il souffle sur les neiges du Nord et nous ramène le froid, les nuages sur nos têtes, filent à toute vitesse. On  a perdu 20°C en deux jours. Bien sûr j’ai allumé un feu comme tout le monde, mais c’est anormal à cette période de l’année. Récupérer le chat chez le véto, Monsieur se bat pour préserver son territoire,  visite rapide dans le seul vide grenier de la saison, et je n’ai rien ramené, juré, promis, craché … j’ai même des témoins. Une petite cane du nom d’Eugénie est venue combler le grand vide de la perte d’Agathe. Et puis le jardin, les derniers légumes moches mais il en reste un tout petit peu. Les oiseaux du ciel à nourrir, ils commençaient à vivre dangereusement avec les chats, à venir manger dans les plats des poules, j’ai changé leur distributeur de graines. Et puis le gâteau aux pommes de Mamy et une nouveauté familiale le gratin de radis. Pas trop le temps pour la création, juste un week-end normal comme tous les week-ends en famille. Euhhh … le repassage m’attend et je file rentrer mes plantes vertes.