Samedi matin

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Dans la semaine, j’avais fait une promesse que je n’ai pu tenir (en fait j’ai oublié) pour me faire pardonner, j’ai promis que je ferai des pancakes au petit déj et que je regarderai Fairy Tail avec elle (pour préparer la Japan Expo ça va de soi) , il y en a une qui n’a pas oublié …. alors … ben pancakes , manga et mon café en ce jour de 11 novembre.

 

Et de la lumière à l’ombre

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Sublime moment qui se reflète dans les pare-brises et qui prépare en l’entrée dans la nuit.

 

de l’ombre à la lumière …

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Le matin, le monde est sombre et même quelquefois un peu inquiétant et lorsque la journée avance doucement, la lumière se fait différente

Les routes sont comme la vie, peuplées à tout moment d’ombre et de lumière. Malgré le fait que je sois légérement (totalement) surbookée en ce moment, j’essaye encore de regarder les petits riens chaque jour. Bonne journée à tous.

Secret d’Arlésienne

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J’ai dix ans, elle arrive dans son globe de plastique, mon père voyage toute la semaine, il a un métier sérieux, il est inspecteur, il inspecte les gens et ça m’impressionne autant que l’inspecteur de l’école, elle est belle, elle est toute habillée de blanc, elle est une mariée de Provence, mon père ce provençal pur huile d’olive me la ramène pour mon anniversaire (ma fille dès que tu ne vois plus d’oliviers, tu entres dans le pays des sauvages),  il devait avoir fait une escale sur Arles et Nîmes, son royaume.

Elle avait sur elle, presque 45 ans de crasse, je lui devais bien une grande toilette, car elle a fait bien plus que ça dans ma vie … elle m’a faite m’intéresser aux costumes de notre Provence, aux coutumes et aux us dans lesquels j’ai été bercée toute ma vie.

Alors, je vous en prie,  ne méprisez jamais le pouvoir des poupées folkloriques sur les petites filles … elles sont de 4 sous peut être, elles ne sont que folklore, mais elles sont magiques.

Les vêtements ont trempouillés deux ou trois jours, avec changement d’eau très souvent, toutes sortes de lessives et de détachants. Séchage au Mistral, et repassage.

La voici toute resplendissante avec la coiffe encore un peu sale, je n’ai pas osé la défaire. Je sais bien que les puristes, crieront au crime de lèse majesté, son costume n’est pas parfait, mais qu’importe, elle est celle qui a engendré des années de bonheur.

et comme une passion n’est jamais solitaire, je lui ai trouvée une amie, moins jeune qu’elle. Je suis sûre qu’elles se racontent des secrets d’Arlésiennes, je vais essayer de les entendre chuchoter.

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Journée France Patchwork de Besse sur Issoles (oui le pays de Gaspard !)

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Voir des merveilles … 

Boire le verre de l’amitié ensemble … Nos hôtesses …

Le petit ouvrage du jour … à faire pour moi plus tard.

apprendre les pliages avec pour modèle le joli sac de Josseline …

Etre très studieuse et retrouver des amies.

Baguenauder entre les tables.

Se dire qu’il va falloir qu’on achète le livre d’un petit bout de fil, et aller sur son blog pour créer sa travailleuse ICI Retrouver une amie du temps d’avant … et ne pas travailler tant que ça finalement … j’en veux encore des journées de l’amitié de France Patchwork.

 

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Parce qu’il nous fallait fêter Halloween

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Parce qu’il fallait tout simplement le préparer, creuser les citrouilles et les potimarons, éclairer le chemin, préparer la table et attendre que les petites sorcières nous demandent des bonbons. Parce que c’était prévu, parce que c’est ainsi. Parce qu’on l’avait promis.

Parce que c’est le soir où la frontière est si fragile entre les vivants et les morts que ce soir là, on peut arriver à communiquer avec eux.

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A ma soeur

Classé dans : 365 petits riens | 24

 

Ce matin, je suis allée voir le lever du soleil pour toi.

Les petits riens ont toujours été photographiés pour toi, parce que je savais que chaque matin avant de commencer tes consultations tu les regardais, tu profitais de ta Provence et des chevaux, toi perdue là bas dans cette immense Bretagne. Je sais que tu venais chaque jour, et que tu partageais ces petits moments avec ta secrétaire et même tes patients, tu leur montrais mes ouvrages comme des trésors précieux, les photos du Luberon comme un Eden perdu.

Ce matin, j’ai fait un café à l’aube, parce pour ça nous nous ressemblions beaucoup, nous nous levions toujours très tôt et je l’ai partagé avec toi.

Enfants,  la nuit, nous discutions ensemble en dormant, nous chantions même, nous partagions les mêmes rêves, mais seulement dans notre sommeil,  pour mieux nous battre une fois réveillées, des soeurs qui ne se disputent pas, ne sont pas des soeurs. La vie nous a séparées,  géographiquement quand tu étais d’un côté du monde, j’étais de l’autre.

Major de ta promo, tu as été un excellent médecin militaire, et un merveilleux généraliste. Tes combats étaient également les miens, harcèlement, exploitation  … tu soignais les gens fatigués, les gens à bout, les êtres oubliés, les gens déglingués par l’horreur du monde, les esseulés et les sans grade, ceux qui n’espéraient plus rien, tu me soignais également.

 

Nous nous appelions de bureau à bureau, sans que vraiment personne ne le sache, un secret entre nous, tu m’as expliqué les méandres psychologiques des chocs post-traumatiques, des bascules, de tout ce qu’un être en mission peut subir. Et je comprenais et ça m’aidait. Tu me parlais de tes enfants, je te parlais des miens. Et nous nous marrions ensemble de cette fameuse principauté instaurée au sein même de la République, avec ses règles, ses lois que nous avions un peu du mal à suivre, que nous n’arrivions absolument pas à suivre, libres et pieds nus dans nos rangers, nous étions.

Ton caractère éprouvant nous épuisait un peu plus chaque jour, nous te surnommions la marée, se demandant sur quelle amplitude tu serais au moment où nous te parlerions,  jusqu’à ce qu’on apprenne qu’une salope te rongeait le cerveau.  A ta première opération, un petit mot sur ton répondeur, t’excusait de ne pas avoir été vraiment toi même durant tant de temps.

Tu t’es battue 6 ans, en ne voulant pas accepter le verdict irrémédiable, opérations sur opérations, chimio sur chimio, rayons sur rayons, avec pour seul but, de n’inquiéter personne, et de combattre et de travailler  jusqu’au bout.

Je savais que ton espérance de vie ne serait pas très grande. Je savais que l’astrocytome, cette salope au si joli nom, allait s’étoiler inlassablement dans ta tête.  Et lorsque tu es venue il y a aujourd’hui 5 mois, pour vivre avec nous, je savais que c’était pour mourir chez toi, tu t’es couchée pour ne plus te relever.

On a fait les clowns, on a déconné tant et plus, on a tout essayé pour se convaincre que ce n’était pas les derniers moments, on s’est empiffré de pizzas et de bonbons Haribo, la salope te paralysait chaque jour un peu plus. Nous te faisions si mal, à chaque geste banal et pourtant si douloureux, tes os fragilisés et cassants par des années de traitements.

Tu nous parlais, tu étais fière de tes neveux et nièces, tu étais rassurée que tes enfants soient devenus autonomes, tu me disais que notre frère était fort, mon mari fantastique. Tu attendais chaque jour courageusement en nous rassurant à chaque fois, alors que tu savais très bien qu’elle s’infiltrait partout.

Tu aimais voir les juments de ta fenêtre faire les folles dans le champ. Toi pour qui le cheval était une passion.

Tes derniers mots conscients ont été « On y va ? », « On a bien rigolé, hein ? »

Oui Marie, on a bien rigolé, et je me souviens de cette photo de Noël, où je te tiens solidement dans mes bras, tu dois avoir deux ans, j’en ai trois de plus,  j’avais si peur de te faire tomber et nous ne t’avons pas laisser tomber jusqu’au bout.

Je veux croire que tu es aujourd’hui auprès des enfants perdus ceux d’Afrique et d’ailleurs et que tu t’occupes d’eux, comme tu t’es occupée d’eux de ton vivant. Tu as été une femme formidable, une mère fantastique, un médecin fabuleux.

L’automne est là, ce matin, j’ai essayé de regarder pour toi les dernières fleurs d’un été qui se voudrait éternel, la campagne a mis ses vêtements de mélancolie, au coeur de la brume matinale, j’ai regardé les étourneaux … l’hiver va être difficile sans toi, je suis amputée à jamais.

On prépare Halloween, le Samhain plutôt, tout doucement, ce moment où les portes s’ouvrent sur l’autre monde, ce moment si fragile, où les vivants assurent l’hospitalité aux âmes de leurs disparus et honorent leurs ancêtres, dis leurs à tous qu’ils nous manquent.

Dans le jardin, ou du moins ce qu’il en reste après 6 mois de sécheresse, un oiseau a laissé quelques plumes sur une branche à moins que ce ne soit un ange, ou ton chat qui a fait un petit déjeuner (Black Jack reste avec nous, c’est promis, il nous a adoptés), peut être que quelques improbables vont naître ici juste pour continuer ta mission, et les petits riens continueront pour toi et pour tous ceux qui en ont besoin.

Est ce que tu as vu ? Une dernière rose trémière a fleuri sur un branche sèche.

Que Saint Luc te protège … ce qui nous a séparé de ton vivant, ne pourra plus nous séparer, tu vis en nous.

 

Le Premier Maitre te présente ses respects, Madame le Médecin en Chef.

 

Ta soeur qui sera éternellement plus vieille que toi.

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Les Moires, les fileuses du destin

Classé dans : 365 petits riens | 10

 

Elles sont là les trois soeurs, tissant les destinées, de fils fins et fragiles, elles décident du jour où elles couperont le fil, c’est Clotho qui fabrique le fil, c’est Lachésis qui le déroule et le dépose sur le fuseau, elle noue et dénoue les destins, et c’est Atropos l’implacable qui impitoyablement coupe le fil.  Dans leur palais les destinées humaines sont gravées et telles les toiles d’Arachné punie par la jalouse Athéna, elles se coupent et se recoupent sur l’airain et rien ne peut les effacer, rien ne peut changer le destin. Elles tiennent les fils mystérieux, symboles de nos vies.

Et c’est dans le soleil perçant la brume que je leurs pose la question, quand ?

 

 

 

Les petits riens se mettent en retrait pour quelques temps, à très bientôt.

 

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