12° Rencontres autour du Boutis par lei roucas dou Bàrri à Pierrefeu

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Vous avez raté les rencontres autour du boutis de Pierrefeu, que c’est dommage, je vous emmène avec moi à la découverte de l’association Lei roucas dou Bàrri  (ok il faut un accent sur O de dou, mais je ne sais pas le faire). Elles nous y accueillent en costumes provençaux vêtues, le bonheur de regarder sous leur jupon et découvrir des rêves de boutis.  Les sous vêtements d’antan ainsi à la vue de tous, feraient rougir nos grands mères. Le boutis est pour moi un miracle, jamais je n’ai pu en faire, j’ai essayé il y a 20 ans environ .. et j’ai laissé tomber, tant de rigueur, tant de régularité me fascinent. Non, il ne faut pas que j’abandonne,  il faut vraiment que je m’y mette j’ai un jupon de Bastidane à coudre …. J’y ai croisé Dominique Fave, et ses boutis contemporains, et Kumiko notre plus provençale des japonaises, qui met un mois pour piquer un jupon de ses petits points minuscules et minutieux, alors que toi tu as l’impression que tu mettras 10 ans à le faire. Je me suis aperçue en discutant avec tout le monde que j’étais bien varoise dans mon coeur, le Var est le département dans lequel j’ai le plus vécu dans ma vie, et de papoter des quartiers de Toulon, des plages de Sanary ou des corniches de la Seyne c’était un joli moment. J’ai levé ma tête sous les bulles de boutis, éclatantes de pureté, et j’ai flâné sur les stands esbaudie par tant de beauté.

Chacun explique, chacun raconte,  chacun transmet, chacun parle du passé et cet art résolument moderne qui attire tant les hommes par la pureté des lignes, oui beaucoup d’hommes font du boutis, j’apprends à chaque moment, je découvre, je détaille, j’ai eu du mal à partir, surtout en découvrant mon taureau blanc réinterprété, et qui sera l’objet d’une suprise dans la prochaine revue de France Boutis.

En rentrant la lune rousse m’a fait de l’oeil dans le chemin des huguenots, un peu rebelle, un peu sorcière, elle a rajouté de la magie à la journée. Tant que des humains seront animés par une passion si belle, le monde n’ira pas si mal que ça, il ne fera que vaciller, il ne tombera pas. Merci Henriette de m’avoir invitée à vous rendre visite.

 

 

Le marché de Pertuis vu du ciel (enfin presque)

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Je ne l’avais jamais regardé sous cet angle, et c’est un paysage naïf digne des plus grands peintres d’Europe de l’Est qui s’offre à moi, quelques dames voilées d’un joli foulard ou chapeautées induisent en ce sens mon regard … les touristes n’ont pas encore envahi la ville, c’est beau le marché vu d’en haut, au printemps, c’est superbe et différent en même temps, les fruits et les légumes qui viennent du bout du monde ont une toute autre saveur, le seul endroit où l’on peut trouver des taros, des ignames, du manioc et des combos, ils s’étirent doucement sous mon objectif. Il fait beau, les chatons des platanes commencent à pointer, bientôt je ne verrai plus rien.

Les cagettes de salades, d’agrumes, de tomates et de bananes ressemblent à s’y méprendre à une palette d’aquarelle,

Je voudrais y plonger mes pinceaux.

Et en fronçant les sourcils, en scrutant la place du 4 septembre, devant la graineterie de Monsieur Volpe ou près du Café Thomas, je crois discerner les ombres de mon père et de ses copains qui dissertent sur le prix des salades et celles des balles de foin pour l’éternité et j’entends tout au fond de ma mémoire les mots provençaux qu’ils prononcent, c’était hier, c’était avant, c’était un autre temps.

 

Violettes et Muscaris

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Le premier muscari a pointé son bout de nez bleuté à quelques mètres des violettes.  Hier c’était la rencontre des brodeuses de l’atelier, juste oublié de prendre des photos tellement nous étions bien à papoter ensemble.

Mais est ce bien grave de ne pas prendre de photo ? Quelquefois les souvenirs sont plus puissants quand on n’a pas d’image.

La vie s’écoule et le beau temps éteint nos angoisses de l’hiver. Mon bout de terre est en désolation, il va falloir s’y mettre. Je vis hors du temps et hors du monde, je ne sais pas comment je peux appeler ça, j’observe tout simplement, et peut être que je pourrais reprendre mes crayons un peu plus tard, quand j’aurais le temps, comme avant en 2014

Et je me demande quand la tortue va se réveiller de son hibernation, et j’attends l’explosion du bank

 

 

Et si ….

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Je continue à aimer les matins, comme si une page entièrement blanche s’offrait à moi, chaque jour différent, chaque lueur qui s’allume toujours différente.  Le printemps s’installe dans un fouillis parfait. Je fais le « point fixe »  comme un avion qui se prépare à décoller, me préparant à affronter la journée.

J’ai bien souvent l’impression de vivre protégée de tout, le cocon que mon père a tissé de ses mains  dans ce petit hameau pour que nous puissions nous y reposer, est là pour que je puisse m’y réfugier, pour que nous ses enfants puissions nous y réfugier.

Je lis l’avalanche d’informations qui vient à moi …. je fais le tri, j’enrage, je hurle et je souris, pourquoi s’insurger sur un monde qui vacille, peut être suis je devenue sage.

Je me pose la question, et si …. j’habitais ailleurs ? Trouverais je autant de repos lorsque mon regard se pose sur l’horizon ?

J’ai ramassé des narcisses et des violettes, j’ai bu mon café, sans même essayer de répondre.

Belle journée à vous.

 

 

Il n’est pas encore 7h00

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Je me perds dans le bleu d’un ciel balbutiant, un bleu étrange, presque Klein, un bleu qui change de seconde en seconde, le soleil commence à éclairer doucement la campagne, le car scolaire n’est pas en retard et je regarde Belle Etoile se dresser au pied du Luberon, qui lui aussi se réveille dans le chant incessant des oiseaux. Prendre une autre route pour accompagner la deuxième, et prendre enfin une troisième route pour partir travailler.

Les volets sont encore clos, clos de ceux qui ne sont pas encore réveillés, clos de ceux qui sont déjà parti travailler dans les embouteillages de la grande métropole de la monstropole, clos de ceux qui ne viennent que pour les vacances.

Je respire et regarde la nature reprendre ses droits, et me dit que nous sommes bien peu de choses devant l’herbe folle qui envahie mon bout de terre.

Bonne journée à vous.

« C’est elle qui dans l’hiver du monde, préparera le fruit » Albert Camus

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C’est du fruit de l’amandier, qu’elles naissent les cornes de gazelle. J’imagine les mains de femmes orientales ou méditerranéennes qui les confectionnent. De Marseille, à Abu Dhabi, elles sont ancrées dans ma mémoire comme la Madeleine de Monsieur Proust. Celles que ma tante confectionnait pour les fêtes, celles que la maman de mon amie d’enfance cuisinait et celles que je choisissais scrupuleusement dans un souk de 5ème district.

Elles font rêver les cornes de gazelles, de Tataouine à Alger, de Rabat à Al Ain … et moi je les mange en fermant les yeux,  je voyage immobile dans mon salon et je pense aux douceurs de l’Orient et à ce texte de Camus sur les amandiers.

« Notre tâche d’homme est de trouver les quelques formules qui apaiseront l’angoisse infinie des âmes libres. Nous avons à recoudre ce qui est déchiré, à rendre la justice imaginable dans un monde si évidemment injuste, le bonheur significatif pour des peuples empoisonnés par le malheur du siècle. Naturel­lement, c’est une tâche surhumaine. Mais on appelle surhumaines les tâches que les hommes mettent longtemps à accomplir, voilà tout.
Sachons donc ce que nous voulons, restons fermes sur l’esprit, même si la force prend pour nous séduire le visage d’une idée ou du confort. La première chose est de ne pas désespérer […] Quand j’habitais Alger, je patientais toujours dans l’hiver parce que je savais qu’en une nuit, une seule nuit froide et pure de février, les amandiers de la vallée des Consuls se couvri­raient de fleurs blanches. Je m’émerveillais de voir ensuite cette neige fragile résister à toutes les pluies et au vent de la mer. Chaque année, pourtant, elle persistait, juste ce qu’il fallait pour préparer le fruit.
Ce n’est pas là un symbole. Nous ne gagne­rons pas notre bonheur avec des symboles. Il y faut plus de sérieux. Je veux dire seulement que parfois, quand le poids de la vie devient trop lourd dans cette Europe encore toute pleine de son malheur, je me retourne vers ces pays écla­tants où tant de forces sont encore intactes. Je les connais trop pour ne pas savoir qu’ils sont la terre d’élection où la contemplation et le cou­rage peuvent s’équilibrer. La méditation de leur exemple m’enseigne alors que si l’on veut sau­ver l’esprit, il faut ignorer ses vertus gémissantes et exalter sa force et ses prestiges. Ce monde est empoisonné de malheurs et semble s’y com­plaire. Il est tout entier livré à ce mal que Nietzsche appelait l’esprit de lourdeur. N’y prê­tons pas la main. Il est vain de pleurer sur l’es­prit, il suffit de travailler pour lui.
Mais où sont les vertus conquérantes de l’es­prit ?
Nietzsche les a énumérées comme les ennemis mortels de l’esprit de lour­deur. Pour lui, ce sont la force de caractère, le goût, le «monde », le bonheur classique, la dure fierté, la froide frugalité du sage. Ces vertus, plus que jamais, sont nécessaires et chacun peut choi­sir celle qui lui convient.

Devant l’énormité de la partie engagée, qu’on n’oublie pas en tout cas la force de caractère. Je ne parle pas de celle qui s’accompagne sur les estrades électorales de froncements de sourcils et de menaces. Mais de celle qui résiste à tous les vents de la mer par la vertu de la blancheur et de la sève.
C’est elle qui, dans l’hiver du monde, préparera le fruit. »

Albert Camus  – « L’été » (1940)

 

Tendances Créatives à Marseille

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Marseille sera toujours Marseille, installer le soir de l’OM Monaco, c’est du délire … mais entendre les gradins trembler pendant que nous sommes dans notre stand, ben c’est magique … 2h30 pour faire 60 km, Marseille ne faillit pas à son trophée ;-).

Finalement le matin, même combat … mais le bonheur de voir la mer et la bonne mère, n’a pas de prix …

 

 

et puis le palais de l’Europe… le Parc Chanot de mon enfance …. celui de la Foire de Marseille, où je rêvais chaque fois que je découvrais un nouveau pays.

 

 

 

 

 

 

Et mon stand enfin installé … et ensuite plus le temps de ne rien faire, recevoir les gens, préparer les ateliers, et faire des rencontres inoubliables …

Retrouver son amie d’enfance, celle de ses 13 ans, celle avec qui ont a fait les années collège et se sauter dans les bras comme si le temps écoulé, les quarante années passées n’avaient pas existé et reprendre le fil de nos vies juste au moment où nous nous étions quittées, et trouver tant de similitudes dans nos vies que ça ne peut être des coïncidences.

 

 

Les petits fées ont envahi le parc Chanot, merci à Sylvie du 13 et Isabelle C pour leurs photos, tellement prise dans le feu de l’action, oublier d’en faire …

 

 

 

 

 

 

 

 

Merci à tout ceux qui ont acheté la Princesse des petits riens, l’accueil est toujours formidable, et vous m’avez conforté dans l’idée de faire la suite,  comme aux premiers jours l’émerveillement était au rendez vous, merci à ceux qui m’ont écouté patiemment, expliquer l’esprit et l’utilité d’Aiguilles en Luberon, merci à ceux qui viendront, merci à tous.

Merci à Samira, d’évènement oriental, qui le dernier jour m’a abreuvé de son fabuleux thé à la menthe et de cornes de gazelle pour soigner mon corps qui me lâchait, merci à elle de m’avoir dit « Continue comme tu le fais à chaque instant à t’ouvrir comme un soleil sur le monde » ça m’a beaucoup touchée. Merci à la dame, qui m’a noyée de compliment, me disant que j’étais une star sur internet. Merci à toutes celles qui m’ont demandé de leur donner des cours, et merci surtout à toutes celles qui veulent me faire venir dans leur associations pour sortir les personnes âgées de leur solitude et pour donner un peu de mon temps dans les collèges et lycées réputés « pas si faciles » … je serai au rendez vous si vous me contactez

Merci à Diverti, au bohneur des Dames, à France Patchwork, à Tricoté Sud, à Anny Boutique et à tous ceux qui ont pris des flyers et des affiches, inconnus, amis, et famille,  pour les distribuer dans leur villes, de Gap à Nice, merci à vous tous.

Je vous invite pour une petite ballade rapide .. sur les stands, mais vraiment rapide, le temps m’a manqué.

Et merci encore aux organisatrices du Salon de m’avoir invitée.

 

Le mercredi des Cendres

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Traditionnellement l’Aïoli chez Jean Charles Andrieux, à la Bastide des Fontaines, avec tous les meneurs, les Charretiers du Sud Luberon, une bien belle journée, de belles tablées et de belles discussions, un moment magique surtout pour les enfants, c’est Miss Po qui a pris les photos des animaux.

 

 

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