Catherine Bihl

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C’est en 2015 que Catherine est venue exposer chez nous, ce fût un moment de bonheur, Pauline était tombée amoureuse d’une petite créature, elle est toujours là à nos côtés, et puis il y a eu ce paquet arrivé par la poste, un jour funeste et qui a éclairé la journée d’une lumière différente, l’oeuvre s’appelait l’envol, c’était hier, c’était il y a deux ans.

Et chaque fois que je lève les yeux, je les vois toutes les deux, me rassurer sur le monde.

Belle journée à vous.

Découvrir ou rédécouvrir Catherine c’est ICI.

 

 

Devoir de mémoire, 11 novembre 2016

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j’ai pris ces photos, il y a deux ans,  pour l’exposition de photos d’Arles où  Raymond Depardon, le grand photographe, a exposé des milliers d’oeuvres d’anonymes comme moi pour un devoir de mémoire, j’ai été très fière d’être sélectionnée.

C’était pour les rencontres d’Arles 2014, Un peu contrainte et forcée par le maire de mon village qui voulait que je lui fasse les photos

Je n’ai pas vu l’expo, mes envoyés spéciaux ne m’ont pas acheté le catalogue de peur que je ne les rembourse pas peut être ;-) donc si un jour vous tombez par hasard sur le catalogue, faites le moi savoir.

J’étais avec ma fille, je ne savais pas par où commencer, le monument aux morts de notre village est sobre et surtout lugubre, un grande plaque de marbre noir et c’est tout.

Pauline s’est approché du monument, elle s’est mise en lire pendant que je réglais mon appareil, les noms des morts pour la France, étonnée de lire des noms qu’elle connaissait …

J’ai saisi ce moment, et je ne le regrette pas, la photo n’est pas posée, elle est prise sur le vif.

Ensuite je voulais faire apparaître le vide et l’absence de tous ces morts dans notre minuscule village, et c’est la chaise vide qui a remplit son office.

Et bien sûr, ma fille, cette enfant minuscule devant cette gigantesque plaque ….. symbole de l’incompréhension …..

C’est le 11 novembre aujourd’hui, j’irai certainement à la commémoration, parce que dans ma culture est ancré ce devoir de mémoire que beaucoup oublie.

Et ça m’a donné envie de relire ce petit rien qui n’en ai pas vraiment un

X, le 11 octobre 1914

« Pour parler de la guerre Il n’y a que des larmes. »

 Henriqueta Lisboa 

 

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Rétrospective, Broder Autrement

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Il faisait tellement mauvais hier, un temps pourri, qu’il faisait nuit même en plein jour, pas facile de prendre des photos, alors je suis allée me promener sur mes disques durs … j’avais oublié …, ces ouvrages ont tous été publiés dans des revues, on aurait pu en faire un livre, mais ainsi va la vie ;-)

Juste un peu de ma production, j’ai regardé les photos comme si je ne les avais jamais vu, comme si les ouvrages ne me sortaient plus des yeux, à force de les avoir vus … et je me suis dit que oui …. je brodais autrement … j’espère que demain,  il fera beau afin que je puisse photographier les nouveautés … on croise les doigts … bonne journée à tous.

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Juste une envie de retourner dans mon bac à sable

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C’est quand l’hiver se rapproche de moi, que le soleil se couche, je me souviens, et je rêve de mon autre pays. Juste une petite crise de Saudade …. et tombant par hasard sur un répertoire de mon disque dur.

 

 

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Tolérance

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Journée nationale de l’attelage, le pique nique annuel et j’adore ça …  on partage, on rit, on sourit, après la ballade à cheval, et c’est géant … cette journée ça fait 20 ans que j’y vais …. et … que de souvenirs et d’amour. D’entraide.

 

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et on ne parle pas que d’équitation …..

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C’est le moment où on se montre nos travaux, la fin du repas.

 

 

Les Ufo, un jour ça se termine …. ;-)

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J’ai commencé ce pull pour moi, hier en 1998, il était à ma taille, pure laine vierge, il ne l’est plus  à ma taille, il est toujours en laine vierge …. devant et dos terminés, une mutation outre mer, je ne suis pas partie avec mon tricot …. 8 déménagements après, un mari et deux enfants en plus,

Rosy l’a retrouvé dans les encours

qu’on finira un jour peut être si on a le temps, si on sait où ils sont ….et si on retrouve le modèle, ça tombe bien, je n’avais pas de modèle,

juste du point de blé et des torsades …. et Rosy a tricoté plus rapidement que son ombre, les deux manches

… parfait pour Victoire. Plus qu’à le laver et le repasser  et brosser les poils des diverses bestioles familiales. Comme quoi les classiques …..

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Le jeudi c’est menuiserie

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Je passais en vélo devant son atelier, j’écoutais le bruit des machines, j’adorais sentir l’odeur du bois et de la sciure …

curieuse, silencieuse timide et un peu cachée je le regardais travailler, je devais avoir 8 ou 9 ans, la sciure était belle blanche, les copeaux ressemblaient à autant

de joyaux, les bouts de bois étaient des trésors. Les frisotis que laissait le rabot, des boucles blondes de lutins.

Et le tour, cette machine fabuleuse qui transformait tout en rondeurs.

L’odeur de la menuiserie embaumait la ruelle, l’odeur du bois, de la térébenthine de l’huile de lin, de la cire,

un parfum d’enfance.

Il m’a réparé et construit tant de choses, je vous présente l’atelier de Guy.

A la retraite depuis quelques années, il continue pour son plaisir et le mien, à restaurer, à construire de belles choses lorsque nous en avons besoin.

Il fait quelquefois des miracles, armoire vermoulue ou fauteuil grignoté …. offrant son travail pour le plaisir.

 

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et j’aime le temps qui s’arrête dans son atelier.

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Il travaille pour nous, les dames de l’atelier du jeudi, il est membre à part entière de notre petit club, nous fabricant gabarits ou tête de bois pour nos ouvrages,

aujourd’hui il nous a fait l’indispensable …. vous reconnaissez ?

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Il est là l’immense métier … pour les quilting days …

Il y a des jours où l’on a envie d’oublier les aiguilles pour se servir d’un ciseau …… à bois.

1963

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C’est en l’an de grâce 1963 du siècle dernier que je vînt au monde.  1963 … même pas 20 ans après la deuxième guerre mondiale. Je n’en ai jamais eu conscience, cela me semblait une éternité, et pourtant, lorsque je regarde ma vie, vingt ans en arrière c’était hier.

Je fais donc partie d’une génération, qui a vécu avec la résistance française comme modèle, et la peur au ventre que ça recommence.

J’ai vécu avec les progrès de la technologie, et avec la conquête de l’espace. Je me souviens de Rémi et Colette. J’ai fêté à l’école communale la fin du guerre du Vietnam, j’ai pleuré sur les enfants du Biafra, pendant que ma soeur pleurait dans sa blouse de vichy rose, dans cette maternelle où elle était si mal.  Je me souviens de mai 1968 parce que mon père était à la maison et que ce n’était pas des vacances. Je me souviens quand le mercredi était un jeudi.

Je me souviens de mon premier chat, mademoiselle Zouzou, grise comme l’héroïne des marionnettes d’animation de l’Ortf. Je me souviens du western du dimanche soir, je me souviens que le film sur l’unique chaîne de TV était à 20h00. Je me souviens …

Je me souviens des premières ventes par correspondance où les amies de ma grand mère commandaient aux Trois Suisses en une simple lettre, « je voudrai la même chose que ma voisine madame Untel », et recevaient la bonne commande en contre remboursement.

Je me souviens aussi des années collèges, protégée du monde dans un uniforme bleu marine. Je me souviens du premier choc pétrolier, je me souviens des fastueuses soirées où mes parents étaient conviés d’un temps où les entreprises nationales et privés avaient les moyens. Je me souviens de Pif Gadget, bonheur de la semaine et des 100 idées que j’attendais chaque mois avec impatience.

Je me souviens du bicentenaire des Etats Unis avec la France à l’heure américaine.

Je me souviens de soirées télévisées avec Marithie et Gilbert Carpentier ….. ou de Sue Elen et Jr apportant à la populace un rêve de faste et de gloire. Je me souviens de fêtes fantastiques toute la famille réunie pour un oui pour un non devant un gigantesque méchoui dans un terrain qui n’était pas encore Les Léonides. Je me souviens de baptèmes, de mariages, d’anniversaires, et de communions, d’un temps ou nous habitions pas tous éloignés les uns des autres, parce que le bassin d’emploi existait.

Je me souviens de la première crise économique, je me souviens de ce putain de conseiller d’orientation qui chaque fois que nous émettions l’idée d’un métier, se mettait à clamer tel un politicien aguerri et surdoué , « mais vous n’y pensez pas très chère, l’avenir de cette branche professionnelle est totalement bouché. » C’était bouché, tout était bouché … on appelait ça la crise économique, c’était 1979 ou 1981 je ne sais plus. Je me souviens du coup de gueule de Balavoine, et des délires Coluchiens, je me souviens de la création des resto du coeur. Je me souviens de cette peur irraisonnée et pourtant si réelle du SIDA, combien de nos connaissances, de nos amis sont tombés.  Je me souviens de la drogue qui circulait dans le lycée et dans toutes les soirées. Je me souviens avoir essuyé je ne sais combien de réforme de l’éducation nationale, qu’au moindre redoublement, la réforme au cul, c’était toute une éducation à reprendre.

Je me souviens de Steve Jobs et de son garage, je me souviens de mes premiers pas en programmation en Cobol et de mon premier Amstrad, je me souviens des factures astronomiques de mes parents pour le Minitel. Je me souviens de la bibliothèque de Toulon, digne de celle d’Harry Potter.

Je me souviens de la fermeture des chantiers navals de la Ciotat et de la Seyne sur mer, je me souviens de grèves sans fin des camionneurs, bloquée dans une ville sans carburant, les  rayons de supermarché vidés par des gens dans l’angoisse des restrictions qui inlassablement faisaient provision de café, de sucre et de pâtes.

Je me souviens d’un taux de chômage si élevé et des tonnes de petits boulot à faire.

Puis je me souviens des guerres loin de nous …. La guerre du Golfe, le Rwanda, la Yougoslavie et puis tout ça ….  je me souviens de Ttchernobil, des attentats de 95. Je n’ai pas oublié Zlata et la petite Omayra Sánchez. Je n’ai pas oublié le Drakkar, et le 11 septembre, le Tsunami, Fukushima.

L’an 2000 qui nous semblait de la science fiction.

Je me souviens m’être faite traiter « de salope qui couche avec des arabes » parce que j’étais avec mes petits soeurs d’origine algérienne adoptées, de 20 ans mes cadettes. Il y a des choses qu’on ne peut oublier …. Je me souviens de mon copain Rachid, se promenant avec sa carte d’identité française agrafé sur sa veste pour visiter la foire de Marseille.

Je me souviens des harceleurs de rue, de bureau, mesquins chéfaillons jamais punis, jamais inquiétés. Leurs noms forment une grande ribambelle dans ma mémoire.  Je me souviens des exploiteurs (minables entrepreneurs) profitant d’un système pour s’engraisser sur le dos de gens sous payés.

et puis il y a la vie qui continue, d’un pays à l’autre, d’un métier à un autre, d’une vie à une autre,  les êtres chers qui disparaissent … les enfants qui naissent, tout un amour à construire… et ce tourbillon … qui m’emporte … qui nous emporte,  la vie n’est pas un long fleuve tranquille, elle ne le sera jamais.

Aujourd’hui je fais un micro point sur un demi siècle, c’est quoi un demi siècle quand on sait que l’humain est vieux de 7 millions d’années. Le temps continue à s’écouler. Il fait beau, nous sommes le 20 avril 2016, chaque jour qui passe nous rapproche de l’été. Il y avait il vraiment besoin d’écrire tout ça … ? Si peut être …. A mes filles …. faites ce dont vous avez envie et rien d’autre, ça passe trop vite.

 


papa

 

 

 

 

 

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