Les Marins.

Classé dans : 365 petits riens | 1

J’ai 25 ans, c’est ma vue quotidienne de chaque jour, de mon bureau je vois la mer, le palais du Pharo, la Major, la rade de Marseille est mon domaine, elle m’appartient, je suis bien. Chaque jour est différent, les jours de tempête vent d’Est je regarde encore plus la mer, je monte à l’étage où les murs de verre sont féériques sous la colère des éléments, les paquets d’eau frappent mes fenêtres,  les embruns opacifient le verre. Les jours de Mistral, le ciel est pur, la mer est blanche et bleue.  Les bébés gabians naissent, les cormorans se chamaillent et sonnent l’alerte. Eté comme hiver je descends par la passerelle branlante pour m’asseoir sur les galets, je lis durant ma pause méridienne, ou le soir après mon travail,  quelquefois je me baigne, je dors là, de ma chambre je vois Notre Dame.  Je regarde les choses infimes qui composent mon minuscule univers, je regarde passer les cargos, les cargos immenses et rouillés qui viennent de pays qui font rêver, vraquiers, rouliers entrent doucement par la passe, les remorqueurs pétaradent de ce son si particulier qu’est le chant des moteurs de bateau. Les hommes vont faire escale, prêts pour la manoeuvre d’accostage.  La bonne mère veille, le petit chantier naval grouille de monde. Les ferries s’éloignent vers la Corse ou le Magreb, quoi de plus beau pour un bateau que de s’appeler le Liberté. Le Mucem n’existait pas, les Forts St Jean et St Nicolas se dressent fièrement.  C’était hier, c’était dans une autre vie, c’était il y a 30 ans, j’étais marin, c’était la guerre du Golfe, ma soeur était en stage de médecine coloniale au Pharo. C’était hier ou avant hier,   j’avais une fenêtre sur l’aventure, sur le passé, sur tous ces marins, ces corsaires qui ont conquis le globe et découvert le monde. C’était une autre vie, c’était ma vie. Ensuite ce fût Paris.

 

Ce matin à 8h00, je suis sur le plateau d’appel, en tenue blanche, j’écoute au garde à vous l’appel du 18 juin.

 



Un autre monde, un musée à ciel ouvert

Classé dans : 365 petits riens | 2

Prendre un café en terrasse, déjeuner sur le cours Ju, imaginer son père et sa mère habiter sous les toits du cours Julien, lorsqu’ils étaient jeunes mariés, hier en 1958. Ils avaient quasiment l’âge de mes filles.  Regarder ce monde d’artistes, jeunes, engagés refaire le monde, leur monde, mon monde. Il y a eu l’Ecole de Montmartre, il y aura t’il l’école du Cours Julien ? Se dire qu’à 20 ans on aurait aimé habiter là, flaner et découvrir de nouvelles oeuvres chaque jour, prendre un café et fumer une cigarette à la nuit tombée, à la fraiche, dans des rues grouillantes d’animation.  S’imaginer, aller voir une pièce de théâtre au Théâtre des Bernadines qui par alliance appartenait à ma famille. Me meubler chez O’Local, m’habiller dans les nombreuses friperies tendance, allez chercher les dernières nouveautés en BD et Manga à la Réserve à Bulles. C’est étrange, de m’y sentir bien, alors que je n’aime que ma montagne, peut être que je n’ai pas vraiment changée. Mon âme est marseillaise, c’est là que je suis née. J’ai un instant rêvé que j’avais choisi une vie de bohème, pas celle de la raison ;-)


Ballade chez mon fournisseur officiel – O’Local à Marseille, rue des trois frères Barthélemy

Classé dans : 365 petits riens | 3

 

Déjà quand la bonne mère m’accueille, j’ai le sourire. passer devant le cours Julien, remonter la rue des 3 Frères Barthélemy, j’adore franchir la porte, c’est comme si j’avais la machine à traverser le temps, les années 50 et 60 sont à l’honneur en ce moment. Bruce Lee vous accueille sur la tv portable en noir et blanc pendant que deux veilleuses de chambres d’enfants dans un état neuf éclairent doucement le coin des luminaires. En parlant de lumière j’aurais bien craqué pour un lustre féérique, mais j’ai tenu bon, je n’ai plus de plafond pour le poser ;-). Lit de poupée, chaise haute de poupée, vaisselle, cristal, appareil photo  et une multitude de petits trésors et comme toujours une paire de chaussures de fées. Des objets à tous les prix, des verres à 5 euros les 6, des boites en bois anciennes, d’immenses pots de lait. De quoi rêver, et encore rêver, alimenter son cabinet de curiosité ou sa cuisine ou sa salle de bain.  J’avais remarqué un canotier d’enfant et je n’ai même pas eu le temps de le prendre, une personne est rentrée et l’a acheté. Les objets ne restent pas longtemps sur place, vous devriez y faire un tour, si si je vous assure. Et si vous êtes loin de Marseille, il y la page Facebook, allez venez avec moi, je vous emmène, c’est ici et à Marseille.

,

Moment Zen avant la reprise

Classé dans : 365 petits riens | 2

J’avais un peu envie de vacances bloguesque, pas envie de faire des photos, pas envie d’écrire. Juste buller seule un peu égoïstement, regarder la pluie tomber, écouter le vent souffler, et sentir le soleil sur moi.

J’ai un peu honte, le jardin est devenue un peu jungle, et le potager se porte très bien envahi par les herbes, l’atelier n’est toujours pas rangé, mais je suis à jour de mon repassage (tu t’en fous ? oui je sais)

Les tomates sont superbes, les courgettes commencent à produire, les aubergines également, les chats égaux à eux même en pleine activité, les fleurs qui se succèdent les unes après les autres dans mon bout de terre.

Mon vétérinaire est le roi de la chirurgie esthétique, mon vieux chat de 16 ans a de très jolies oreilles, après un cancer des oreilles dû au soleil. Il a un faux air de Gremlins.

On a créé des cachettes à chats pour qu’ils se mettent à l’ombre, mais bien sûr, plus on est blanc, plus on s’étale au soleil. J’ai investi dans un joli panneau en fer qui trône devant la cabane. j’ai rempli ma volière de terre, et planté des graines, qui vivra verra, je me suis aperçue que les couleurs  des cages à oiseaux que j’avais peintes étaient assorties aux couleurs des fleurs du jardin (ce n’était pas voulu).

J’ai mis de la misère dans les pots en feraille d’ikea qui traine depuis 10 ans dans le jardin. Mon jonc frisé frise de plus en plus et la grenouille s’offre des résidences secondaires en se calant dans les pots du jardin d’eau, où son planté iris d’eau et joncs à fleurs ou pontéderies.  Un nénuphar rose à fleuri.

J’avais oublié que tout ça pouvait être joli quand il y a un peu de soleil.

Bonne journée et bon début de semaine.

 

 

 

 

Les chats du potager

Classé dans : 365 petits riens | 0

Il y a des moments où je les transformerais bien en carpettes, quand ils me cassent une branche de clématites, ou vont gratter dans le potager. Mais en même temps, comment pourrais je me passer de mes chats, ils sont poseurs, et cabots, ils font les mannequins l’espace d’un instant, un peu comme s’ils savaient que je veux les photographier. Le potager se porte bien, tout semble pousser, et même les mauvaises herbes (enfin celles qu’on n’a pas envie de voir à ce lieu précis, il n’y a pas de mauvaises herbes) Et je me dis que l’été va être fait de soupes au pistou du jardin, tomates, courgettes, haricots rouges, haricots blancs, haricots plats. Les poivrons sont en fleurs, les aubergines également, les potirons se maintiennent malgré les bains de terre des poules. Vivement cet été.

Bon début de semaine à tous, et surtout n’oubliez de faire attention à vous.


Dimanche

Classé dans : 365 petits riens | 1

Et je suis allée à la messe, oui je sais, c’est le genre de choses qui arrivent on ne peut plus rarement, pour ne pas dire jamais. J’y suis allée car une messe était dite pour mon père.  Je me suis assise à ma place, masque sur le visage, gel hydromachin dans la poche. C’est mon église et j’y suis bien, tous les miens y ont été enterrés, baptisés ou mariés,  sauf que l’harmonium a disparu et que je n’arrive pas à m’en remettre, et j’ai vu tous les  miens assis à leur place, ma soeur sur le côté, mon père derrière moi, ma grand mère chantant à tue tête l’Ave Maria, il y avait même Marie, la maman de Jacqueline.  ils étaient proches, si proches, comme si les espaces temps en un infime moment s’étaient bousculés, entrecroisés, juste chevauchés, pour je puisse les voir tous ensemble. Le pouvoir de la mémoire. Bonne fête des mères à toutes les mères, celles qui nous ont mis au monde et nos mères de coeur. Celles qui ont eu une multitude d’enfants, celles qui n’en auront jamais, ce n’est pas pour celà qu’elles ne nous aiment pas comme des mères.

A demain, peut être.

Les roses de ma mère

Classé dans : 365 petits riens | 1

Elles se dessinent dans le jardin, comme des tâches d’aquarelle, j’ai l’impression de les découvrir à chaque fois, alors qu’elles sont là depuis toujours. Les roses de ma mère, ces rosiers inconnus dont nous oublions systématiquement le nom. Mais a-t’on réellement besoin de se faire un nom pour exister ? Elles m’expliquent à chaque instant, le contraire. Elles sont depuis peu l’abri d’une demoiselle fileuse qui a tissé son nid entre deux roses douces pour bercer ses petits dans le hamac des fils de sa toile.

Nos roses, elles s’effacent au fur et à mesure pour donner leur place à d’autres, certaines ne sont pas remontantes et finissent en un bouquet final leur feu d’artifice. Je ne sais pas pourquoi mais j’aime les roses, surtout les nôtres, elles ne sont pas orgueilleuses comme celles du petit Prince, elles nous offrent leur parfum et leurs fleurs, juste pour nous et nos disparus, elles sont discrètes et silencieuses, quelquefois un peu chiffonnées, mais c’est ce qui fait toute leur magie à ces sentinelles muettes de notre jardin,  et c’est l’essentiel.

 

le Luberon, le mien … pas celui des autres

Classé dans : 365 petits riens | 5

C’est par là que je rentre quand je reviens de la grande ville, de cette grande ville qui m’oppresse, des tous ces gens qui m’oppressent, de ces grands magasins angoissants et impersonnels,  je passe par là nuit et jour, parce qu’il y a le Z de Zaza gravé sur la montagne pour m’accueillir, c’est mon Luberon qui m’accueille, je sais que je suis presque arrivée à la maison, dès que je reviens du « Nord », d’Alsace, de Lyon, de Paris ou d’Avignon, j’arrive par là.  Il y a lumière qui change à chaque seconde, la lumière est magique dans ce coin, d’un côté la grande ferme qui devient de plus en plus chic et qui s’embourgeoise, de l’autre le château d’un temps où les nobles n’avaient pas la tête coupée, et puis les cabanons qui s’écroulent, le moulin qui sommeille, et les nuages qui passent à toute vitesse. Les vignes qui n’en font qu’à leur tête, les rosiers qui jouent leur rôle de sentinelle et aujourd’hui un vieux cheval tout tranquille. C’est la saison des genêts, demain j’irai en ramasser, demain les photos seront meilleures, je quitte enfin mon téléphone pour retrouver mon vieil appareil photo. Alors, à demain peut être.