Héritage

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J’ai hérité d’anciennes cages, du temps ou les canaris étaient un luxe, ils étaient la seule porte vers le rêve, de cette époque où les gens vivaient simplement, vivaient de peu, travaillaient comme des dingues, et leur petite cage et leur canari étaient leur seul moment d’évasion. C’était un peu à la mode dans les années 50-60, d’avoir perruche et canari dont on accrochait la cage à son volet ou à sa fenêtre pour qu’il puisse voir le ciel.

Je les ai regardé précieusement, comme un souvenir que je n’ai pas eu. Je sais qu’elles sont déjà support à d’improbables rêves.

Les souvenirs d’oiseaux dont je me souviens, sont irréels et sublimes, c’étaient les cousines, on les appelaient les cousines, elles étaient les cousines de mon grand père, elles étaient trois de parfaites et adorables vieilles dames, que Miss Marple auraient pu envier. Col blanc, gilet pastel,  châle en crochet d’art et bijoux surrannés, souriant sous l’auréole de leur chignons blancs. Elles vivaient dans un ancien immeuble Hausmannien à Marseille, les Chartreux,  je vois encore comme figés dans le temps, les meubles, les tapis, les tableaux, les bibelots d’un autre siècle, les châles de cachemire posés sur les tables comme des nappes oubliées, des poupées et leurs robes, que l’on me prétait pour jouer le temps de la pause café. Mais mon bonheur étaient surtout la visite du dernier étage.

Le dernier étage était un rêve éveillé à mes yeux d’enfant. Le dernier étage était une volière sans cage, les oiseaux y vivaient en liberté au milieu des plantes. Des oiseaux paillaient, chantaient, volaient autour de moi apprivoisés, libres, de la perruche au moineau, du canari au bengali, ils étaient là, soignés et quelquefois relâchés, vivant en parfaite harmonie. Je me souviens du carrelage de terre cuite, tomettes provençales rutilantes et des murs blancs, je me souviens du plafond,  poutres et pare-feuilles et des oiseaux perchés sur des perchoirs improvisés. Chaque fenêtre grande ouverte équipée de moustiquaires.

Et dans ma mémoire file, des éclairs de couleurs, ceux des oiseaux qui volètent autour de moi. J’étais si petite, je n’avais pas 10 ans.

 

 

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4 Responses

  1. rosy du Luberon

    elles nous ont laissé des souvenirs, « les cousines » ma chambre à coucher est celle de l’aînée, Mathilde , la seule qui s’était mariée, belle chambre dont je n’ai mis que la tête de lit ( qui est en réalité le pied du lit) lol …. , tu as une photo qui doit être rangée quelque part , toute petite, et le piano de famille qui date de 1830, fabrication Marseillaise , qui se trouve en Bretagne, chez Marie.Pierre (fille n° 2) du coup nous en avions 2, avec celui qui t’appartient qui est toujours à belle Etoile…… que de beaux souvenirs, que tu as bien décrits , une autre vie où les relations entre gens étaient différentes, et où nous vivions autrement mais paisiblement …..merci pour cette piqûre de rappel .

  2. marjolaine

    je me souviens de ces cages
    il y en a eu à, la maison ,j’avais à peu pres le meme age
    et les canaris qui allaient avec

  3. Sylviedu13

    Et ma mère qui était aussi mon institutrice en Auvergne avait mis une cage avec un couple de canaris dans la classe….. C’était juste avant 68!

  4. Carole

    Qu’il est beaux ton souvenir du dernier étage….. Tu le raconte et je sens un peu la magie que tu vivais…… Merci de partager cette magie….. Je sens aussi que ces trois belles Dames vivent encore en toi dans tes dentelles, tes rubans, le cachemire….. tout ces choses avec les quelles tu réalises des merveilles……

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