Le marché de Pertuis vu du ciel (enfin presque)

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Je ne l’avais jamais regardé sous cet angle, et c’est un paysage naïf digne des plus grands peintres d’Europe de l’Est qui s’offre à moi, quelques dames voilées d’un joli foulard ou chapeautées induisent en ce sens mon regard … les touristes n’ont pas encore envahi la ville, c’est beau le marché vu d’en haut, au printemps, c’est superbe et différent en même temps, les fruits et les légumes qui viennent du bout du monde ont une toute autre saveur, le seul endroit où l’on peut trouver des taros, des ignames, du manioc et des combos, ils s’étirent doucement sous mon objectif. Il fait beau, les chatons des platanes commencent à pointer, bientôt je ne verrai plus rien.

Les cagettes de salades, d’agrumes, de tomates et de bananes ressemblent à s’y méprendre à une palette d’aquarelle,

Je voudrais y plonger mes pinceaux.

Et en fronçant les sourcils, en scrutant la place du 4 septembre, devant la graineterie de Monsieur Volpe ou près du Café Thomas, je crois discerner les ombres de mon père et de ses copains qui dissertent sur le prix des salades et celles des balles de foin pour l’éternité et j’entends tout au fond de ma mémoire les mots provençaux qu’ils prononcent, c’était hier, c’était avant, c’était un autre temps.

 

Violettes et Muscaris

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Le premier muscari a pointé son bout de nez bleuté à quelques mètres des violettes.  Hier c’était la rencontre des brodeuses de l’atelier, juste oublié de prendre des photos tellement nous étions bien à papoter ensemble.

Mais est ce bien grave de ne pas prendre de photo ? Quelquefois les souvenirs sont plus puissants quand on n’a pas d’image.

La vie s’écoule et le beau temps éteint nos angoisses de l’hiver. Mon bout de terre est en désolation, il va falloir s’y mettre. Je vis hors du temps et hors du monde, je ne sais pas comment je peux appeler ça, j’observe tout simplement, et peut être que je pourrais reprendre mes crayons un peu plus tard, quand j’aurais le temps, comme avant en 2014

Et je me demande quand la tortue va se réveiller de son hibernation, et j’attends l’explosion du bank

 

 

Et si ….

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Je continue à aimer les matins, comme si une page entièrement blanche s’offrait à moi, chaque jour différent, chaque lueur qui s’allume toujours différente.  Le printemps s’installe dans un fouillis parfait. Je fais le « point fixe »  comme un avion qui se prépare à décoller, me préparant à affronter la journée.

J’ai bien souvent l’impression de vivre protégée de tout, le cocon que mon père a tissé de ses mains  dans ce petit hameau pour que nous puissions nous y reposer, est là pour que je puisse m’y réfugier, pour que nous ses enfants puissions nous y réfugier.

Je lis l’avalanche d’informations qui vient à moi …. je fais le tri, j’enrage, je hurle et je souris, pourquoi s’insurger sur un monde qui vacille, peut être suis je devenue sage.

Je me pose la question, et si …. j’habitais ailleurs ? Trouverais je autant de repos lorsque mon regard se pose sur l’horizon ?

J’ai ramassé des narcisses et des violettes, j’ai bu mon café, sans même essayer de répondre.

Belle journée à vous.