Clichés d’Automne, il semble bien là

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La vie est comme papillon, éphémère, les papillons volètent dans le levant, les derniers peut être d’un été qui s’est enfuit à tire d’ailes. L’automne est là, il est bien là, prémices d’un hiver qui ne sera pas simple. Tout annonce la fin d’un saison, les marrons s’éclatent au sol ou sur le vieux banc, les  cynorhodons rougissent, les figues deviennent noires, j’en ferai une tarte, des raisins oubliés se sèchent doucement, les courges attendent sagement qu’ Halloween frappe à ma porte. Vous savez cette fameuse nuit ou la frontière  entre le monde des morts et le monde des vivants n’existe plus, si c’était la nuit du 31 octobre, je dirai à mon père qu’il avait raison et que j’aurai du l’écouter, mais c’est un peu tard, c’est même trop tard.

Monsieur s’occupe des animaux et du jardin, c’est lui qui est de toutes les corvées (poubelles et autres tontes et ramassage de feuilles mortes)  Il a rentré les tortues qui commencent à hiberner, demain un épisode cévenol est annoncé, des trombes d’eaux doivent tomber. On anticipe. Il anticipe …   J’ai cuisiné.

Le matin, les ciels deviennent flamboyants en attendant la tempête, j’aime m’y attarder et regarder les oiseaux noirs se presser. Corneilles, Corbeaux, Choucas et Etourneaux qui filent d’un champ à l’autre, je regarde les nuages qui s’étirent, le soleil essaye de percer, mais en vain. C’est beau et apaisant. Dans la voiture, j’écoute le partisan de Léonard Cohen, je suis heureuse de vivre dans un pays où je n’ai pas peur, je fredonne.

Mon nouveau travail me plaît, il demande une immense compassion et fait réfléchir à ce que nous sommes vraiment, nous sommes juste de passage. Tout simplement de passage, alors les egos, les crises de « tout tourne autour de moi et mon nombril » me font sourire.

Je suis en train de changer, et je le sens au fond de moi, bien peu de choses me touchent, les états d’âmes des uns et des autres, leurs envies, leur mécontentement permanent je m’en contre-fous. Vais je enfin devenir sage ? Je voudrais tant vieillir en étant heureuse de ce que j’ai, vieillir auprès des miens.

Que Prosper me préserve de devenir une vieille teigne.

PS : Un petit rien qui m’enchante, le yucca qui n’avait jamais fleuri a une hampe de fleurs en bouton.

Je suis moins heureuse de voir que les Datura sauvages envahissent les champs.

 

 

 

Vide grenier ou un instant de poésie

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C’est à l’ombre du château que le vide grenier s’est installé. J’aime m’y perdre doucement, chaque objet raconte sa propre histoire.  Ancien temps ou bien plus récent, sous les ramures des platanes centenaires, mon imagination galope. Un papillon, maître dans l’art du camouflage s’est posé sur ma future théière comme un signe, il me la fallait, comme si je n’avais pas de théière, mais celle là était particulière, elle m’a été désignée par un papillon. J’y ai vu des dames d’antan, des masques africains dont on m’a raconté l’ histoire, savez vous que l’ébène survit à toutes les inondations, une poupée à la coiffure un peu punk, un petite se sentant l’âme d’un styliste certainement, des livres et des livres (oui, j’ai craqué pour la vie de Frida et celle de Liane de Pougy)  ….

Je suis revenue, les bras chargée de trésors infimes, une robe de mariée des années 50, avec son voile et sa couronne, qui attend sagement dans la corbeille à linge, une nouvelle jeunesse, elle va à Pauline, c’était amusant de la voir mettre de côté son jean et son pull immense, pour se glisser dans la peau d’un mannequin  de chez Dior, le newlook lui va bien, j’ai ramené également, un jeté de lit au crochet en coton blanc (encoooooore), bordés des fameux zigouigouis que je n’arrive jamais à faire,  il fera une très belle nappe quand il sera lavé. J’ai, dans mon inventaire à la Prévert, ramené un icône plus ou moins russe, mais très orthodoxe, qui vient de Gethsémani , lieu sacré chrétien de Jérusalem, rien que le nom me fait rêver. Elle vient du Mont des Oliviers. En discutant avec une exposante,  j’ai su qu’elle était bretonne et sachant que mon mari l’était lui aussi, m’a offert un joli pichet Henriot, qui servira pour le cidre. J’ai flané tranquillement, me disant que le passé, il faut s’en souvenir, le conserver, le préserver, car un grand sage me disait qu’on ne bâtit rien sur des ruines.

Comme c’était mon week end,  le celte avait préparé des galettes, je n’ai eu qu’à mettre les pieds sous la table … (il faut le dire, le galetier pèse un âne mort, je préfère que ce soit lui qui s’en serve). Un dimanche de petits riens parfait pour reprendre le blog.

 

L’été 2021

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J’ai été bien silencieuse. L’été en Provence n’existe que parce que nous y habitons, juillet fût terriblement venteux, et frais, août caniculaire et terrifiant des incendies, septembre ce fût les inondations, c’est le quotidien des provençaux. L’été c’est aussi, nos marchés, et de tonnes de vacanciers et de touristes en tenue légère, enfin presque en tenue légère mais monsieur le curé n’est ni un touriste, ni un vacancier. J’y suis allée un peu contrainte et forcée par le président du marché qui voulait que je lui fasse des photos, je ne pouvais pas refuser, mais j’avoue que tout l’été, j’ai fuit, je me suis terrée, je suis restée chez moi, évitant la foule et les lieux touristiques, restant au coeur de mon monde. et puis il y avait cet adorable petit garçon qui faisait briller les pommes, car son papa n’utilise que de l’argile comme insecticide. Et puis les étals où les couleurs et les parfums se répondent.

L’été c’est aussi des ballades pour aller voir les expositions des copines, vite entre deux, fin d’expo,

quelques petites photos et le bonheur de se retrouver après plus de 18 mois quasi confinées.


Les repas quotidiens et simples, en famille, les anniversaires à souhaiter, les pizza à préparer, les vrais aïoli faits dans les règles de l’art, huile d’olive vraiment verte dans le pilon de mon arrière grand mère et morue dessalée longuement la veille,  tout comme la soupe au pistou, les farcis, tout ce qui fait qu’on est vraiment en Provence, des essais culinaires également, feuilletés de courgettes à la féta et aux feuilles de brick, les légumes du jardin et les desserts que Mamy ou Pauline savent si bien préparer.



 

Les travaux qui avancent tranquillement, Monsieur fait tout tout seul et c’est mon héros,  bientôt je pourrais emménager, encore quelques mois de difficile.

 

Le jardin avec un  nouveau bassin, des poissons heureux et des grenouilles aussi, des butineurs et butineuses qui s’en donnent à coeur joie, il y a eu un peu de miel dans la ruche, mais le temps pourri que nous avons eu n’a pas été très bénéfique pour les abeilles. J’ai même découvert des escargots naufragés solitaires. Les fleurs ont mis un temps fou à fleurir, et puis après la sécheresse, les baignades de jour et de nuit.

 


 

Les chines de l’été, objets désuets et intemporels, piqués, cartels, soupières et autres bonheurs, des cabinets poétiques pas forcément de curiosité s’amoncèlent dans une joyeuse poussière, un peu de broderie, et le temps qui s’écoulent …


Le 14 juillet et le 15 août que l’on fête à notre manière.

 

 

Les tristesses du quotidien, les vieux chiens que l’on aide à partir, nos amis de 15 et 16 ans, les poules mangées par on ne sait quoi, remplacer par trois nouvelles, et puis le chat disparu, volatilisé, volé certainement,

Et puis l’immense chagrin de perdre une amie, Mamy Claire s’en est allée, nous l’avons accompagnée. une deuxième grand mère pour mes filles.

 

L’été a été ainsi fait, un été terrible fait de chagrins et de joies, la vie tout simplement. L’Automne approche à grand pas, ma vie a un peu changé avec un nouveau travail que j’aime énormément, avec lequel je cesse de regarder mon nombril et qui me laisse du temps pour broder.

Et oui les petits riens qui sont souvent pour moi très grands continuent. A bientôt.

Et mon Capou qui me tient compagnie pendant que je vous écris. Je pense à elles.

On l’appelle la baie des Anges ou l’amour en cage

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Chez mon amie, elles poussent comme du chiendent, chez moi c’est une autre histoire, j’ai une pousse, et des micro semis qui commencent.  J’aurai pu vous dire qu’elles poussaient dans mon jardin, vous ne seriez pas venus vérifier. Mais j’ai une certaine déontologie sur la façon de tenir un blog. Ce sont les physalis de Johanne, les miens sont à l’état « larvaire » pour cause de froid, je n’ai jamais vu un mois de juillet comme ça, on se gèle  et ceux de l’année dernière qui étaient tous beaux sont morts de froid cet hiver.

J’aime tellement cette plante,  qu’on appelle également l’amour en cage, (pétard, scrogneuneu pourquoi ne poussent elles pas chez moi ?) que je vous ai photographié mes deux ridicules branches sous toutes les coutures, parce qu’elles sont trop photogéniques.

Je vous laisse découvrir les vertus de physalis, vous avez google.

Bon 14 juillet à vous.

 

Courir la montagne pour ramasser les Immortelles

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De bon matin, se dire qu’il faut aller ramasser les immortelles sauvages, le parfum suranné de l’enfance, les pieds nus dans la garrigue, l’odeur sèche des herbes sèches, craquant sous nos pas. Ces bouquets que l’on apportaient à nos mères, fiers de nos escapades à la source, qu’elles posaient délicatement dans une vieille cruche, qu’elles ramenaient après les vacances dans la grande ville, et nous,  qui passant  côté de la table basse, respirant l’odeur de la liberté, de nos deux mois de sauvageons, de notre vie à la campagne que adulte j’ai choisi. C’était hier, c’était il y a un siècle.

Savez vous que les immortelles (les corses) sont cultivées dans le Luberon, pour leurs propriétés pharmaceutiques et cosmétiques, c’est à la Bastide Saint Maurin, où on distille leur huille essentielle, je sens qu’une visite va s’imposer.





Jouer les bonnes sorcières

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A l’aube ce matin, je suis allée cueillir les herbes pour l’hiver. La marjolaine (vous en foutez du nom latin ? ben moi aussi) pour mes sauces et pizzas, la mélisse pour les tisanes, la menthe orange et le thym, le thym ce n’est pas obligatoire de le ramasser, il est là en toute saison, mais par flemme de sortir dans le froid quand il gèle pour aller chercher un brin de thym au jardin, je me fais toujours un petit pot d’avance, sinon c’est toujours du thym frais. La sauge, la verveine, le fenouil, le pèbre d’aï attendront une récolte plus tard dans la saison. Je n’ai pas ramassé la camomille c’est sa première année, on va lui laisser prendre ses marques. L’Eucalyptus offert par Sylve, mon elfe des bois, se porte bien, il faut que je lui trouve une place au jardin, afin qu’il s’y plaise. Et le semis de menthe coréenne a bonne mine, il va falloir que je la plante en plein terre. Elle est une des 50 plantes fondamentales de la pharmacopée chinoise, le saviez vous ? Moi non plus, c’est Kokopelli qui m’a offert un sachet lors de ma commande (pas de placement de produit, ne vous inquiétez pas, je commande où je trouve ce dont j’ai besoin). Mais commander chez eux, c’est aussi mon petit coté rebelle. J’aimerai vous faire partager l’odeur, c’est enivrant.  J’espère avoir pu vous faire ressentir la douce lumière bleu du lever du jour.

J’ai plus qu’à pendre mes bouquets tête en bas, je trouve ça joli dans la cuisine, d’autres moins … surtout les grands qui se prennent la tête dedans, ben oui faut bien que je puisse les toucher pour voir s’ils sont secs.

Bon dimanche tout le monde, il y a des vides greniers et foire à la brocante partout dans la vallée, mais je me tiens un crise de « je n’ai pas envie de sortir de chez moi » assez phénoménale, c’est impressionnant.

Ici la Bastidane en direct de Beautiful Star à vous les studios, je vous rends l’antenne.

 

 

 

Jardin poétique

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J’ai l’âme bucolique ce matin, en allant au jardin, d’un côté j’essaye de vider mes placards, de l’autre j’aime les objets qui y sont, alors je les déplace et c’est ainsi que vase et saladier sont devenus des champignons pour Elfe, j’essaye bien de les vendre, mais j’ai déjà retiré des objets de la vente, prise par les remords. On ne se refait pas. Capou est d’humeur casse pieds, la piscine attend que les ado se reveillent.

Enfin ce matin c’était plutôt pour les escargots, les elfes devaient encore dormir, ou se sont enfuies à mon arrivée. Je regarde, je photographie, j’ai essayé de rendre mon coin de jardin plutôt « fouillis » c’est toujours le fouillis chez moi, dans ma tête et dans mes réflexions, dans mon atelier aussi, poétique.  J’ai rajouté des leds dans mes « champignons » hâte ce soir que ça s’éclaire, Capou est passionné par les poissons rouges, et hésite entre le bassin et le bain des oiseaux pour boire.

J’ai parsemé le jardin d’objets improbables, cages à oiseaux et autre trucs qui ne servent plus à rien, sculpture de ciment, je ne sais pas si ça fait kitch, si c’est joli ou pas, mais je m’y sens bien. Des statues attendent un clôture pour venir s’y installer, bientôt. Des arbres que je croyais morts par le gel, se sont réanimés.  Les agapanthes commencent à fleurir. La vigne vierge plantée l’année dernière s’en donne à coeur joie sur la façade. La baignoire en zinc attend sa restauration. La clématite enfin s’éveille et j’ai donné à manger aux tourterelles.

Les abeilles ont enfin de quoi se nourrir, les fleurs ont mis tant de temps à venir, la bignone est prise d’assaut.

 

 

 

Vide grenier

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J’aime y flaner, même si je n’y achète jamais grand chose, la moitié des choses que j’y vois sont déjà dans mon grenier, ma maison, celle de ma mère, la soupente (rayez la mention inutile). Mais ces inventaires à la Prévert me font rêver. Feuilleter un vieux livre, imaginer une enfance dans le regard d’une vieille poupée. Se revoir petite fille, autour de cette immense mappemonde, avoir les yeux à la hauteur du monde, ce monde qui m’appartenait.  J’avoue être une peu en overdose de « bordilles* » mais je n’arrive pas à décrocher. Même si mon atelier ressemble à l’annexe d’un brocanteur.

Demain peut être, il en aura-t-il un autre ?

PS : je ne vous parlerais plus de mes achats, ni ne les prendrais en photo, beaucoup d’entre vous savent pourquoi. Bonne fin de soirée.

 

*bordilles : En Provence, bordille est une insulte générique, désignant de la saleté, des ordures, quelqu’un qui est une pourriture voire une raclûre. Par extension, désigne un objet ayant une faible valeur, d’une qualité médiocre.