Devoir de Mémoire

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Parce que dans les années 90, un jeune homme de 20 ans engagé volontaire est arrivé le matin du 18 juin en me disant qu’est ce qu’il se passe aujourd’hui, je n’étais pas là l’année dernière

Parce que le 6 juin de cette année, j’ai parlé du débarquement et qu’une jeune fille de 16 ans m’a demandé « Quel débarquement ? ».

Je suis inquiète pour notre histoire et l’avenir de nos enfants. C’est à nous les mères de transmettre l’histoire, notre patrimoine, et ce n’est certainement pas en étant gavé de Reality Show et de presse people avec pour tout vocabulaire Allo quoi ? Que nous y arriverons.

Texte de l’Appel du 18 juin

Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement.

Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat.

Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l’ennemi.

Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui.

Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !

Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.

Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l’Angleterre, utiliser sans limites l’immense industrie des Etats-Unis.

Cette guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n’empêchent pas qu’il y a, dans l’univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.

Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi.

Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas.

Demain, comme aujourd’hui, je parlerai à la Radio de Londres. »

L’appel du 22 juin

Qui sait encore que les coups de tambour  sont les trois points et le tiret du V de la Victoire en alphabet Morse, qui sont aussi le début de  la 5ème symphonie de Beethoven, dites moi qui s’en souvient, qui se souvient que c’est cette symphonie qui fût joué à Radio Londres pour annoncer la victoire du débarquement.

 Honneur aux résistants

Ecrite à Londres en 1943 par Emmanuel d’Astier de La Vigerie alors « Bernard » dans l’armée des ombres et Anne Marly pour la Musique.

The Partisan.
When they poured across the border
I was cautioned to surrender,
this I could not do;
I took my gun and vanished.
I have changed my name so often,
I’ve lost my wife and children
but I have many friends,
and some of them are with me.

An old woman gave us shelter,
kept us hidden in the garret,
then the soldiers came;
she died without a whisper.

There were three of us this morning
I’m the only one this evening
but I must go on;
the frontiers are my prison.

Oh, the wind, the wind is blowing,
through the graves the wind is blowing,
freedom soon will come;
then we’ll come from the shadows.

Les Allemands étaient chez moi, (The Germans were at my home)
ils me disent, « résigne toi, »
mais je n’ai pas peur; (But I am not afraid)
j’ai repris mon arme. (I have retaken my weapon.)

J’ai change’ cent fois de nom, (I have changed names a hundred times)
j’ai perdu femme et enfants (I have lost wife and children)
mais j’ai tant d’amis; (But I have so many friends)
j’ai la France entie`re. (I have all of France)

Un vieil homme dans un grenier (An old man, in an attic)
pour la nuit nous a cache’, (Hid us for the night)
les Allemands l’ont pris; (The Germans captured him)
il est mort sans surprise. (He died without surprise.)

Oh, the wind, the wind is blowing,
through the graves the wind is blowing,
freedom soon will come;
then we’ll come from the shadows.

Je ne suis pas une diva de l’Histoire, mais je veux simplement qu’on se souvienne.

France's President Sarkozy shakes hands with Maurice Chauvet, member of the Kieffer commando, during Armistice Day ceremonies in Ouistreham

Véterans du Commando Kieffer , ces hommes qui seront toujours debout.

Merci.

C’est peut être le jour à voir ou revoir l’Armée des Ombres ou le vieux fusil.

Pour que plus jamais des idées d’extrème droite et de n’importe quel extrème n’aient droit de cité en France.

11 Responses

  1. ANNE

    Magnifique article. Vraiment.
    Oui on a peur quand on voit certains jeunes…..Sans culture, sans notions du passé, on ne peut comprendre, donc construire un monde nouveau. On le dit à chaque génération, mais l’inculture gagne du terrain.
    Tu le sais, j’ai un fils capitaine des paras et lui aussi est pessimiste quand il voit quels hommes deviennent militaires. Je suis d’un tempérament optimiste, mais je tais mes peurs………..Le visage de celui dont N.Sarkozy serre la main est terriblement émouvant……………..Merci pour ce bel article!
    C’est à ceux et celles qui ont encore au cœur ces valeurs de savoir transmettre………..On ne sait pas, on n’ose pas toujours………….

  2. michele picard

    je suis très émue par votre article . C’est vrai que nous devons transmettre et éduquer et donner l’exemple . je rentre d’Australie ou j’ai passé un mois . J’ai visité des villages et vu des petits musées ou l’on célébrait les héros venus en Europe , la France. La France représentait une valeur alors .. J’ai realisé combien tous ces inconnus avaient le sens de l’entraide ,du devoir civique .
    Merci pour cette page.je ne sais pas si les jeunes et moins jeunes se sentent concernés par ce qui se passe dans notre pays???
    amicalement
    michele

  3. fa bienne

    J’aime ton article, et je rajoute à ma liste de vidéos à montrer aux élèves, la chanson de Cohen. Merci…..

  4. martine

    merci Nathalie,je confirme mon inculture partielle pour l’histoire historique,
    fille d’évadé 5 fois de certains camps, j’ai de terribles connaissances sur certaines choses mais je n’ai qu’un souvenir, qui me poursuit depuis mon enfance et que je n’oublierai jamais c’est la photo du Géneral De Gaulle , que j’ai vu en vrai de vrai ,sur le piano de la mamy (nounou)qui m’a gardée toute mon enfance et qui savait ce que France, honneur et patrie voulaient dire,
    resistante , torturée, etc, j’ai vu sur son corps les stigmates de ce qu’elle avait subi, outre la perte de son fils fusillé devant elle, pour qu’elle avoue où étaient les résistants rouennais et elle avait toujurs le sourire
    elle était une active militante du souvenir, les commémorations, c’est des dizaines que j’ai vecu,
    et chaque année , bien qu’elle soit décédée , il y a 33 ans, je cueille une fleur pour elle, le 18 juin

  5. Hélène Perrier

    Tout est relatif Nathalie c’est si loin pour les jeunes …. mon grand’ père me parlait de la guerre de 1870 et pour moi cela ne représentait rien, c’était trop éloigné dans le temps et pourtant 60 années seulement c’étaient écoulées. Idem pour la guerre 14/18 dont on ne parlait pas tellement ! Alors 39/40 pour la génération d’aujourd’hui c’est seulement une date dans l’histoire. Ainsi va la vie même si cela est regrettable Mais j’aime vos coups de « gueule »

  6. valou

    j’ai en moi chevillé la foi de mes grands pères qui ont combattu en cette guerre là et je porte mémoire de mes arrière grands pères qui ont souffert ds les tranchées, l’an prochain je participe à un projet sur la commémoration du centenaire dela guerre 14-18 à Sarajevo ne jms oublier .. et mon loulou de 5 ans et demie j’essaie de lui expliquer
    pas d’extrêmes non plus jms çà
    bizz

  7. Anny

    MERCI Nathalie
    Je suis émue par cet article…j’habite près d’Oradour sur Glane et mon grand-père résistant est mort dans un camp de concentration ….je suis heureuse de voir que d’autres, ailleurs, se souviennent aussi…

  8. la Fée Faribole

    Le Devoir de Mémoire fait partie de l’éducation .il ne s’agit pas uniquement de se pencher sur le passé , il faut le connaître ( c’est important de savoir d’où l’on vient ) mais certainement aussi l’illustrer de situations présentes .Il suffit d’ouvrir les journaux , regarder les infos …il existe encore aujourd’hui des « Oradour sur Glane « , quelque part dans un village …Ne pas appartenir à un parti extrémiste , ne suffit pas à vous rendre tolérant …rien n’est simple .

  9. Catherine PELTIER alias cathy Pivoine

    J’apprécie ce que vous dites. Mes enfants ont plus de 20 ans et tout au long de leur scolarité j’ai été effondrée par le peu de choses qu’on leur apprenaient. Pas de culture générale: j’ai essayé bien que travaillant de leur en donner une. Aujourd’hui c’est à nous parents de le faire. En fait j’ai trouvé que tout était orienté politiquement et qu’on laissait peu de place à leur jugement. J’aime vos cris car je suis plus âgée (60 ans) et j’étais comme vous.